11.4.08

Londres, Paris, San Francisco, Buenos aires : "l'autre mondialisation"

(passage de la flamme devant l'Assemblée nationale, les assistants parlementaires de gauche se bougent pour les droits de l'homme en Chine et la cause tibétaine)


Le parcours de la flamme olympique à travers le monde est pour le moins semé d'embûches. Les protestations ne visent évidemment pas les sportifs ou l'olympisme lui-même, comme j'ai pu l'entendre dire par certains responsables UMP dénonçant encore "la bien-pensance de gauche" comme J-F Copé ou le "respect de l'olympisme" comme Henri Sérandour (qui s'est montré en dessous de tout), mais bien le Gouvernement de Pékin.

Bien sûr la Chine est en train de changer, et vouloir les droits de l'homme plus vite chez eux que ce que nous avons été incapables de construire en moins de 18 siècles, est en partie une utopie. Mais le combat est juste et la pression internationale légitime car la Chine plus que d'autres nations, a les moyens de progresser politiquement plus vite que d'autres pays. Le formidable essor économique va, on le sait, peu ou proue, obliger Pékin à bouger sur les droits sociaux et politiques.

La position finalement arrêtée par la France, après moults cafouillages, me semble intelligente : le choix est laissé aux Chinois, soit le boycott de la cérémonie d'ouverture par le Chef de l'Etat soit la reprise des négociations avec le Dalaï Lama. Si on ne peut pas parler évidemment d'un moyen de pression à proprement parler de la part de Paris, il permet de trouver une position équilibrée, capable d'évoluer dans le temps.

Plus généralement, ma conviction personnelle, c'est qu'on ne peut plus aujourd'hui penser organiser les Jeux Olympiques, célébration mondiale du partage entre les peuples, sans donner en contrepartie des gages en matière de droits de l'homme. Le message s'adresse explicitement à tous les futurs pays susceptibles d'accueillir les JO (la Russie en 2014 en particulier) ; les Jeux ont un prix, celui du respect des droits de l'homme.

27.3.08

1000 soldats de plus en terre afghane : oui, mais pour faire quoi précisément ?


Je ne suis en rien spécialiste des questions internationales mais l'annonce faite par Nicolas Sarkozy d'un renforcement de la présence militaire française en Afghanistan me semble illégitime pour plusieurs raisons.
La mission de la France en Afghanistan n'est plus du tout claire quant à ses objectifs. Comment peut-on vouloir renforcer notre présence alors que l'OTAN se montre incapable de définir les visées précises de sa présence en terre afghane ?

L'objectif est-il de combattre les talibans ? Eux et leurs affidés contrôlent 70% du territoire.
Est-ce un soutien à la démocratie et à Karzaï ? Un régime dans lequel un journaliste afghan est aujourd'hui condamné à mort pour "blasphème"...
Est-il question alors de remettre sur pied un pays et l'aider à se reconstruire ? L'agence Acbar, qui regroupe près d'une centaine d'organisations non gouvernementales travaillant en Afghanistan, vient de publier un rapport montrant que l'aide internationale débouche sur une véritable gabegie et une corruption généralisée...

L'Afghanistan a moins besoin de militaires que d'aide à la reconstruction civile...Les américains dépensent 100 millions de dollars par jour pour faire la guerre, quand l'aide internationale à la reconstruction est de 7 millions de dollars...

Et Nicolas Sarkozy déduit de la situation actuelle afghane, qu'un renforcement de notre présence militaire est nécessaire. Il le décide seul et l'annonce au Parlement britannique avant même de demander au Parlement de son propre pays d'en débattre. Ce désaisissement intolérable de la Représentation nationale qu'est le Parlement, sur une question aussi grave que l'engagement de troupes dans la guerre, est une faute politique majeure.

11.3.08

Dimanche 16 mars, Sarkozy la tête dans le sac !

On le sait, les élections municipales sont d'abord des élections à enjeu local. L'envie de sanctionner le gouvernement à travers ce vote, n'est exprimée que par 25 à 30% des Français. Difficile toutefois de ne pas lier les résultats du premier tour, largement favorables à la gauche, au désamour soudain et brutal des Français pour leur Président.
Enseignement majeur de ce 1er tour et symbole puissant de ce divorce, les classes populaires ont plus que d'autres transformé le vote du 9 mars en sanction. Il est vrai qu'après avoir assurées la victoire du candidat Sarkozy en mai 2007, attirées par le mensonger "travailler plus pour gagner plus", elles ont eu à encaisser successivement les franchises médicales, la baisse du pouvoir d'achat, la hausse du travail précaire, la compression des aides sociales (notamment aux logements), et le discours défaitiste de l'impuissance... Les 15 milliards du bouclier fiscal n'étaient pas pour eux mais pour les classes moyennes supérieures. Et l'UMP, qui était la majorité populaire durant la campagne...est redevenue au pouvoir, l'UMR, la majorité des rentiers. Et certains se sont réveillés avec la gueule de bois, constatant que la droite au pouvoir appliquait bien un programme... de droite.

Dans de nombreuses villes, des édiles appréciés, de droite comme de gauche, ont été ou seront reconduits, les électeurs reconnaissant la qualité de leur travail sur le plan local. Reste qu'au-delà des commentaires parfois "mi chèvre mi-choux" de la presse, ce premier scrutin d'après présidentielle sonne moins comme un avertissement que comme une confirmation.

Au-delà du clivage gauche/droite, les Français ne croient plus au sarkozysme. Au volontarisme dans les mots, il préfère l'action dans les faits.

La gauche peut remporter dimanche plusieurs succès de taille : gagner Paris, Marseille, Lille et Strasbourg semblent possibles. Elle pourrait ainsi effacer la défaite cinglante de 2001 et remporter entre 3 et six départements.

Mais les victoires locales doivent lui servir à gagner au plan national.

Son ancrage local doit être affiché et non pas caché. Le PS doit à l'avenir pouvoir profiter à plein de sa force au niveau des territoires, il doit en être fier et en faire un atout au service de son projet pour le pays. Nous sommes reconnus partout comme de bons gestionnaires, perçus le plus souvent comme des responsables à la fois sérieux et innovants, capitalisons là-dessus, communiquons là-dessus !

Et si l'avenir du PS, c'était ses territoires ? Pas au sens d'un repli sur un socialisme municipal, pas non plus dans la défense de "baronies" comme au temps de la SFIO mais bien dans une tentative ambitieuse d'écrire un projet pour la France en phase avec ce qu'elle est, avec ses réalités locales.

Il faudra au PS dès novembre, inventer un projet national, en partant enfin de ce qu'il sait faire au niveau local. Et si la rénovation passait aussi par une meilleure utilisation des ressources humaines de ce parti, une démocratie participative ouverte aux expériences locales?!

6.3.08

Avantage Mc Cain

John Mc Cain est désormais assuré d'être investi par son parti lors de la convention républicaine de septembre. Sorti vainqueur des primaires républicaines sans laissé trop de force, il peut dès à présent se renforcer et bâtir une stratégie de conquête de la Maison Blanche. Celle-ci commence bien évidemment - c'est la règle en Amérique - par une nouvelle campagne pour lever des fonds. Le rapprochement avec les réseaux Bush sera indispensable au Sénateur de l'Arizona pour envisager le combat final. Reste qu'au-delà de la manne financière, plusieurs atouts font du vétéran du Vietnam âgé de 71 ans, un candidat très sérieux. Et pour tout dire, à mes yeux, le favori pour novembre.

Comment ne pas voir que les Français, les médias en particulier, ne relaient de la campagne que le débat faisant rage au sein du camp démocrate, ignorant quasi systématiquement le camp républicain? Il est vrai, que le combat entre Clinton et Obama a tout pour séduire l'industrie médiatique. L'experience contre le changement, une femme contre un métisse, la calculatrice contre le charismatique, c'est toute l'Amérique qui semble devoir se passionner pour ce duel aux allures de sitcom. Et pourtant cette vision est réductrice. Elle n'est pas le juste reflet de l'Amérique politique. Elle est juste l'Amérique vue de France. Il y aussi une dynamique Mc Cain.

Qu'on ne se méprenne pas sur la valeur du candidat désigné par les républicains. Ses atouts sont nombreux.
Il a pour lui sa vaillance au Vietnam unanimement reconnue, et qui constitue un avantage de taille dans un pays où près de 3 voitures sur 4 arborent aujourd'hhui encore des stickers "We proud of our guys" ("Nous sommes fiers de nos gars").
Il peut compter également sur une popularité acquise dans travail de parlementaire et sur une capacité à dépasser sur certaines questions les clivages politiques traditionnelles. Il a cosigné avec Edward Kennedy, véritable icône de la gauche américaine, un projet de loi qui visait à régulariser quelque 12 millions d'immigrés clandestins. Il s'est en outre élevé au Congrès contre l'usage de la torture. Enfin, c'est un des rares républicains à s'intéresser à la question du réchauffement climatique.
Enfin, il aura à coeur de reconquérir l'aile la plus conservatrice de l'électorat républicain, à qui il a déjà su offrir un certain nombre de garanties, notamment sur la question du droit à l'avortement, du mariage homosexuel ou du contrôle des armes.


Pendant que les démocrates se déchireront jusqu'à leur convention de Denver, John Mc Cain aura tout le temps de cultiver sa stature présidentielle. Il peut même se permettre, comme il y a quelques jours de décerner à tel ou tel des satisfecits et se hisser ainsi au-dessus du jeu politicien. Ecoutez le qui, habilement déclare à propos de Hillary Clinton : "Je la félicite. Je sais qu'elle se dépense à fond. C'est une vraie battante. J'ai remarqué qu'elle était restée éveillée l'autre soir après la campagne et qu'elle a été en même temps capable d'être à Washington et prête à recommencer la campagne le matin même. C'est une vraie gagneuse. Je lui accorde tout mon crédit".



Pour moi, c'est clair, que ce soit Obama ou Clinton, l'avantage est à Mc Cain.

29.2.08

"Le PS de 2008 loin de la SFIO de 1958" (Ouest-France, 29 février)


Par Jean-Jacques Urvoas
Député du Finistère
Premier secrétaire de la fédération socialiste du Finistère


Jean-Pierre Rioux (Ouest-France du 13 février) vient de railler le PS en le ramenant à la « SFIO de 1958 ». S'il est heureux que la comparaison avec son propre passé soit encore possible, et pour tout dire normal d'y lire une filiation, cette antienne est erronée, le PS de 2008 n’a rien à voir avec son ancêtre d’il y a 50 ans. Il suffit pour s’en convaincre de reprendre les trois arguments avancés.
« Même isolement social loin du peuple » est-il affirmé. La fragilité de l’argument tombe de lui même. D’abord, pour ne retenir que des élections comparables, aux législatives de 2007 les socialistes rassemblaient plus de 7 millions (soit 27,64 %) et au second tour, 186 d’entre eux entraient à l’Assemblée. Ce tableau n’a que peu de points communs avec la législative de 1956, où la SFIO totalisait 14,92 % et seulement 94 députés contre 150 au PCF.
Ensuite, parce qu’en ces temps pré-électoraux, les sondages indiquent de façon convergente que les
électeurs s’apprêtent à favoriser les équipes conduites par des socialistes pour gagner des municipalités et des cantons sur la droite. Enfin, parce que le PS est, à gauche, le seul à prétendre pouvoir incarner l’alternance.
«Même capacité à appréhender le réel, la décolonisation hier, la mondialisation aujourd’hui » est-il secondairement reproché. C’est un refrain éventé. Sempiternellement, quelques esprits chagrins tentent d'enfermer les socialistes dans une histoire étroite, quelque part entre 1789 et 1871. Il faut alors redire que le PS a depuis bien longtemps adopté la culture de la réforme et que son rapport à l'exercice du pouvoir est aujourd'hui décomplexé. La cohérence dont témoigne l'histoire des réformes conduites par le PS de 1981 jusqu’à 2002, démontre que sur l'Europe, la globalisation, son lien avec la société civile et sur sa pratique même du pouvoir, l'aggiornamento s'est fait pendant l'exercice même des responsabilités. Il ne faut pas attendre du PS un Bad Godesberg qui s'est déjà en partie produit.
Enfin exécutent les procureurs « même prospérité du socialisme municipal, même sclérose des grosses fédérations face à Paris, même atonie du groupe parlementaire ». La critique est osée. Que faut-il y lire ? Que le PS a trop d’élus locaux ? Mais n’est-ce pas là la vocation d’un parti d’autant que le contexte juridique depuis 1982 (réforme de gauche) a été bouleversé. Les élus de 2008 ne sont que des lointains parents de ceux de 1958. Grâce à la décentralisation, ils n’attendent pas de ramasser la misère pour en faire commerce. Ils ont un devoir, comme socialistes : être utiles à leurs concitoyens partout où ils sont en responsabilité.
Est-ce qu’alors nos parlementaires seraient inaudibles ? Mais qui conduit l’offensive contre la rétention de sûreté, contre le démantèlement des services publics, contre la création d’un bouclier fiscal ? Qui saisit in fine le conseil constitutionnel ? Est-ce enfin notre organisation militante qui serait déficiente ? Sans doute mais elle ne demande qu’à s’enrichir de nouveaux talents. De fait, en Bretagne comme en témoignent les succès successifs (demain inéluctablement c’est le Morbihan qui basculera), les socialistes ont toujours été les acteurs d'une gauche ouverte et évolutive, fidèle à ses valeurs de justice et d’égalité mais refusant l'enfermement idéologique. C’est ainsi qu'ils ont pu convaincre et su fédérer.
Alors décidément, non, le PS du XXIème siècle ne ressemble pas à la SFIO de la moitié du XXème. Mais il n'oublie pas pour autant qu'en 1920, au Congrès de Tours, celle-ci demeurait la « vieille maison » défendue par Léon Blum, attachée à la démocratie, au suffrage universel, au parlementarisme et au réformisme...

28.2.08

Meeting de Delanoé hier soir au Zénith de Paris



La gauche parisienne avait décidé hier de célébrer son champion dans une salle sans doute choisi pour son nom : le zénith. Car en effet, "Bertrand" caracole en tête dans les sondages, plongeant la droite parisienne dans le doute et les divisions. Avec un score oscillant entre 43 et 45% au premier et 55-57% au second tour, l'édile socialiste semble vivre avec les parisiens une véritable idylle...

Le meeting fut donc joyeux et enthousiaste. Animé par un Gérard Darmon des grands soirs, il vit d'abords se succéder sur scène nombre de personnalités du monde associatif, de la culture, mais aussi du monde scientifique. Je retiendrai surtout les interventions d'Axel Kahn et de Raymond Aubrac qui dans des registres différents ont su montrer les réussites du maire sortant et faire passer un message fort pour les années à venir.

Le discours de Delanoé enfin. Une heure durant, le maire, lumière rose fluo à l'arrière scène, tetes de liste alignées derrière lui, a tout à la fois défendu son bilan et proposé de vraies pistes d'avenir pour la Capitale. Sans tomber dans le compte rendu de mandat, fastidieux et robortif, Bertrand Delanoé s'est attaché à inscrire son action passé et à venir dans un temps long, en rappelant les grands desseins d'une ville comme Paris.

Pour tout dire, je ne suis ni pro Delanoé ni anti Delanoé ; comme la plupart des militants du PS de ma génération, je ne connais de lui que le gestionnaire zélé et appliqué de l'Hotel de ville. Le maire des vélibs. Le maire des tramways et des couloirs de bus.

Hier, il semble que Delanoé a voulu, face à une salle très parisienne, complètement acquise, commencer d'installer un autre personnage. J'ai senti poindre à travers deux trois phrases comme une ambition nouvelle...

A coup sûr le maire de Paris a une ambition pour Paris.
Mais j'ai entendu aussi hier soir, au moins dans l'attitude et le nouveau souffle, que Bertrand Delanoé n'avait pas perdu de vue, lui l'avignonnais, qu'une vie existe au-delà même du périph...

Pour Reims, c'est Adeline Hazan !


Voilà un sondage qui fait plaisir à lire. Car si la prudence est de mise bien évidemment -en dessous de 55% au second tour, aucun sondage n'est vraiment fiable au niveau des municipales -c'est bien le PS qui est donné gagnant face aux ex-ministres UMP Dutreil et Vautrin.

La dépêche AFP qui fait plaisir:


La candidate socialiste Adeline Hazan l'emporterait au second tour de l'élection municipale à Reims face aux anciens ministres Renaud Dutreil, candidat de l'UMP, et la dissidente Catherine Vautrin, selon un sondage TNS-Sofres paru jeudi dans le quotidien L'Union.
Dans cette ville détenue par le maire DVD Jean-Louis Schneiter, qui ne se représente pas et soutient Mme Vautrin, Mme Hazan, à la tête d'une liste PS-PCF-Verts, serait en tête au premier tour avec 36% des intentions, devant M. Dutreil (UMP), ancien ministre des PME, et Mme Vautrin (DVD), ex-ministre déléguée à la Cohésion sociale, tous deux au coude à coude avec 26% des suffrages.
Au second tour, Adeline Hazan, une proche de Martine Aubry, l'emporterait de peu devant Mme Vautrin (51% contre 49%), soutenue aussi par le MoDem, mais nettement contre le candidat investi par l'UMP (54% contre 46%). Dans le cas d'une triangulaire, la candidate PS serait en tête avec 42% des suffrages contre 29% à ses deux adversaires de droite.
Le sondage TNS-Sofres a été réalisé par téléphone 22 au 25 février auprès d'un échantillon représentatif de 600 personnes.
Lors d'un précédent sondage paru en décembre, Renaud Dutreil était donné favori parmi les quatre candidats de droite et du centre en lice, avec 32% au premier tour, à égalité avec Mme Hazan, et devançant nettement Catherine Vautrin (20%). Au second tour, M. Dutreil l'emportait (55%) sur Mme Hazan dans l'hypothèse d'une liste unique à droite.

12.2.08

Des hommes d'Etat

Des hommes d'Etat
Vidéo envoyée par fondationjeanjaures

DES HOMMES D'ETAT

par Bruno Le Maire

Ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin, Bruno Le Maire présente son dernier ouvrage, "Des hommes d'Etat", publié cette année aux éditions Grasset, pour "Esprit critique".

Propos recueillis par Nicolas Vignolles

7.2.08

La rupture


La chute est vertigineuse et il ne faut pas s'en réjouir. Personne n'a à se féliciter d'une telle manifestation de désaffection des Français à l'égard de leur Président. Le Président de la République est plus que cet homme temporairement choisi pour assumer la fonction. C'est une institution qui doit être protégée, respectée et même, mais c'est mon avis personnel, une fonction qu'il convient de sacraliser.

La parole du Président n'est pas la parole d'un monarque; nous sommes en République bien sûr mais la parole d'un Président ne doit pas être moins grande et forte que celle d'un monarque. Pourquoi ? parce que la politique a besoin d'incarnation, de symboles, de repères, d'autorité. Le Prséident doit pouvoir incarner chaque jour, dans son comportement personnel, dans se mots, dans sa geste, ce que la France porte de meilleur.

Depuis plusieurs semaines déjà, le soir même de son élection d'ailleurs en se rendant au Fouquet's, Nicolas Sarkozy a cru que les Français ne seraient pas regardants sur le comportement de leur édile élyséen. Nicolas Sarkozy a cru que les votes des 53% de Français qui l'avaient choisi lui appartenaient quoi qu'il fasse quoi qu'il puisse advenir durant son quinquennat.

Concernant la Présidence de la République, Nicolas Sarkozy a cru que la modernité allait de pair avec la fin du sacré. Ce pari a échoué.

Aujourd'hui, et j'ai vraiment du mal à l'écrire, le comportement de Nicolas Sarkozy n'est pas digne, ni des 23 millions de voix qui se sont portées sur son nom, ni de l'ensemble des Français.

Comment peut-on parler de Dieu à Ryad, royaume du Wahabbisme tout puissant, avec ce manque de retenue et cette méconnaissance de ce qui fait le coeur de la République française : la laïcité ?

Comment peut-on abaisser la France en affichant, telle une starlette ou un animateur de jeu télévisé, partout, tout le temps, sa vie amoureuse, sans élégance ni pudeur ? Qui n'est pas gagné par un sentiment de gêne en voyant le Président avec ses rayban pilote ou encore le Président tutoyer à tout-va, menacer un marin pêcheur tel un docker...Toutes ces images restent dans l'esprit des Français encore plus surement que les mots. Et au final, il abaisse la fonction présidentielle.

Enfin, comment peut-on afficher un tel volontarisme politique durant plusieurs années de campagne électorale et décevoir autant au bout de seulement 9 mois ?

La réalité, c'est que le discours de la rupture a accouché d'une souris.

Au fait vous, vous travaillez plus pour gagner plus ?
Vous avez bénéficié du bouclier fiscal ?
La franchise médicale, payée quand vous êtes malade, c'est juste ?
Le droit opposable au logement, ça construit du logement ?
Vous êtes encouragés pour devenir propriétaire de votre premier logement ?
Sur vos impôts, une moins grande partie va au financement de la dette publique ?
Quelle grande mesure sociale portée par la droite pouvez vous citer depuis six ans ?

1.2.08

Entretien avec Bruno Le Maire

Jeudi après-midi, j'ai pu m'entretenir pendant une heure à l'Assemblée avec Bruno Le Maire, ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin à Matignon, aujourd'hui député de l'Eure. J'avais sollicité cet échange afin de pouvoir compléter la critique que je m'apprêtais à rédiger sur son dernier livre "Des hommes d'Etat".Cette discussion fera l'objet d'un podcast vidéo sur le site de la Fondation d'ici quelques jours.
Au-delà des commentaires portant sur le contenu du livre, Bruno Le Maire m'a semblé partager le mal être d'une bonne partie de la droite française. La droite que j'appelle "humaniste" a visiblement du mal avec le sarkosysme clinquant, avec ses atteintes à la laïcité, avec une politique étrangère fondée sur la simple défense d'intérêts économiques...Bruno Le Maire, fort malicieusement, a insisté sur le "boulevard idéologique" qui existait selon lui pour une gauche réformiste, tournée vers l'innovation, l'Europe et la mondialisation. Je commençais tout juste à lui dire qu'il existait à gauche des militants qui oeuvraient en ce sens quand, il choisit lui de me demander des nouvelles de Ségolène Royal...la seule à "incarner" selon ses propres mots...


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CRITIQUE

Bruno Le Maire, Des hommes d'Etat, Grasset, décembre 2007, 450 p.



Entre le 1er janvier 2005 et le 6 mai 2007, Bruno Le Maire occupait une place de choix pour observer le pouvoir. Il était en son centre. Plus justement en son épicentre. De là, il a pu consigner ce qu'il voyait du pouvoir, ce qu'il vivait au pouvoir. Le diplomate devenu conseiller puis directeur de cabinet du Premier Ministre signe, après Le Ministre, publié en 2004, un second livre particulièrement soigné. A lire ce recueil de notes c'est bien cela qui frappe d'abord, le soin porté aux mots, l'élégance du style. Comme pour Le Ministre, il est agréable de lire Bruno Le Maire.

Ces flagorneries faites, venons-en au texte, aux indiscrétions, au croustillant, à la matière en somme !

Au fond, avec Des hommes d'Etat, nous sont livrées trois grandes réflexions sur le pouvoir actuel. La première a trait au rapport au temps et à l'action. La seconde porte sur le fonctionnement de l'Etat. La troisième enfin, s'interroge sur la manière de vivre le pouvoir, de vivre dans cette « jungle de sentiments confus, parfois sincères, parfois troubles, qui animent les hommes de pouvoir », comme l'écrit Bruno Le Maire.

Le rapport au temps et à l'action, d'abord. Les portraits de Nicolas Sarkozy, de Dominique de Villepin, de Jacques Chirac, sont des portraits en mouvement, en action, en dialogues. On n'y lit donc des tempéraments, des envies, des convictions. On comprend aussi et surtout que le pouvoir est d'abord une question de rapport au temps. Une question de ryhtme, de tempo. Et sur ce point, aucune des trois personnalités n'a vraiment la même philosophie. Aucune n'a les mêmes contraintes. Il y a l'aspirant pressé et tout entier tourné vers son graal, qui est moins gouvernemental qu'électoral. Il y a le grand serviteur de l'Etat habité par le souci de l'Histoire et les rêves de grandeur. Il y enfin, le Président en fin de mandat, habitué du pouvoir, et finalement fatigué par lui. Au final, trois rythmes parfaitement asynchroniques.

Le fonctionnement de l'Etat ensuite. Le livre permet de comprendre comment s'organisent et se prennent les décisions majeures. C’est tant mieux car on n'entre que rarement dans la « fabrique à décisions » qu'est Matignon. Cette maison des arbitrages et des mécontentements quotidiens. Au coeur du dispositif, le directeur de cabinet du Premier Ministre décide, imagine, protège. Voilà comment Bruno Le Maire conçoit et présente sa mission auprès du Chef du gouvernement. L'imagination au pouvoir (le clin d'oeil valait le coup d'être tenté) demeure sans doute la tâche la plus ardue. La machine gouvernementale ne tolère pas de répit, laisse peu de temps à l'anticipation, à l'innovation politique. Le « Dircab' » comme son Premier Ministre sont pris dans un rythme effréné, entièrement absorbés par la conduite des affaires de l’Etat. Le pouvoir, surtout à Matignon, est une course contre le temps. Il est une autarcie aussi. Un endroit d'où, comme l'écrit Le Maire, l'on n'a « plus d'accès immédiat aux paroles et aux commentaires » mais finalement qu'à « des retranscriptions maladroites et certainement infidèles de la réalité ».

La « jungle des sentiments », enfin. Sans doute y-a t-il là, dans le jeu des caractères et l'affrontement des sensibilités, la manière la plus croustillante de lire l'ensemble du livre. L'humain que diable! L'humain! Car si l'Etat est un « monstre froid » comme le pensait Nietzsche, le pouvoir, on l'oublie parfois, est lui une affaire humaine. Une affaire d'égos, de rivalités, de désirs qui se heurtant, se renforçant, se coalisant, finissent toujours ou presque par se combattre. Dans ce jeu à trois, Dominique de villepin a objectivement le moins d'atouts en main ou le plus d'obstacles à franchir, au choix. Cela tient en huit mots : il est le Premier ministre de Jacques Chirac. Dans son rôle de protecteur, Bruno Le Maire excelle. Il ne saurait l'abandonner au moment d'écrire ses notes. Il défend, il protège, il explique. Le Premier ministre a été empêché. Parce qu'il était Premier Ministre d'abord. Parce qu'il y avait Jacques Chirac ensuite. Parce qu'enfin, il existait une plus grande ambition face à lui. Nicolas Sarkozy était cette ambition, cette ambition de tous les instants, ostensible, dans le texte, dans le geste. Partout, tout le temps, Nicolas Sarkozy est à sa cause. L'action gouvernementale est un promontoire donnant sur l'Elysée et le Premier ministre, un concurrent comme un autre.

Bruno Le Maire le dit d'emblée, il ne prétend pas à l'impartialité. Tant mieux, on ne l'aurait pas cru. Un politique n'est jamais un auteur comme un autre, car il est prisonnier de fidélités anciennes autant que d'ambitions futures. Bruno Le Maire était hier directeur de cabinet du Premier ministre, il est aujourd'hui Député de la majorité. Partial donc, forcément partial, ce livre n'en demeure pas moins passionnant sur le fond et remarquablement écrit dans la forme.

Là, chacun verra le pouvoir en face.

21.1.08

panafieu mensonge en direct

panafieu mensonge en direct
Vidéo envoyée par larnaut

Françoise de Panafieu en flagrant délit de mensonge à l'emission Riposte du 20 janvier 2008. un régal...

17.1.08

Economie : serions-nous, en France, conditionnés pour échouer ?



Notre camarade new-yorkais Max a souhaité attirer l'attention des deux mains d'Ambidextre sur un article publié sur le site de Foreign policy début janvier (http://www.foreignpolicy.com/story/cms.php?story_id=4095&print=1). La thèse développée tend à lier faiblesse des économies européennes et médiocrité de l'enseignement de l'économie dès l'école. Pis encore, les vieilles nations du Continent, la France au premier chef, auraient une vision partiale, partielle, simpliste et pour tout dire erronée de ce qu'est réellement le capitalisme. Et cette vision serait transmise de génération en génération, via l'institution scolaire.
Le thème n'est pas nouveau. En France, Jacques Attali ou Michel Rocard ont ces dernières années insisté en plusieurs occasions sur la nécessité de repenser notre enseignement de l'économie ? Je partage leur opinion. Comprendre le monde qui nous entoure suppose une maîtrise même imparfaite des grands principes de la science économique. Comment s'ajuste les prix ? Qu'est-ce qu'une politique monétaire restrictive ? Qu'est-ce qu'une politique de l'offre ? Que veut-dire l'expression "rigueur budgétaire" ? Quel avantage d'avoir un euro fort ou un dollar faible ? Etc...

Serions-nous en France, dès notre naissance, conditionnés pour échouer dans l'économie globale, faute de "maîtres à penser" au fait des règles du XXIè siècle ? Qu'en pensez-vous ?

L'article commence ainsi...



Europe’s Philosophy of Failure

In France and Germany, students are being forced to undergo a dangerous indoctrination. Taught that economic principles such as capitalism, free markets, and entrepreneurship are savage, unhealthy, and immoral, these children are raised on a diet of prejudice and bias. Rooting it out may determine whether Europe’s economies prosper or continue to be left behind.


Millions of children are being raised on prejudice and disinformation. Educated in schools that teach a skewed ideology, they are exposed to a dogma that runs counter to core beliefs shared by many other Western countries. They study from textbooks filled with a doctrine of dissent, which they learn to recite as they prepare to attend many of the better universities in the world. Extracting these children from the jaws of bias could mean the difference between world prosperity and menacing global rifts. And doing so will not be easy. But not because these children are found in the madrasas of Pakistan or the state-controlled schools of Saudi Arabia. They are not. Rather, they live in two of the world’s great democracies—France and Germany...

15.1.08

Camarades, votez le Traité de Lisbonne!




Dans l'histoire de la construction européenne, trois traités ont revêtu une importance et une signification singulières : ce fut Rome d'abord, Maastricht ensuite, Lisbonne aujourd'hui.

A chaque nouvelle étape, un défi en même temps qu'une ambition neuve pour l'Europe.
1957, 1992, 2007, à chaque nouveau traité, la volonté de tourner une page et d'en écrire une nouvelle.

Chacun d'entre eux comportaient sa part de progrès institutionnels et sa part de portée symbolique, sa « signifiance politique », oserais-je dire.

Rome, c'est la CEE mais c'est aussi paix ; le seul traité signé entre puissances belligérantes européennes à l’issue de la Seconde guerre mondiale.

Maastricht, c'est l'Union européenne mais aussi l'inscription au coeur du projet européen de l'Allemagne réunifiée.

Lisbonne, aujourd'hui, c'est un fonctionnement institutionnel simplifié pour l'UE mais c'est aussi biensûr la réunification plus large de l'ensemble du continent européen.




L'histoire de la construction européenne s'est toujours écrite par-delà les enjeux et les contextes nationaux. Il s'est trouvé à chaque grande étape de la construction européenne de grands responsables socialistes pour continuer de batir l'Europe politique.

Aujourd'hui, il nous faut bien comprendre que Nicolas Sarkozy n'a que peu d'importance dans la question qui nous est posée.

Ne nous y trompons pas. Ce n'est pas le traité de Nicolas Sarkozy qui est soumis à ratification. C'est le traité du Premier ministre socialiste Socratès, du Premier ministre socialiste Zapatero, c'est le traité du Premier ministre italien Prodi ! Ces responsables socialistes, ce sont eux qui nous invitent à voter en faveur du traité de Lisbonne. Eux qui nous invitent à être responsables!

Il ne faudrait pas que le débat du jour, qui porte une fois de plus sur les « règles du jeu » n'obère le débat principal. Arrêtons de parler des règles, préoccupons-nous enfin du jeu. Et même, préoccupons-nous de l'enjeu de ce texte.



Quel est-il au fond cet enjeu ?

Référendum ou voie parlementaire, c'est l'Europe qu'il nous faut relancer. Voilà pourquoi je veux que nous ratifions le traité de Lisbonne. C'est une question de sens et de responsabilité historiques.

8.1.08

"L'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur"



Lors des questions au gouvernement, le mardi 8 janvier, le groupe socialiste à l'Assemblée nationale a souhaité, en la personne de Christian Bataille, interroger la Ministre des cultes sur les récentes déclarations du Président de la République. A l'heure où Nicolas Sarkozy nous propose une "politique de civilisation" aussi imprécise que grandiloquente, il est important de bien avoir à l'esprit les mots prononcés par le Président ; ils sont contraires à la Constitution de la Vè République qui dispose que la République est laïque.

Qu'a dit au juste le nouveau chanoine honoraire de Saint-Jean-de-Latran ?

«Ceux qui ne croient pas doivent être protégés de toute forme d'intolérance et de prosélytisme. Mais un homme qui croit, c'est un homme qui espère. Et l'intérêt de la République, c'est qu'il y ait beaucoup d'hommes et de femmes qui espèrent.»

«Dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur.»


Nicolas Sarkozy affirme là des idées mûries depuis longtemps. Il suffit de relire "La République, les religions, l'espérance" publié par le Ministre de l'Intérieur en 2004 pour comprendre l'origine des propos tenus lors de la rencontre avec le très ouvert Benoît XVI.

"L'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur"...Ces propos ne sont pas dignes d'un Chef de l'Etat, censé garantir le respect de la Constitution.

La laïcité n'a pas à se voir accolée d'adjectif. Elle n'a pas à être ouverte ou fermée, positive ou négative. La laïcité n'est pas une lutte contre les religions. Elle est une formidable idée, un formidable projet de tolérance, une extraordinaire garantie pour la République.

La laïcité, comme l'écrit Henri Pena-Ruiz dans le Figaro du 3 janvier, "implique la plénitude de l'égalité de traitement, par la République et son président, des athées et des croyants".

2.1.08

Bonne année 2008 !


La main droite et la main gauche sont heureuses de vous présenter leurs meilleurs voeux pour 2008.
En cette année olympique, nous vous souhaitons d'aller encore plus haut, plus vite, plus fort!

21.12.07

2012 et la possibilité DSK


Interrogé par Jean-Michel Apathie ce matin sur RTL, DSK a de nouveau clairement fait comprendre qu'il n'avait en rien tiré un trait sur son ambition de devenir Président de la République en 2012.
Le Directeur général du FMI a répondu, avec malice, à la question qu'on lui posait : "Vous avez raison de remarquer que de dire 'je ne renonce pas à être Français' devait cacher quelque chose, parce que personne ne renonce à être Français. Ca devait vouloir dire autre chose".

La France part à la dérive.
La situation économique n'est pas bonne. Une croissance de 1,8% au lieu des 2,25% annoncés...
La situation sociale est plus tendue que jamais.
Le discours de la France dans le monde se brouille chaque jour un peu plus ; lisez pour vous en persuader le discours prononcé par notre président en la basilique du Latran jeudi 20 décembre..."Les racines de la France sont essentiellement chrétiennes"...
Enfin la Présidence de la République elle-même est en train d'être abaissée, maltraitée, devoyée ; l'épisode Kadhafi, aujourd'hui l'épisode Crala Bruni suffisent pour s'en convaincre. Proche des Français ne veut pas dire ridicule. Or Sarkozy est en train d'abîmer la fonction présidentielle.


Toute cette politique de "l'esbrouffe permanente", cette politqiue "bling bling" dont la nuit inaugurale s'était tout de même déroulée au Fouquet's...(c'était un signe)...toute cette politique d'affichage va sombrer dans l'échec, et plus vite qu'on ne le pense.
D'abord et surtout du fait de son inefficacité économique. La France est confrontée à un défi majeur de modernisation de ses capacités productives, de ses capacités industrielles, technologiques. Là est le principal défi lancé par la mondialisation. Il nous faudrait dès aujourd'hui, un Président qui a les idées claires en matière économique. Un Président capable d'initier au plus vite une vraie politique de l'offre!

C'est ça le grand paradoxe de ce début du XXIè siècle ; en France, la droite n'a jamais été aussi peu du côté de l'offre et du libéralisme économique. Les droites européennes, la droite française aujourd'hui, sont de plus en plus des droites compassionnelles qui iennent un discours du pouvoir d'achat mais récompensent les rentiers et les hauts revenus. Rien ou presque sur l'actionnariat salarié, sur la question de la participation, sur les moyens de doper nos capacités de recherche, d'innovation, sur la simplification des procédures de création d'entreprise, rien non plus ou presque pour permettre au système bancaire de prendre plus de risque en soutenant les projets d'entreprises...Où sont les business angels à la française ? Où sont les sociétés de capital risque ? Où est la volonté réelle de relancer la France dans la grande concurrence mondiale ?

Nous coulons à petit feu faute d'une politique économique dynamique,tournée non vers la rente mais la prisque de risque, l'innovation. Le discours de DSK a toujours été celui là : il faut créer de la nouvelle richesse et non se contenter de l'entretenir oisivement. Pour créer cette nouvelle richesse, il faut jouer à la fois sur la demande et à la fois restaurer les conditions d'une compétitivité accrue pour nos entreprises.

Il n'est pas exclu que le débat présidentiel de 2012 se pose dans les termes suivants : "Comment relancer la France dans la compétition économique mondiale ?". Tout indique que la rupture de Sarkozy brasse de l'air. Ni le projet de loi TEPA ni la tentaive de monétisation des RTT (qui ne touche que peu de salariés au final) ne seront reçus comme un signal fort par les salariés et les chefs d'entreprises. Ce sont des lois inefficaces économiquement et très difficiles à appliquer par les entreprises du fait de leur très grande complexité, notamment juridique.

Il faudra vite sortir du mythe "travailler plus pour gagner plus" dont on voit un peu plus chaque jour qu'il n'était au fond qu'un slogan d'affichage, déconnecté des réalités économiques réelles.


Que DSK ne renonce pas à être candidat, c'est dans le contexte économique qui s'annonce, une vraie bonne nouvelle et même un espoir. L'espoir de voir la compétence constructive de strauss-kahn réparer le dogmatisme agité de Sarkozy. Cet espoir-là s'avèrera d'ailleur le seul de taille à faire gagner le centre gauche le jour venu...

14.12.07

La France ridicule, immorale ou réaliste ?




"Soyons fermes, purs et fidèles ; au bout de nos peines, il y a la plus grande gloire du monde, celle des hommes qui n'ont pas cédé."
Charles De Gaulle, 1943

13.12.07

Enfermer les monstres


Début janvier l'Assemblée nationale va examiner le projet de loi "Rétention de sûreté et déclaration d'irresponsabilité pénale pour cause de trouble mental". Pour tous les passionnés de droit et de sciences fiction, ce texte est à regarder de près. Rachida Dati continue de développer, avec l'appui du Président Sarkozy, une vision du droit absolument terrifiante. La Garde des Sceaux déconstruit les grands principes de notre droit pénal en invoquant tour à tour l'affaire Outreau, les drames récents du RER D ou l'affaire Romain Dupuy, avec comme moteur unique à toutes ses réformes, l'émotion.Or le droit, s'il ne peut bien évidemment ignoré l'opinion, la société dans laquelle il s'écrit, doit être aussi un droit protecteur face à l'opinion commune.

De quoi s'agit t-il ici ? Principalement de prévoir pour les personnes condamnées pour crimes sur mineurs, en particulier de nature sexuelle, la possibilité d'une "rétention de sureté" à l'issue de leur peine de prison. Cette rétention sera décidée par une commission de psychatres appelés à se prononcer sur la... "dangerosité" de la personne.
Ce texte pose 3 problèmes :
1/ Aucun Etat de droit au monde ne juge une personne sur ce qu'il est supposé pouvoir faire à l'avenir. L'enfermement est toujours la réponse à la commission d'actes criminels ou délictueux avérés ou prouvés.
2/ Comment ne pas voir la profonde ambiguité du terme "dangerosité" ? Par définition, un criminel ayant tué, souffrant de troubles mentaux, est potentiellement dangereux. Il l'est sans doute encore plus, après 5 ans d'enfermement sans réel suivi socio-médical.
3/ Aucun psychatre, aucune commission d'experts, ne prendra le risque de déclarer la "non dangerosité" d'un détenu condamné pour crime, psychotique ou psychopathe, même si celui-ci a suivi des soins durant plusieurs années et montré une réelle aptitude à la réinsertion. Les psychtres, pointés du doigt dans de nombreuses affaires récentes, choisiront toujours de se couvrir et déclareront qu'"un risque de récidive, même faible, n'est jamais totalement à écarter..."
Ce que prépare ce projet de loi, c'est tout simplement la prison après la prison. Après avoir purgé sa peine, souvent longue, après avoir "payé sa dette à la société", le détenu, parce qu'il est malade, se verra ajouter une autre peine.
Pire encore, et vous l'aurez certainement compris, ce que ce texte cache en fait, c'est le rétablissement de la peine à perpétuité sans sortie possible.

Parce que l'émotion le commande, parce que l'opinion le réclame, Rachida Dati s'apprête à mettre à mal plusieurs principes fondamentaux de notre droit pénal. Le principe de précaution doit pouvoir s'exercer à l'encontre d'individus dangereux pour la société mais la méthode retenue par la Garde des Sceaux n'est ni réfléchie ni acceptable humainement.

Le groupe socialiste à l'Assemblée se battra sur ce texte début janvier pour faire prévaloir une autre vision de la justice. Elle proposera notamment la mise en place d'une commission plurisdiciplinaire qui pourra, durant quelques semaines, faire un diagnostic complet de la personne jugée. Ce diagnostic pourrait intervenir avant la sentence de la Cour d'assise et permettrait de prévoir dès le moment de la décision de justice, une obligation de suivi thérapeutique dès le premier jour d'incarcération. Le Danemark, la Hollande et l'Allemagne l'ont fait.

La gauche n'est pas l'ennemi des victimes en matière de justice, comme la droite aime souvent à nous présenter. Mais condamner les gens à perpétuité,à l'issue d'une peine longue, sur le seul critère de la dangerosité, n'est pas conforme à l'idée que nous nous faisons de la justice.

6.12.07

Bill Maher aime les Français

Bill Maher aime les Français
Vidéo envoyée par yom_

Histoire de rire en flattant notre égo national...

3.12.07

"Non, ne montez pas, il y a du monde dans la rue"


Dans son livre à paraître cette semaine, Ségolène Royal fait une confidence de taille; elle aurait proposé Matignon à Bayrou, entre les deux tours de l'élection présidentielle. Face à ce qui aurait pu conduire à un bouleversement complet des équilibres politiques, bouleversement dont le PS n'avait aucune garantie de sortir vivant, le leader centriste se serait dégonflé...
"Non, ne montez pas, il y a du monde dans la rue", aurait dit le prude Bayrou à une Ségolène venu le séduire jusque chez lui.

Et si l'accord avait eu lieu, comment l'auriez-vous juger ? Pensez-vous que la victoire face à Sarkozy devenait possible ? Le Modem et Bayrou n'ont-ils pas raté là une chance historique, l'opportunité d'absorber le centre-gauche ?