23.2.06

Prenez les commandes du "Grand Débat" d'ambidextre!

Sortir d'une partition à deux mains...au moins une fois.

Après trois mois et 20 commentaires, un constat s'impose. Ambidextre a plus de lecteurs que de commentaires. Comment mieux attirer nos lecteurs vers les comments qu'en leur donnant carte blanche ? A vos claviers donc !

Livrez ici les sujets qui vous passionnent en ce moment et pour lesquels vous aimeriez un vrai débat ! Ambidextre vous donne la parole Amis bloggeurs! Nous lançons le challenge du "Grand Débat". Parmi vos propositions, une seule sera retenue et fera l'objet d'un vrai débat sur le blog!

3 règles: 1) un sujet d'actualité 2) relevant du politique 3) jamais abordé sur Ambidextre

Nous attendons...

14.2.06

Toc ! Toc ! C'est le plombier polonais !

N'ayez crainte, mesdemoiselles, vous ne devrez pas attendre vos prochaines vacances pour retrouver ce jeune et beau polonais sur ses terres. Lech (appelons-le ainsi car la notoriété de son illustre aîné syndicaliste nous assure que son prénom est ainsi typiquement polonais!), je reprends : Lech, plombier polonais, pourra très bientôt venir oeuvrer dans votre cuisine en toute légalité. En effet, la directive Bolkestein a enfin été adoptée par les députés européens après deux ans de débat houleux et un projet de constitution avorté. [Je ne sais pas d'ailleurs si la directive européenne relative à la libéralisation des services doit encore être nommée ainsi du nom du commissaire Bolkestein, qui doit aujourd'hui se sentir orphelin du texte initial dont il revendiquait la paternité.]


En bref, voici les explications nécessaires à la compréhension de mon post :
- le texte adopté ce soir est le fruit d'un consensus entre le PPE et le PSE. Dans le but d'une libéralisation du marché européen des services (après ceux des biens physiques, industriels et agricoles), il impose aux Etats membres d'assurer un libre accès à leur territoire aux prestataires de services des autres pays, avec la disparition d'obstacles jugés discriminatoires et disproportionnés. Cependant, il leur permet de restreindre l'accès à leur marché pour des raisons d'ordre public, de sécurité publique, de protection de l'environnement, de santé publique, de politique sociale et de protection des consommateurs.
- Ce texte est un compromis dans la mesure où le principe du "pays d'origine", aspect le plus critiqué du projet initial, n'y figure plus : Ce principe, décrié dans des pays comme la France et la Belgique, stipulait qu'un prestataire de services serait soumis à la seule loi de son pays d'établissement, pas à celle du pays d'accueil où il viendrait pour une mission temporaire.

Je me réjouis qu'une directive sur la libéralisation des services puisse enfin être adoptée. Il était temps. Cependant, mon optimisme reste limité.

Il s'agit d'un consensus relativement mou, qui ne témoigne pas d'une reprise de la dynamique de construction européenne et qui ne contente que peu de personnes. Il faut dire que le débat sur cette question est fortement clivé. Les passions se sont déchaînés et les "plombiers polonais" ont cristallisé toutes les peurs des altermondialistes, de l'extrême gauche et même au delà. Dans de telles circonstances, un simple consensus ne peut satisfaire personne. Les gauchistes ayant l'impression -horreur!- d'abdiquer devant le grand capital et les libéraux, de perdre toute l'essence du projet.


Je me rapproche de l'avis de ces derniers :

1/ Les partisans de la gauche craignaient principalement le dumping social. Dans les services, je pense le risque assez limité. Pourquoi ? Car quand nous parlons services, nous parlons d'hommes et de femmes et la mobilité du "travail" est au combien plus difficile que celle du "capital".

2/ Par ailleurs, pour un certain nombre de services, la France (puisque l'habitude est, quand nous étudions les politiques européennes, de les étudier au regard de nos propres intérêts franco-français) manque de main-d'oeuvre. C'est notamment le cas du BTP où certaines entreprises européennes seront ravies de pouvoir combler ce vide... A souligner tout de même, que même avec le principe du pays d'origine, un travailleur polonais comme Lech, qui viendrait individuellement en France, en dehors du cadre d'une entreprise polonaise aurait été soumis aux mêmes conditions d'embauche qu'un travailleur français (soumis au droit français du travail).

3/ Dernier point de mon argumentation -et pas des moindres- la France avait tout à gagner de la libéralisation des services et de la directive Bolkestein version 1. La structure de l'économie française est telle que les services sont parmi les premiers produits d'exportation de l'hexagone vers les autres pays de l'UE. Le secteur bancaire, les assurances, l'hôtellerie, le tourisme, le transport, la communication, les médias, les services aux collectivités, etc : dans tous ces secteurs d'avenir, à la main d'oeuvre souvent très qualifiée, les entreprises françaises brillent et n'avaient rien à craindre d'une telle libéralisation, au contraire.
Nos voisins hollandais, espagnols ou anglais, aux économies comparables à la nôtre, l'avaient bien compris... Aucune pitié pour leurs plombiers, me direz-vous !

13.2.06

Plutôt que la mise au pas de l’Afrique, penser enfin la mise au pot des riches du Nord.


Une confession d’entrée en forme de prise de conscience, j’ai souvent tourné en dérision les personnes, de gauche ou non, qui essayaient de changer notre regard sur l’Afrique. J’ai eu tort. Ces jeunes bénévoles défendant de grandes idées, de belles idées, comme la générosité ou la solidarité internationale méritent mieux que mon cynisme. Penser un développement solidaire est aussi urgent que de penser un développement durable. Ce ne doit plus être une question subsidiaire, en marge des problèmes de flux migratoires ou de défense de la francophonie. Ce ne peut plus être une question laissée aux seuls alter mondialistes et tiers-mondistes. Pourquoi les partis de gouvernement doivent-ils s’en saisir rapidement ?


Première raison. Les pays de l’Union européenne et de l’espace Schengen en particulier sont confrontés aujourd’hui à une gestion problématique des flux migratoires. Les images d’immigrés clandestins de Lampedusa ou plus proche de nous, ceux du centre de rétention de Calais, doivent conduire à proposer des solutions beaucoup plus ambitieuses que de simples barbelés ou même la coordination des polices européennes. C’est à sa racine qu’il faut attaquer le problème, c’est-à-dire en aidant les pays d’Afrique à sortir de l’extrême pauvreté. Deux contradictions sont traditionnellement avancées : 1) l’aide de l’Union européenne est déjà très importante 2) l’Afrique manque d’une élite responsable et offre une multitude d’exemples de gâchis ou de corruption. Cela ne doit pas conduire à laisser les choses en l’état. L’UE devrait accroître sa coopération avec l’Afrique et l’aider à développer ses infrastructures. La jeunesse africaine doit être la cible à garder en tête, c’est elle que l’UE doit viser à travers sa politique d’aide à l’Afrique. Créer sur place des moyens d’encourager l’intelligence avec des universités et des pôles de recherche. Donner à la future génération des chances de s’en sortir. Je me souviens de la phrase de cette jeune ivoirienne invitée au sommet de la francophonie qui s’est tenu en fin d’année dernière : « Si vous ne vous occupez pas de la jeunesse, elle s’occupera de vous »…

Deuxième raison. Le développement économique de l’Afrique peut nous être profitable. Nous ne pouvons pas continuer, au nom de la seule francophonie, d’une politique étrangère de prestige, à financer l’Afrique en pure perte. Il nous faut sortir l’Afrique de la pauvreté pour booster notre propre dynamique. Comment ne pas voir que l’Afrique avec son énorme réservoir de ressources, à la fois humaines et en matières premières, peut être un formidable « dopant » pour l’économie communautaire ?

Le développement solidaire, nouvelle manière d’envisager l’économie et la mondialisation, devra être au cœur des projets politiques en construction. La solidarité n’est pas seulement une exigence morale, c’est un formidable réservoir de croissance, une philosophie de développement économique, aussi efficace que durable.

Disons le clairement, avoir des voisins plus riches, plus sûrs, donc mieux dans leurs propres frontières, ce serait une tranquilité et un sérieux atout pour la France et l'UE !

6.2.06

Fatwa contre ambidextre

Mieux vaut tard que jamais... Ambidextre ne pouvait pas ignorer la polémique qui agite le monde entier.
Après avoir froissé un bon nombre d'entre vous en défendant, ici même, la liberté d'expression à l'occasion de la mise en cause par la justice française des propos d'un député de la représentation nationale, j'attends vos réactions en publiant, tout comme le quotidien danois Jyllands-Posten et France Soir, la caricature tant décriée de Mahomet portant une bombe en guise de couvre-chef...

Je ne suis pas étonné par les réactions d'une partie des masses du monde musulman. Elles prouvent l'influence croissante de l'intégrisme dans ces régions. Attendues, elles n'en sont pas moins inquiétantes...
Je rejette l'idée que l'Islam soit une religion de haine et de terrorisme et j'imagine assez aisément que cette caricature puisse heurter.

Pourtant, cette caricature est, au mieux, une invitation au débat sur l'intégrisme religieux et le terrorisme islamiste, et au pire, un vulgaire blasphème pouvant blesser les croyances de certains, mais en aucun cas, elle est une invitation à la haine raciale et dans ce sens, rien ne doit la rendre illégale.

C'est étonnant comment l'actualité vient alimenter le débat lancé dans mon précédent article sur la liberté d'expression (à travers l'exemple de propos homophobes). Cela me permet d'étayer mon propos.

La liberté d'expression et la liberté de la presse qui en dépend n'ont de limite, selon moi, que dans l'expression de propos disqualifiants, personnellement ciblés, relevant de la diffamation ou de la calomnie. La loi de la république a instauré des garde-fous dans ce sens et c'est bien normal.
Ensuite, les lois interdisent les propos incitant à la haine raciale. Pour moi, les croyances et les choix sexuels ne sont pas de cet ordre.
Je refuse donc qu'on s'attaque à la liberté d'expression au nom de la défense de telle croyance, telle opinion, tel groupe sociale ou telle pratique sexuelle. L'accepter c'est prendre le risque de la censure, au nom du politiquement correct et de la peur de l'affrontement.
Faut-il rappeller que la liberté est fondatrice de la démocratie ? Si effectivement la liberté des uns s'arrête ou commence celle des autres, je ne pense pas que la liberté des musulams soit, de quelque façon que ce soit, entravée par l'expression de la liberté de ce caricaturiste ou que la liberté des homosexuels soit limitée par les propos libres et insultants du député Vanneste...
Je persiste et signe au risque de déclencher les Fatwa simultanées des intégristes islamistes et des illuminés d'Act up !

31.1.06

C PE… et déjà beaucoup trop !


Allez hop, circulez, y a rien à voir ! C’est la nouvelle méthode gouvernementale. Allez hop, on bouscule l'ordre du jour parlementaire, on accélère l'examen du projet de loi sur l'égalité des chances et hop !on y glisse le Contrat Première Embauche. Tant pis pour le débat prévu sur la loi de programmation de la recherche. L’innovation et l’intelligence peuvent bien attendre… La priorité désormais, c’est le CPE ! un tout nouveau contrat destiné aux jeunes de moins de 26 ans, embauchés dans les entreprises de plus de 20 salariés avec une période d'essai de deux ans au cours de laquelle le salarié peut être licencié sans motif. Alors les jeunes, qu’en pensez-vous ?

J’ai suivi les débats à l’Assemblée nationale puis écouté le Premier Ministre sur France 2 mardi soir. Je n’ai pas voulu juger hâtivement. J’ai attendu les explications et entendu les arguments. De Villepin ne m’a pas convaincu. Au-delà des cris d’orfraie poussés par certains à gauche, je veux essayer de vous dire pourquoi je ne crois pas au CPE.

Aujourd’hui 70% des jeunes se font embaucher en CDD, et les deux tiers ne sont pas renouvelés. Or il risque de se passer avec le contrat première embauche la même chose qu'avec la mise en place des CDD : en voulant contourner la lourdeur des CDI, on ne fait qu'augmenter le taux de rotation. Le grand problème du CPE, c'est que je ne vois pas ce qui va inciter l'entreprise à le transformer en CDI au bout de deux ans. Comme l'ont fait les CDD, les CPE vont augmenter le taux de rotation sans faire baisser le taux de chômage, ou seulement à court terme. Il risque de créer plus de précarité sans stabiliser l’emploi. Quand vous jouez sur la segmentation du marché du travail, vous créez des emplois demain, mais vous incitez à les détruire le surlendemain. On peut bien faciliter tant qu'on veut l'entrée sur le marché du travail d'un côté, si rien n'est fait de l'autre pour le maintenir, ça ne sert à rien.

Il faut améliorer le fonctionnement du marché du travail. De ce point de vue là, je ne bannis pas les contrats à durée déterminée. Mais ce type de contrat, qui donne une certaine flexibilité à l’entrepreneur, est cent fois mieux qu’un CPE car il y a un minimum de stabilité. Je pense que l’absence de souplesse du marché du travail est aujourd’hui critiquable mais cela ne veut pas dire qu’il faille pour autant casser ce que le droit du travail a construit. Le chômage des jeunes est de 22,7%. Nous sommes d’accord dès lors, au moins sur le constat: il faut agir et vite. Mais l’urgence ne signifie pas qu’il faille tout accepter. Nous sommes dans une économie ouverte. Plus personne ne l’ignore. Cela signifie t-il qu’il faille penser notre droit du travail seulement comme un handicap ? Nous contenter tels des travailleurs bengalis, d’un simple bol de riz, pour exister dans la compétition par les coûts ?


Ne pourrait-on pas plutôt penser à une vraie dégressivité de l’impôt sur les sociétés pour les entreprises jouant le jeu du CDI ? Avec une mesure aussi sexy pour les boîtes et aussi peu protectrice pour les salariés, disons les choses clairement, les effets d’aubaine prévaudront.

Créer le CPE, ce n’est pas donner une chance aux jeunes, c’est dissuader l’entreprise de les embaucher en CDD ou en CDI. Bien sûr, le CPE comprend un minimum de protection comme l’indemnité de 8 % du salaire en cas de licenciement. Mais enfin, qui peut encore croire que ce contrat est une solution à encourager ? Qui peut croire qu’il n’existe aucune voie possible entre une défense aveugle des protections et un besoin de sécurisation minimum ? Pas moi en tout cas.

25 à table !

L'animation d'un blog nécessite un certain temps que nous ne trouvons pas toujours à lui consacrer. Tandis que la main gauche est prise par ses examens, mon travail (à moi, main droite) me prend de plus en plus de temps et ça ne devrait pas s'arranger dans les prochains mois. Nous vous prions donc de nous excuser pour l'irrégularité de la parution de nos articles.

25 à table ! c'est le nom d'une émission de la très talentueuse France 5 qui nous fait découvrir, toutes les semaines un peu plus, nos partenaires européens. Une bien belle idée : chaque dimanche à 20h50 (sur le câble, le satellite ou la TNT), la présentatrice de l'émission, Iris Jimenez, part à la rencontre de nos voisins européens et de leur manière de vivre. Passionnant, comme l'émission consacrée à l'entretien du patrimoine culturel et naturel à Riga, superbe capitale de la Lettonie.

La France a besoin d'ouvrir les yeux sur l'Europe. Je ne répéterai jamais assez mes convictions européennes, la nécessité pour les jeunes européens de voyager, de partager leurs points de vue pour bâtir un espace d'échanges intellectuels et commerciaux qui puisse contribuer au rayonnement de nos valeurs communes et de notre savoir-faire. Qui aujourd'hui voudrait se marier avec un inconnu ? L'émergence d'un sentiment européen passe par une contribution des médias - et des politiques - pour mieux se connaître. Un pas a été fait ces derniers jours dans ce sens...

Vendredi dernier, Gilles de Robien, ministre de l'Education nationale français, s'est rendu à Londres, dans l'école secondaire de Pimlico, pour étudier comment la police britannique avait pris place dans les établissements scolaires anglais et quel bilan en tirer en matière de sécurité, d'absentéisme et de prévention des comportements délictueux. Car, Gilles de Robien souhaiterait faire figurer dans son prochain plan contre la violence, "à titre expérimental et dans les établissements qui le souhaitent", des permanences de policiers. En se rendant outre-manche, le ministre illustre l'émergence d'un benchmarking politique. D'habitude réservé au monde de l'entreprise et de la concurrence, le benchmarking désigne l'observation des bonnes pratiques chez l'autre comme source d'inspiration dans la résolution de ses propres problématiques.
Je trouve la pratique saine. Le benchmarking permet d'apporter des solutions nouvelles qui ont pu être testées ailleurs. L'idée de glaner les "best practices"en Europe pour les adapter au système français me séduit. C'est aussi à cela que doit servir la construction européenne.

Nous sommes désormais 25 à table et nous avons tant à apprendre de nos convives. Quitte même à les inviter parfois à manger à la maison. Le président de la commission européenne, Jose Manuel Barroso, était la semaine dernière, l'invité de l'hémicycle du palais Bourbon. Il est intervenu devant les députés français suscitant un débat vif en dénonçant notamment "la tentation du malade imaginaire" pour la nation française qui a, selon lui, "toutes les raisons de se montrer confiante". Tout cela dans un français parfait. Cette première est une idée formidable. Pourquoi ne pas imaginer d'institutionnaliser cette invitation du président de la commission à venir répondre aux questions de la représentation nationale. Ce serait pour moi une bonne manière d'inviter le débat européen au coeur de la politique française, à raison par exemple, de deux à trois fois par an... un ingrédient pour que la sauce européenne prenne enfin. A table !

25.1.06

C'est celui qui dit qui est... condamné !



Christian Vanneste, députe U.M.P. du Nord, a été condamné à 3.000 euros d'amende pour injures et diffamation publique à la suite de propos homophobes par le tribunal correctionnel de Lille. Christian Vanneste devra également verser 2.000 euros de dommages et intérêts aux parties civiles - trois associations gays et lesbiennes, le Syndicat national des entreprises gays, Act-Up et SOS Homophobie. Les trois associations avaient porté plainte et s'étaient constituées partie civile après les propos du député relayés par deux quotidiens régionaux.

En janvier 2005, dans La Voix du Nord, le député avait jugé "l'homosexualité inférieure à l'hétérosexualité".

Un mois plus tôt, à l'Assemblée nationale, il avait pris la parole pendant le débat sur le texte créant la Haute Autorité de lutte contre les discriminations : "La lutte contre le sexisme et la lutte contre l'homophobie ne sont pas comparables", avait-il alors estimé. "Les inégalités à combattre s'appliquent aux états subis, pas aux comportements choisis." Christian Vanneste avait également énoncé que l'homosexualité était critiquable "au nom de l'intérêt social mais aussi au nom de l'universalité". A ses yeux, l'homosexualité était "évidemment une menace pour la survie de l'humanité".

Ce procès était le premier visant un homme politique dans le cadre de la loi du 30 décembre 2004 sur les propos discriminatoires.

Ces propos sont ridicules et bêtes. Pourtant, j'ai décidé de défendre cet imbécile sur ce blog. La dérive législative des dirigeants de notre pays m'inquiète. A chaque émotion, sa loi... C'est désormais une régle quasi-systématique dans le paysage politique français. Peu importe qu'elle se fasse au mépris du respect des libertés fondamentales... Et la liberté d'expression en est une.

Que les propos homophobes soient moralement condamnés au nom des droits de l'homme, C'est une évidence ! Qu'un député de la représentation nationale soit condamné pour des propos tenus au sein de la chambre basse, c'est une dérive !
L'assemblée nationale est un espace de débat que j'estime non négociable. Tous les propos peuvent y être prononcés et contredits... C'est là, le sens de notre démocratie !

Mr Vanneste a fait appel du jugement. Il tient à défendre sa liberté d'expression. Il a déclaré être prêt à poursuivre ses recours jusqu'à la cour européenne des droits de l'homme. Je le soutiens pleinement dans sa démarche.

19.1.06

C'est quoi cette bouteille de lait ?

Vous connaissez tous Lactel et comment on fait les bébés...
C'est donc ni de la célèbre publicité pour la marque de lait, ni de la procréation chez les humains dont je vais parler dans ce post mais bien d'économie européenne.
Le groupe laitier français Lactalis qui possède, au delà de Lactel, les marques Président ou Société, est une petite entreprise familiale devenue grande puisque le groupe est aujourd'hui leader sur les marchés du lait et des fromages.
Plus que jamais d'ailleurs puisque avec le rachat du producteur italien de fromages Galbani, le groupe Lactalis renforce sa position de numéro un européen et prend la place de numéro deux sur le marché italien des fromages.
Les grands médias français n'ont pas manqué de relever la nouvelle qui a bénéficié d'un traitement particulièrement favorable. C'est pour eux une preuve d'une bonne santé de l'industrie française, du dynamisme de l'agro-alimentaire hexagonal... C'est aussi la formidable réussite d'une entreprise familiale prospère qui se paye le fleuron de la mozarella et du parmesan. En gros, une histoire de fierté de "fromages qui puent" !
Certes ! Tout cela n'est pas faux mais n'en fait-on pas un peu trop ?
Souvenez-vous l'été dernier... On parlait à l'époque de la menace d'une OPA du géant américain Pepsi sur la multinationale française Danone... Levers de boucliers : on parle alors d'une menace pour un fleuron de l'industrie française, une part de l'héritage qui part à l'étranger. Cocorico, Réveillons nous ! Ne laissons pas partir nos yaourts !
Je pensais déjà à l'époque que l'excès de patriotisme économique était ridicule quand on sait combien Danone avait racheté d'entreprises à l'étranger pour devenir le groupe qu'il est aujourd'hui... Et cette semaine, on nous joue la partition inverse ! Formidable !
Et si tout cela n'était que le jeu du capitalisme moderne ! On peut le contester, certes, mais à partir du moment où on en accepte les règles, il faut savoir prendre du recul face à ces flux de capitaux. Ce sont souvent les mêmes qui se plaignent des règles de l'économie mondialisée puis qui se réjouissent quand elles leur profitent.
Sachons prendre nos distances et gardons nos énergies pour conserver en France les quelques entreprises clés sur des secteurs stratégiques qui ont trait à la défense, à la sécurité, etc. Il manque en France une vraie démarche d'Intelligence économique. C'est un sujet sur lequel les pouvoirs publics devraient se pencher plus sérieusement au lieu de s'insurger en vain (ou de se féliciter sans raison) des différents flux du capitalisme mondial. La couverture grandiloquente des grands médias est un fait dont il faut certainement s'accommoder. Par contre, les réactions politiques opportunistes, aux résonances poujadistes, sont selon moi, totalement ridicules. Elles démontrent d'une certaine immaturité et d'un manque de courage de nos dirigeants sur les questions économiques, sur lesquelles les français sont globalement ignorants.
Ca m'énerve tellement que j'en ferais presque un fromage...

18.1.06

Dessiner un projet pour 2007 ? Chiche?

Je suis d'accord sur quelques-unes de vos analyses. Alors faisons un premier point et disons-nous les choses franchement, entre bloggeurs! Je dois vous dire d'abord, à Max en particulier, que ma colère n'est dirigé contre personne, et surtout pas contre les personnes qui acceptent le débat d'idées mais plutôt contre cette tendance horripilante, très française, à l'auto-flagellation. Sorti de ces pré-requis, je me risque à quelques propositions...Libre à vous de dégainer ou de rebondir... Et si nous dessinions ensemble au-delà des doctrines, petit à petit, débats après débats, le portrait-type, les contours du projet idéal selon nous pour 2007 ? Chiche ?

Je partage complètement l'idée que la France doit se transformer dans bien des domaines, et sur un rythme qu'elle n'a pas connue depuis longtemps. Quels domaines sont prioritaires selon moi?

- L'emploi des jeunes et en piorité des jeunes des quartiers défavorisés- le système éducatif avec une vraie politique de l'Université et la suppression d'un bac devenu inutile et coûteux!

- l'encouragement des politiques de recherche développement et plus généralement d'innovation technologique (la France ne doit plus perdre les cerveaux qu'elle forme!!!). La compétitivité du pays est surtout menacée selon moi par le fossé - le retard même -technologique qui se creuse avec nos concurrents...

- encourager le renforcement des grandes organisations syndicales, y compris par une dépense de l'Etat, et leur donner de vraies responsablités en matière de négociation et de décision. Cette responsablisation devrait se concrétiser par l'adhésion de trois ou quatre gros syndicats à une sorte de "cahier des charges", un cadre qui les contraindraient comme en Allemagne à avoir une culture de résultat...

- repenser notre politique fiscale, en réduisant notamment l'impôt sur les sociétés

- revenir sur les 35h dans les organisations qui ne supportent pas cette obligation ou faire des RTT un avantage possible, parmi d'autres. Etre de gauche ne signifie pas aveuglement économique ou adhésion servile à la méthode autoritaire de M. Aubry...

- enfin une vraie politique sociale liée à celle de l'éducation, dans la continuité de celle entreprise par Borloo, mais avec par exemple la création d'un service public de la petite enfance. Toutes les analyses concordent à dire que c'est entre 4 et 6 ans que les discriminations les plus grandes se font. Cette politique nécessite des mesures d'urgence. Ce ne doit pas être de l'affirmative action à l'américaine, basée sur l'idée de quotas. Mesures d'urgence, c'est faire des ZEP de vraies ZEP: pas avec un budget moyen supérieur de 8% à un établissement normal comme aujourd'hui mais avec des fonds massivement investis, supérieur de 100% aux établissements classiques. Ceci suppose comme De robien l'a proposé de réduire peut etre le nombre de ZEP. Mais il faut d'urgence arrêter le saupoudrage qui est un gâchis de l'argent public et donner toutes leurs chances aux gosses des quartiers pourris de France.

D'ailleurs je remarque sans ironie que la droite, sous l'influence de ses ministres centristes et radicaux, a bien changé sur ces questions. Et c'est très mieux. Mais je crois que cela reste contre sa nature profonde. La gauche, la gauche réformiste, doit se saisir de la question sociale pour en faire un projet fédérateur, source d'un futur dynamique économique et d'une cohésion national ragaillardie!

Ce ne sont pas que des mots, c'est selon moi la base d'un projet d'actions pour 2007.

16.1.06

En attendant nos Bronzés...


En 2005, les films français ont représenté 37% de la fréquentation des salles de cinéma de l'hexagone.

On peut évidemment se réjouir d'un tel chiffre, stable depuis plusieurs années et qui démontre la bonne santé désormais structurelle de l'industrie cinématographique hexagonale. Qui s'en plaindrait ?

Pourtant, pour voir les meilleurs films du moment, c'est bien vers le cinéma américain qu'il faut se tourner. Et ce n'est pas une exception...
Que ce soit "Good Night and Good Luck" de George Clooney, "Jarhead, la fin de l'innocence" de Sam Mendes ou bientôt "Munich" de Steven Spielberg, à l'approche des oscars, ces 3 longs métrages prouvent la haute qualité des oeuvres qui peuvent être générées par Hollywood. Jusque là, je ne vous apprend rien...
Pourtant, ces films ont un point commun : chacun traîte d'une réalité historique controversée avec mesure et intransigeance.
Prenons les deux premiers ("Munich" ne sort en salle que le 25 janvier).
"Good Night and Good Luck" traite brillamment de la sombre époque du MacCarthysme dans l'amérique des années 50.
"Jarhead" raconte la première guerre du Golfe à travers les yeux de marines désabusés par leur époque et frustrés par leur mission. Absolument génial.
Et ma première réflexion en sortant de ces deux films, qui s'annoncent déjà comme les meilleurs de l'année, fut la suivante : Pourquoi le cinéma français n'est-il pas capable de générer de telles oeuvres ?
Les films français savent nous émouvoir, nous faire rire, nous faire rêver, nous faire pleurer... mais peu nous font réfléchir sur notre histoire politique et militaire proche (en tout cas avec autant d'objectivité et si peu d'engagement partisan).
Pourquoi le cinéma français ne nous donne pas la chance de nous confronter aux guerres du Golfe, de Bosnie, du Rwanda, du Kosovo, de Côte d'Ivoire ou d'Afghanistan ? Pourquoi rien sur les écoutes de l'Elysée, le Rainbow Warrior, les grêves de 96, les diamants de Bokassa, le suicide de Bérégovoy ?Si vous avez une réponse, elle est la bienvenue...

J'ai peut-être une piste ! Et si le mode de financement du cinéma français tuait dans l'oeuf toute initiative de ce type ? Et si le système étatique de subvention publique à la culture (qui se justifie par ailleurs) était en partie responsable de cette auto-censure - d'autant plus quand les quasi-seuls pourvoyeurs de fonds privés sont les chaînes de télévision qui n'ont pas comme réputation d'avoir le goût du risque ?

La question mérite d'être posée. D'autant plus que les deux préalables sont réunis :
- les spectacteurs sont prêts à se déplacer (pour "Jarhead" comme en 2005, pour "Joyeux Noël", traîtant des fraternisations pendant la première guerre mondiale - cependant, encore une fois de l'histoire "ancienne")
- les moyens ne manquent pas. Les superproductions françaises sont nombreuses...

En attendant que les producteurs prennent leurs résponsabilités, "Les Bronzés 3" vous attendent en salle à partir du 1er février. J'espère que vous penserez à moi...

La rue Cambon serait-elle une vilaine gauchiste ?

Johnny Hallyday veut être Belge! C'est l'ISF qui le fait fuir, comme Noah, Prost ou Mauresmo...Ils partent rejoindre les pays les plus puissants d'Europe économiquement: la Belgique et la Suisse!! Nous sommes perdus!
Pourtant, loin d'aller dans le sens du vent dominant, de la doxa néo-libérale, le conseil des Impôts bouscule les certitudes des « maîtres fiscalistes de droite »… Les donneurs de leçons, apprentis économistes, colporteurs d'idées préconcues, pourfendeurs d'un archaïsme qu'ils pensent naturellement de gauche, vont être déçus. Voici les analyses déroutantes du Conseil des Impôts...

Dans un rapport rendu public, la rue Cambon tord le cou à bon nombre d’idées et ne craint pas de bousculer les certitudes, en affirmant notamment que la fiscalité française ne constitue pas un « handicap avéré » par rapport aux autres pays.
Le conseil, rattaché à la Cour des comptes, va plus loin encore en assurant que le niveau d’imposition « n’est pas prépondérant pour la localisation des activités et des emplois internationalement mobiles, qui sont bien davantage déterminés par des facteurs d’environnement géographiques, par la qualité des infrastructures et par le coût du travail ». Voilà pourquoi le Conseil ne préconise pas la baisse de l’impôt sur les sociétés, ni celle de l’impôt de solidarité sur la fortune, ni même celle de l’impôt sur le revenu.

Je continue ?

Il affirme ainsi que « la France n’est pas dans une position défavorable en matière d’impôt sur le revenu, même s’il demeure toujours possible de trouver dans certains autres Etats de meilleures conditions ». Le Conseil avoue certes qu’il « existe indéniablement un flux net limité - quelques centaines de personnes par an - de délocalisations de contribuables pour des raisons principalement fiscales ». Mais c’est pour aussitôt assurer que « ces expatriations ne constituent pas à ce jour un problème majeur pour l’Etat ». Tout simplement parce que l’impact symbolique des expatriations « est très supérieur à l’impact réel, dans la mesure où les délocalisations de personnes physiques ne s’accompagnent pas toujours de la délocalisation des activités dans lesquelles leur patrimoine est investi ».
Il conclut logiquement : « une réforme de l’ISF ne pourrait être recommandée au noms d’arguments relatifs à l’attractivité de la France, ou au maintien d’activités en France ».


15.1.06

Boulevard Mitterrand, impasse des Roses


Voilà plus d'un mois que notre blog a vu le jour. Ambidextre doit désormais trouver son rythme de croisière. J'en profite pour remercier nos assidus lecteurs. Vous êtes déjà nombreux à avoir pris part aux débats. Vous êtes unanimes dans vos encouragements à poursuivre notre initiative. Merci beaucoup.
Si vous souhaitez nous voir réagir sur tels ou tels sujets, faites le savoir, comme Thomas, qui souhaitait nous voir amorcer le débat sur la "Rose-talgie mitterrandienne". C'est chose faîte avec ce post...


Selon un sondage Sofres pour le Nouvel Observateur, François Mitterrand arrive juste derrière le général De Gaulle (30% vs 39%) comme meilleur président de la Ve République. Les trois autres présidents arrivent très loin derrière : Jacques Chirac obtient 7% des suffrages, Valery Giscard D'Estaing 6% et Georges Pompidou seulement 5%.
Les résultats de ce sondage ne me surprennent pas. Le seul président socialiste de la Ve république fait le plein des opinions positives à gauche et a pour lui le plus long mandat de la période prise en compte. L'abolition de la peine de mort contribue pour une bonne part à l'image positive du président. J'acquiesce sur ce point. La personnalité de l'ancien président est également déterminante. L'image du Président de la République que se sont forgé les français est largement inspirée de la pratique monarchique du pouvoir de Mitterrand.
Ce sondage a servi à tous les éditorialistes pour parler d'une "réhabilitation" de Mitterrand, voire d'une nostalgie qui tranche avec les commentaires peu complaisants à sa mort, dix ans auparavant...
Je note tout de même qu'aujourd'hui, on encense l'homme, le fin tacticien, l'homme de lettres, le séducteur et le père de Mazarine mais on parle peu de son bilan. Lui qui a accompagné la France dans sa dépression pendant que l'Angleterre se réformait, l'Allemagne se réunifiait, L'Espagne se démocratisait et les Etats-Unis prospéraient...
Les commentaires à l'occasion de cet anniversaire relèvent beaucoup de l'effet de mode et de l'agitation médiatique. C'est presque normal. Il faut s'y accommoder.
Le plus inquiétant, c'est le sens que veut donner le Parti Socialiste à ces commémorations. Le spectacle donné à Jarnac, le week-end dernier, était édifiant d'archaïsme et de ridicule. Fabius portant le chapeau et l'écharpe rouge pour aider les plus sceptiques à l'imaginer à son tour en président de la République, c'était la démonstration que décidément notre gauche, à trop vouloir faire la révolution, avait oublié de faire la sienne.
Construire un parti moderne et social-démocrate est incompatible avec la nostalgie mitterrandienne. Ni sa politique économique, ni sa conception hégémonique du pouvoir n'ont de sens au XXIe siècle. Il est temps pour le PS de tuer le père...

14.1.06

N'oubliez pas l'Europe !

Ce pont a marqué pendant longtemps la frontière physique mais aussi psychologique entre deux mondes. L'Ouest avec sa liberté, l'Est avec ses interdits. Aujourd'hui tout cela a heureusement disparu. Les lignes de partage idéologique se sont redessinées autour de nouveaux enjeux.

Cela ne signifie pas que le clivage droite/gauche n'a pas de sens mais que les lieux du débat ont changé. La démocratie libérale a aussi intallé de nouvelles règles, qui pousse les grands partis de gouvernement à proposer une offre politique crédible, donc réaliste.

Sur quoi repose la distinction droite/gauche aujourd'hui? sommes-nous condamnés à un affrontement mou? voire même à la fin de tout affrontement? Regardez comment la droite est désormais passionnée par le thème de la cohésion sociale ou de l'égalité des chances...regardez aussi comment la gauche a su privatiser certaines grandes entreprises publiques ou poursuivre la construction du Marché unique européen... Alors sur quoi nous oppose t-on ?

Je crois par exemple que l'Europe est le nouveau terrain du clivage droite/gauche. Européen de gauche, je souhaite que l'Europe soit un espace de protection sociale, un rempart contre les attaques de l'hyper capitalisme mondial. Je veux une relance de la construction européen par le social et non plus seulement par l'économique. La coordination des politiques sociales et l'harmonisation fiscale doivent être les priorités de la gauche progressiste.

Ainsi la leçon du 29 mai 2005 n'aura pas été complètement vaine...

6.1.06

Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simpliste ?

Un premier post sur l'actualité politique internationale, assez mouvementée en ce moment. Le premier ministre israélien, Ariel Sharon, est hospitalisé dans un état grave à Jérusalem. Ces jours sont en danger et il y a aujourd'hui peu de chances qu'il puisse à nouveau exercer ses fonctions.

Le traitement médiatique de ce sujet m'interpelle. Il est très étonnant de voir quelle dimension prend cet homme d'état dans de telles circonstances. On salue et regrette l'homme de Paix. On s'inquiète pour le processus de Paix. Les extrèmistes israéliens se réjouissent lâchement et les palestiniens en sont presque à craindre un avenir plus sombre...
Oui, on parle bien d'Ariel Sharon. Le général sanguinaire de Sabra et Chatila...
Mais où est-donc le "faucon" que s'amusaient à stigmatiser les antimondialistes, il y a à encore quelques mois ? Est-ce bien son portrait qu'on brulaît dans les manifestations pacifistes de l'hiver 2003 ?
Je vois que le grand sac dans lequel on avait jeté en vrac, les prétendues "ordures" de tous genres, se vide bien vite. Ses détracteurs s'étaient-ils tromper ? Pas forcément complétement. Sharon restera toujours, en partie, le général israélien qu'il a été.
Je repproche simplement ici la diabolisation. La politique est bien trop complexe et les hommes politiques bien trop humains pour s'en aller à tant de manichéisme.
Je vous invite à méditer cela à propos d'un autre grand "salop" : George W Bush.
Et si l'homme était moins con, et si le président était moins incompétent, et si son bilan ne serait pas finalement moins sombre que tant de démagogie tend à le dire... ? Ce n'est pas là une affirmation, simplement une invitation à la réflexion...
Un bon exemple de courage intellectuel, ce mois-ci dans le magazine Rolling Stone : une interview fleuve de Bono, le leader de U2 qui n'hésite pas, entre autre, à lâcher ces mots : "je ne peux pas me permetrre de critiquer quelqu'un qui a doublé, triplé, l'aide que son pays apporte à l'Afrique." C'est de Bush dont il est question et malgré ces mots, il ne se gêne pas à le juger sévérement sur bien d'autres sujets...

3.1.06

la voix qui porte

Adhérent depuis deux ans à l'UMP, je viens de recevoir aujourd'hui par La Poste, deux courriers distincts provenant de ma formation politique.

Dans un premier courrier, on me propose de retourner rapidement le bulletin de renouvellement de cotisation 2006. Jusque là, rien de très étonnant pour un parti que de vouloir convaincre à nouveau les citoyens déjà séduits l'année précédente.
Mais cette ré-adhésion prend un sens bien plus important à la lecture du deuxième courrier. C'est en effet une lettre de notre président, Nicolas Sarkozy, accompagnée de mes "codes pour voter" et de quelques explications.
En effet, l'UMP est devenue certainement la formation politique la plus démocratique de France. Son fonctionnement a connu une véritable révolution sous l'impulsion de son président.
Les adhérents vont devoir se prononcer sur la réforme des statuts et la question de la désignation du candidat à l'éléction présidentielle, du 9 au 21 janvier 2006.
Les cotisants 2006 de la fédération de Paris, comme moi, pourront ensuite désigner, par des primaires historiques, le candidat de l'UMP à la mairie de Paris, du 21 au 24 février sur internet et le 25/02 et 04/03 dans les permanences.
Fort de ses 210 000 adhérents, l'UMP est une véritable force d'innovation en ce qui concerne les structures partisanes en France. Cela joue évidemment un rôle direct sur l'émergence d'un projet complet. J'aurai l'occasion de revenir sur ce point (notamment sur l'organisation des conventions thématiques) dans un prochain post.

2.1.06

Bonne année et à vos calendriers

Tous mes voeux pour cette nouvelle année et longue vie à notre blog...

Rassurez-vous, nous ne vous demanderons pas d'argent. C'est pourtant bien la saison.
Vous avez peut-être eu la chance d'avoir la visite de votre facteur, éboueur ou pompier ces derniers jours. Chaque année, ils consacrent (un peu de) leur temps libre pour venir nous importuner de porte à porte et nous proposer leur calendrier. L'occasion, pour nous citoyens,de mettre, à nouveau, la main au porte-monnaie.
Passons sur la piêtre qualité des illustrations... les photos de chats ou de granges en feu ne sont certes pas du meilleur goût pour décorer votre séjour mais là n'est pas la question.
Il s'agit plutôt là d'une question de principe. Pourquoi moi, jeune contribuable (depuis peu, je l'avoue!) devrais-je me sentir obligé de céder à ces VRP de la fonction publique alors que ces agents ne font que leur métier. Ni plus, ni moins.
J'ai donc pris ma décision. Cette année, mon facteur repartira avec ses chats et ses montagnes. C'est le moindre que je puisse faire pour déplorer les interminables files d'attente en bureau de poste, les horaires d'ouverture, on ne peut moins souples et les coûts exorbitants d'un changement d'adresse ou d'un recommandé.
Je céderai peut-être aux avances du pompier... mais ce sera alors contre mes principes !

27.12.05

2005, annus horribilis ?

L'année bientôt écoulée a été plutôt rude pour les hommes de gauche, et pour les socialistes français en particulier. Si rude, qu'à l'issue de cette annus horribilis, l'espérance, même l'espérance (!), semble avoir fui la gauche.

A chaque coup porté par la droite, pour chaque pas franchi dans la radicalisation, tout au long de cette année, il aura manqué à la gauche française et le souffle et le chef, pour répondre. Le courage aussi de s'affirmer, de s'affirmer de gauche, de dire ses différences, celles qui nous distinguent, celles qui nous opposent bien sûr, à la droite.

Le plus triste, le plus frustrant aussi, c'est d'observer avec quelle naïveté, quel empressement aussi, la gauche a répondu aux sirènes de la division. Plutôt que d'offrir un front uni et compact, une réponse cohérente et audible face aux attaques de la droite, les socialistes français ont préféré se fragiliser encore davantage. Annus horribilis donc, où l'on a ressorti gaiement les querelles d'ambitieux, cette malheureuse antienne socialiste que l'on espérait rangée au rayon des souvenirs.

Depuis 2002, la France ne cesse de se radicaliser, toujours plus à droite. Sarkozy chasse en terre lepéniste tandis que les esprits se lepénisent. Cette vieille marotte de la politique française, menace longtemps surestimée que l'on agite depuis des années, est aujourd'hui devenue une réalité. L'heure n'est plus à crier au loup, mais bien à le sortir de la bergerie.

Quelques chiffres illustrent sans ambages cette évolution affligeante. En 2005, un Français sur trois déclare que "personnellement, il dirait de lui-même qu'il est raciste". En 2005, 56 % des sondés estiment que le nombre d'étrangers est "trop important" et pose un problème pour l'emploi. En 2005 toujours, 63 % des Français estiment que "certains comportements peuvent parfois justifier des réactions racistes". En 2005 enfin, 24 % des Français se déclarent d'accord avec les positions de Jean-Marie Le Pen. 2005, annus horribilis, vous disais-je.

La lepénisation est là, et c'est Sarkozy qui en tire pour l'instant les profits les plus substantiels. Pis encore, je considère que Nicolas Sarkozy a encouragé par ses actions, ses déclarations, la radicalisation des esprits. Sous couvert de porter un projet de "rupture", d'incarner la modernité politique, le mouvement, le changement, le Président de l'UMP et le gouvernement se sont autorisés à segmenter la communauté nationale. Tout a été fait pour alimenter et accompagner les fantasmes populaires. De la racaille au polygame, la droite n'a pas épargné les Français d'origine immigrée, une population déjà largement stigmatisée (voir sondages). Elle a systématiquement cherché à "ethniciser" la question sociale, et de ce fait, renforcé l'idée d'une déliquescence de l'identité nationale. Le 23 décembre, avant-veille de Nöel, le gouvernement a tenu à envoyer un message d'espoir aux demandeurs d'emploi, qui vivent très souvent le chômage comme un échec personnel et une vraie honte. La bûche gouvernementale fut amère : le décret va permettre de vérifier les dossiers fiscaux des chômeurs en cas de soupçon de fraude...

Les abus, les fraudes, la dégradation des comptes de l'assurance-chômage, la nécessité de donner des droits mais de créer des devoirs en retour pour tout chômeur ne sont pas des mythes que les socialistes ignorent ou refusent de voir. Sur tous ces points, le PARE (plan d'aide au retour à l'emploi) crée par Jospin a d'ailleurs montré que le PS sait être pragmatique.

Mais quand je vois le décret du 23 décembre, je sais pourquoi je suis de gauche. Le projet socialiste ne sera pas celui de la peur, de ces peurs populaires qui font les extrêmismes, il se nourrira au contraire du besoin d'avenir et de progrès. Face au raisonnement par la négative de Sarkozy, le PS doit proposer un plan d'action volontariste, positif, souriant, optimiste. Le progrès économique et social ne se fait pas contre les gens mais pour eux, c'est le message que doit faire passer la gauche.

Le changement réclamé par les Français n'appelle pas la "rupture". Je crois que c'est l'erreur de Nicolas Sarkozy. Rompre avec quoi, avec qui ? Avec quel passé? Celui qui voyait Sarkozy être membre du gouvernement Balladur en 1993, celui qui en faisait un ministre aux responsablités sous Raffarin puis Villepin ? Si besoin de rupture il y a, alors les Français voudront rompre avec ça aussi. Sarkozy n'est pas neuf, le discours éculé de la "rupture" non plus. Et si sa volonté de rupture cachait difficilement celle de la "Réaction"...

L'espérance n'est pas l'absence de pragmatisme. C'est la part indispensable de rêve, de confiance en l'avenir, qui fait vivre un projet politique, et qui réveille un pays en demande de changement. Le PS doit de nouveau l'incarner.

Pour lui, le défi est clair : transformer l'annus horribilis en annus esperandis.

19.12.05

Et si c'était elle...

Mon collègue blogueur et moi n'échangeons pas que par posts interposés.
Malheureusement pour vous, nous avons profité du week-end pour débattre de vive voix sur un grand nombre de sujets. L'occasion également pour Nicolas de me transmettre ses lectures pour occuper mon retour en train...

Et si c'était elle...

C'est l'hypothèse qu'affiche en une le Nouvel Observateur. Titre suffisamment accrocheur pour que je me plonge dans la lecture inhabituelle de l'Officiel des biens pensants de la gauche caviar.

Il s'agit bien entendu de la candidature annoncée de Ségolène Royal à l'investiture du candidat du Parti Socialiste à l'éléction présidentielle.
Force est de constater que je partage une partie de leur analyse.
Non pas que je reconnaisse à cette candidate un projet salvateur susceptible de résoudre les difficultés structurelles de notre pays. Sans aucune ironie, j'attends avec impatience de l'entendre sur les grandes équations économiques et sociales, la recherche et l'innovation, la sécurité internationale ou la lutte contre le terrorisme...
C'est plutôt sur l'analyse des rapports de force politique que je rejoins le Nouvel Observateur.
Est-elle la mieux placée pour battre la droite en 2007 ? Je le pense. En tout cas, je crains qu'elle soit la menace la plus sérieuse pour la droite dans le cas d'un deuxième tour face à Nicolas Sarkozy.
Etrangement, c'est elle qui a le plus de points communs avec le président de l'UMP : une certaine fraîcheur politique, une inflexibilité morale, un pouvoir d'attraction médiatique et une ambition intarissable. Face à une telle candidate, Nicolas Sarkozy serait privé du monopole de l'incarnation du changement. Il serait "le sursaut brutal" face à "la berceuse atrophiante" que les français adorent.
Pour la droite, Royal est plus dangereuse que Strauss-Kahn. Strauss-Kahn ferait plus difficilement le plein de voix à la gauche de la gauche. Incontestablement, il aurait l'avantage au centre (mais pas que plus Royal, il n'y a pas de raisons) mais c'est bien insuffisant. Les désespérés du vote contestataire (qui penchent une fois vers le FN, une fois vers Besancenot) n'auraient aucune raison de croire en Strauss-Kahn alors qu'ils pourraient voir Sarkozy comme le dernier recours.
Fabius enfin est pour moi le mal-aimé. Détesté à droite, il ne fait pas le poids à gauche et sa récente inflexion vers les thèses néo-gauchistes laisse le champ libre au réalisme et la force de conviction de Sarkozy.
C'est pour moi regrettable mais Royal n'est pas Jack Lang, géant des sondages, nain des présidentiables. Elle est à prendre en compte. Et si c'était elle...
Si c'était elle, je regretterais de ne pas pouvoir assister à un vrai débat idéologique polarisé entre un Fabius, symbole de la vieille gauche et un Sarkozy, incarnation de la nouvelle droite, et au delà, de la politique du XXIe siècle, pragmatique et offensive...

Et si c'était elle ? Pourvu que ce soit lui...

15.12.05

L'opinion a peur du vide

Le débat sur la colonisation me semble surréaliste.
Evidemment la colonisation a eu des aspects positifs. Il ne peut en être autrement puisque elle n'est finalement que le prolongement de la foi de l'occident en ses valeurs éclairées, considérées comme supérieures.
Evidemment la colonisation est également synonyme d'esclavage, de torture et plus largement de mépris et d'arrogance. Qui peut aujourd'hui le nier ?
Est-ce si difficile de considérer un fait historique de manière contrastée ? C'est pourtant une évidence. Quel personnage historique, Quelle révolution, Quel règne, Quelle libération n'a pas ses zones d'ombre ? Il est du devoir de l'historien de les mettre en lumière et à la société de les accepter.
Mais passer son temps à ne dépeindre que l'aspect négatif des choses ne permet pas à une nation d'aller de l'avant. C'est le syndrome d'un pays qui doute.
La France doute...
Elle craint de célébrer Austerlitz. Certains s'en donnent alors à coeur joie pour jeter le bébé Napoléon avec l'eau du bain de sang des guerres de l'armée impériale et avec lui le sens de l'Histoire, le contexte post-révolutionnaire, les Lumières, etc...
A force de douter, d'avoir peur de la contestation, nos dirigeants laissent le champ libre justement à ceux qui refusent d'avancer.
Un exemple : quand le gouverment refuse de défendre ses convictions européennes, quand il refuse de célébrer en mai 2004 comme il se doit l'entrée des pays de l'est européen dans l'UE, il laisse un boulevard aux pessimistes et aux oiseaux de mauvaise augure. Il faut savoir guider l'opinion publique sinon le vide engendre le chaos... ici le 29 mai.
Les exemples seraient nombreux où le manque de conviction engendre un vide dans lequel s'engoufrent les opportunistes du pessimisme.

14.12.05

Main gauche, pas maladroite...

"Ambidextre" sera ce que le débat en fera! longue vie à ce e-café...du commerce! Et puisqu'il faut bien qu'un camp assume la première salve, j'attaque!
Par la dette publique colossale de la France ? Non! bien trop technique. Reste que gauche comme droite ont laissé se creuser un trou qu'il faudra bien combler un jour ou l'autre. Faute de quoi la France finira comme l'Argentine, par une banqueroute généralisée...
Une vision jugée catastrophiste par beaucoup! Assurés que jamais la France ne connaîtra bien évidemment un tel sort. C'est bien connu, la France est à part. Nous parlons tout de même de ce pays à nul autre pareil, riche de sa diversité, fille d'une histoire séculaire, porteuse de valeurs universelles. Et ils auraient sans doute raison car je crois que la France, vieille dame d'un vieux continent, est plus robuste et plus riche qu'on ne le pense. Je suis d'ailleurs de ceux qui pensent que le émeutes des banlieues furent surtout l'occasion pour un certain nombre de jeunes "pommés" de dire leur envie d'appartenir à la France. Au-delà de l'extrême violence, de la stupidité de certains actes, c'est le désir d'être membre du club France qui a transpiré.
Oui la France a des atouts et oui nous pouvons être fiers d'être français. Fiers d'être français, y compris lorqu'on reste en france, et pas seulement à l'occasion de virées à l'autre bout du monde!
Mais l'honneur de la France passe aussi par le fait d'assumer une histoire chaotique. Humaine donc chaotique. Que la colonisation ait pu donner lieu à des moments de partage, d'échanges et de fraternité humaine ne fait aucun doute! Et le dire ne doit pas être choquant. Cela n'enlève rien selon moi, au caractère génocidaire de l'entreprise coloniale française.
Les Français doivent reconnaître leurs torts et comprendre leur histoire. Mais cette appropriation ne se fera pas à coup de lois! ni même de décrets! En République, on ne décrète pas l'histoire ! J'espère que la majorité UMP abrogera le fameux article 4 traitant du "rôle positif" de la colonisation. Pas par justesse historique, mais parce qu'il ne revient pas au politique d'écrire l'Histoire de France.