23.7.07

OUI !


Depuis quelques jours, il est une voix dissonante au sein du Pari socialiste qui attire l’attention et qui, disons-le, installe l’idée que la rénovation, la jeunesse et la compétence ne sont plus très loin de "l'éclosion". Manuel Valls, Député de l’Essonne, maire d’Evry, présente beaucoup d’atouts, parmi lesquels l’audace et une manière de s’exprimer vraiment rafraîchissante.
Et ce genre de voix, moi, j’aime de plus en plus !

Enfin une voix socialiste lucide et punchy !
(Extraits - Emission RMC Info, lundi 23 juillet)

Le Parti socialiste : « Je suis d’abord ambitieux pour ma formation politique, pour qu’elle change en profondeur son logiciel, ses idées, ses propositions, pour qu’elle se rénove, change aussi ses méthodes de travail. Cette rénovation ne se fera pas d’abord autour des hommes, des femmes ou des générations, elle se fera d’abord autour des idées ».

Le projet socialiste à l’élection présidentielle : « en décalage par rapport aux attentes des Français et aux évolutions de la société, sur le travail ou sur l’autorité républicaine par exemple ».

Les 35 heures : « parfois, cela a été perçu par beaucoup de nos compatriotes comme un frein à gagner plus, comme une répartition du travail qui ne correspondait pas à leur envie de travailler plus pour gagner plus ».
L’ambition de la gauche : «Je constate que beaucoup au sein du PS se contenteraient d’attendre les erreurs du gouvernement ou que le PS soit une grande formation d’élus locaux, mais qu’elle n’accède plus au pouvoir».

Une intervention très remarquée au Palais-Bourbon

Manuel Valls est intervenu le mardi 17 juillet 2007 après la présentation du projet de loi « récidive » par la Garde des Sceaux, Rachida Dati. Son argumentation particulièrement bien construite et le choix de certains de ses mots ont donné au Député de l’Essonne une dimension et une épaisseur nouvelles. La fin de son intervention :

« Suite à votre première intervention à la tribune de l’Assemblée nationale, je souhaite vous faire part de notre respect pour la personne que vous êtes et pour le symbole que vous représentez et qui honore la République. Vous nous trouverez à vos côtés face à des attaques déplacées et qui n’ont pas lieu d’être. Mais ce respect nous oblige aussi à la franchise. Et c’est pourquoi le groupe socialiste tient à vous dire que votre projet sera au mieux inefficace et au pire dangereux.
Dans une récente tribune publiée dans Libération, vous avez déclaré qu’« il fallait en finir avec les attitudes outrées et rechercher un équilibre […] entre éducation et sanction ». Si votre projet de loi avait atteint cet objectif – vous pouvez en être sûre – nous aurions su le reconnaître.
Malheureusement, votre texte porte encore tous les stigmates de son contexte électoral : ses dispositions gardent aujourd’hui le simplisme des slogans de campagne. Loin d’en « finir avec les attitudes outrées », il s’inscrit au contraire dans la continuité des approches dogmatiques de la délinquance. (…)
Mais le groupe socialiste entend bien profiter de ce débat pour aller au-delà d’une simple opposition au Gouvernement et pour défendre ses propres solutions à la lutte contre la récidive. Car l’efficacité n’est pas seulement la condition de notre crédibilité ; elle est également le sens de notre engagement.
Je vous remercie. »

www.valls.fr

18.7.07

Quand la droite baisse la garde !


Le 10 juillet, la présentation du projet de loi TEPA a été l'occasion pour la Ministre de l'économie et des finances, Christine Lagarde, de renouer avec un ton que l'on avait opportunément choisi de délaisser depuis bien longtemps à droite.
Christine avait décidé de nous expliquer l'économie et le travail, du haut de sa tribune, forte de sa connaissance parfaite du monde du travail français, forte aussi de sa connaissance fine des difficultés de certains types de travaux pénibles. Elle, la mondaine, qui faisait l'essentiel de sa carrière outre-atlantique chez Baker & Mc Kenzie, venait expliquer aux petits députés, comment ça marche le travail ! Même l'UMP n'en est pas revenue !
Car la leçon de Lagarde aurait pu être argumentée, solidement bâtie autour d'exemples économiques pertinents, étayée de références européennes éclairantes... En fait de cela, rien ou presque : une leçon de conservatisme et la résurgence de la vieille vision d'une vieille droite dont on se rend compte, en grattant un peu, qu'elle n'était pas partie si loin en vérité....
Extraits à savourer pour les amoureux d'envolées philosophico-politiques :

"Reconsidérer le travail, c’est rompre avec une tradition de mépris qui trouve sa source dans l’Ancien Régime, quand les nobles avaient défense de s’adonner au commerce. La Révolution Française n’a pas mis fin à cette attitude. On la retrouve au XIXè siècle chez de nombreux auteurs : Paul Lafargue, dans son livre Le droit à la paresse, recommande à l’homme de ne travailler que trois heures par jour, et de passer le reste du temps à « fainéanter et bombancer ». Le dernier avatar de ce droit à la paresse, c’est, dans les années 90, le mythe post-industriel de la « fin du travail » : l’homme pourrait, illusion suprême, être définitivement remplacé par des machines et des ordinateurs. La loi des trente-cinq heures est l’ultime expression de cette tendance historique à considérer le travail comme une servitude. "

Et Lagarde de nous citer Confucius, après Mirabeau et Tocqueville ( sans doute fallait-il convoquer tous ces auteurs pour masquer les réalités concrètes d'un projet de loi à la fois très couteux et très hasardeux):

"Choisissez un travail que vous aimez,
et vous n'aurez pas à travailler un seul jour"...

C'est beau...J'en pleurs...Quelle éloquence cette Lagarde avec son carré Hermès!
Comme l'a justement écrit le canard Enchaîné: "Toutes ces subtilités ont échappé à la femme de ménage ou à la caissière de supermarché".

10.7.07

Si DSK dirige le FMI, il ne le devra qu'à lui même !


Jean-Claude Juncker : « Avant de soupçonner DSK de la moindre traîtrise, [les membres du Parti socialiste] devraient se souvenir que le FMI n’est pas un organe qui dépend du gouvernement, dont la vocation serait de servir Nicolas Sarkozy. Ils devraient aussi savoir que le président n’a fait que sauter en marche dans un train mis sur les rails par Jean-Claude Juncker, Angela Merkel et Romano Prodi, les premiers à émettre l’hypothèse DSK pour diriger le FMI. Simplement, super Sarko l’a fait à sa façon, comme si l’idée venait de lui ».

(L’Est Républicain)

« Some Socialist politicians suspected that Mr Sarkozy was backing Mr Strauss-Kahn’s candidacy to marginalise a potentially dangerous opponent. However, others suggested Mr Strauss-Kahn might be even stronger placed to contest the presidency in 2012 if he made a success of the IMF job and Mr Sarkozy stumbled ».

(Le Financial Times)

26.6.07

Le JT de TF1 depuis l'Elysée : confusion des genres ou vieux relents de suspicion gauchiste ?

Il est des journalistes que j'apprécie pour leur impartialité mais aussi, plus simplement, pour la qualité de leurs analyses. Jean-Michel Apathie en fait partie. Je souhaitais vous faire lire ce petit papier laissé sur son blog voici quelques jours
Extrait du blog de Jean-Michel apathie,
Commentaire du 21 juin
"Hier soir, un considérable événement s'est produit dans la République française. Nicolas Sarkozy, président de la République, accordait sa première interview télévisée à TF1. Je pensais personnellement, même si je sais depuis longtemps que tout le monde se moque de ce que je pense personnellement, qu'il aurait été moderne, ou tout simplement contemporain, que pour cette interview le président de la République, qui souhaite à juste titre désacraliser un peu la fonction qu'il occupe, quitterait son Palais pour aller symboliquement vers les Français en se rendant dans les studios de la télévision concernée.Ce n'est pas la même chose, symboliquement, psychologiquement, d'accueillir chez soi, sur ses terres, dans son bureau, des journalistes chargés de vous interviewer, ou bien à l'inverse de se déplacer et d'accepter de se livrer aux questions dans un lieu dédié à cela. Dans la première posture, il y a l'utilisation de la puissance pour réaliser un exercice toujours délicat. Dans la deuxième, il y a l'humilité de celui qui accepte d'assez loin dans la logique de la démocratie et qui reconnaît et accepte l'importance de l'idée de l'indépendance de la presse et des journalistes.De ce point de vue, j'ai été un peu déçu mais pas surpris d'apprendre que l'entretien se déroulerait depuis l'Élysée, comme avant, comme d'habitude, dans cette République certes libre mais tout de même congelée. Remarquez, je n'en aurais pas fait le plat que je suis en train de faire si les choses avaient été simplement cela. Mais il s'est passé autre chose, du registre du colossal, de l'extraordinaire, dans cette République française certes aux bonnes mœurs, mais quand même aux drôles de mœurs.
Comme il le fait tous les soirs depuis que nous avons que la terre est ronde, Patrick Poivre d'Arvor de TF1 a pris l'antenne un peu avant 20 heures. Générique traditionnel avec le nom du journaliste dessus, tout comme d'habitude. Et puis, à 19h56, exactement, Patrick Poivre d'Arvor est apparu sur l'antenne. Et là, le choc, les certitudes qui vacillent, le monde qui s'écroule.
Le journaliste est debout devant un pupitre. Derrière lui, une fenêtre aux lourds rideaux ouverte sur un parc. Extraordinaire: le journal de TF1, exceptionnellement ce soir, n'est pas présenté depuis les studios de TF1 mais depuis l'Élysée, un journal présenté depuis le cœur du pouvoir, symbole saisissant et raccourci impitoyable de la réduction spectaculaire des distances qui doivent exister, dans une démocratie, entre le journalisme et le pouvoir.D'ailleurs, Poivre d'Arvor, qui en vu d'autres et même beaucoup, n'est visiblement pas à son aise. Une fois les titres déroulés, il dit ceci:
"Un journal donc un peu particulier ce soir puisque plus court, une dizaine de minutes, d'un lieu qui n'est pas habituel, l'Élysée, avec un invité pas comme les autres, le président de la République, nous sommes d'ailleurs ici dans son bureau de travail et il est là, juste derrière la porte vous le voyez."
La résonnance de cette succession de phrases est étrange, angoissante même.Le journal de la première chaine d'Europe, c'est dit ainsi, se fait donc depuis le bureau du premier dirigeant du pays. Il y a là à la fois confusion des genres, des fonctions et presque même jusqu'à la fusion de l'entreprise et de l'institution. Je n'ai pas le souvenir d'une telle situation dans le passé récent, voire ancien. Traditionnellement dans ce genre d'exercice, il est arrivé que le journaliste chargé d'une interview présidentielle prenne l'antenne depuis l'Élysée avant de passer le relais à une seconde personne qui, depuis le studio de la chaine concernée, qu'il s'agisse de TF1, France 2 ou France 3, présente le journal dans des conditions professionnelles normales. La séparation physique a du sens, de l'intérêt, de l'importance. Du coup, l'absence de séparation en a aussi, au détriment du journalisme, bien sûr, hélas, regrets, tristesse et tout ce que vous voulez.
Donc, le journal se passe, depuis l'Élysée. Journal ordinaire, banal, au contenu ordinaire et banal. Ce n'est pas parce qu'il est présenté depuis l'Élysée qu'il est plus complaisant. Ce n'est pas parce qu'il est présenté depuis l'Élysée qu'il est plus mordant. C'est juste le fait qu'il soit présenté depuis l'Élysée qui brouille les repères. Et puis, après ce journal singulier, nous annonce-t-on, "un invité pas comme les autres."Bigre! On a beau savoir que chaque invité est unique, on se demande bien ce que peut être "un invité pas comme les autres". Sans doute faut-il comprendre que ce n'est pas de l'invité qu'il s'agit, mais bien de la soirée qui, dans sa totalité, c'est vrai, n'est pas comme les autres.
Comme souvent quand les personnages ne se sentent pas à leur place, les lapsus se sont invités pour bien signifier au téléspectateur que l'anormalité revendiquée de la soirée ne relevait pas de l'artifice.A peine cinq minutes après le début de l'entretien, PPDA évoque Jean-Louis Borloo et sa bourde sur la TVA sociale, "c'était ici même", dit-il, "en tout cas sur le plateau de TF1", se reprend-il, étalant ainsi le trouble de son esprit désorienté de ne plus savoir d'où parle et travaille le journaliste qui sommeillait en lui hier soir.
C'est ainsi que tout au long de l'entretien, PPDA a paru en équilibre instable sur un fil invisible. Lui qui, d'habitude, possède un stock fourni de questions serrées s'est avancé là avec des interrogations relâchées, négligeant les relances et oubliant les précisions. C'est peu dire que le président, brillant et à l'aise, répétant son discours de campagne, a dominé le trio.
A un moment, même, le journaliste a paru submergé par le malaise. Il interrogeait le président sur le G8 récemment tenu en Allemagne où Nicolas Sarkozy était apparu décontracté, presque trop aux yeux de certains. "On vous a vu très à votre aise avec les chefs d'États et de gouvernement, a-t-il dit, presque même un peu excité comme un petit garçon qui est en train de rentrer dans la cour des grands."
L'irrévérence est une chose, utile dans le journalisme, la maladresse une autre, qu'il faut proscrire. Qualifier un chef d'État de "petit garçon", ne paraît ni juste, ni utile. En fait, c'est à un copain que l'on parle comme cela, pas un proche d'ailleurs, mais un copain, c'est dire quelqu'un dont on se sent l'égal. Toute l'ambigüité de la scène diffusée hier soir sur TF1 se concentre d'ailleurs dans cette séquence.Assis face au président dans cet Élysée majestueux, Patrick Poivre d'Arvor se sentait à la fois chez lui, puisqu'il venait d'y faire ce qu'il fait tous les jours de manière ordinaire depuis vingt cinq ans, et à la fois extérieur au cadre puisqu'il n'est qu'un journaliste de passage qui justement n'est légitiment là que par son travail.C'est dans le tiraillement des deux qu'a résidé l'intérêt de cette soirée qui, à bien des égards et à mon humble avis, demeurera unique parce qu'elle n'est pas prête d'être reproduite."

19.6.07

L'avenir du travail

Critique de livre:
L'avenir du travail, sous la dir. de J. Attali, Fayard et Institut Manpower, 2007
Critique à paraître dans la prochaine News des livres de la Fondation Jean Jaurès (n°79)

« Vers 2050, surgira un robot d’un genre nouveau : le Sobot (…), une intelligence artificielle fondée sur un algorithme imitant le génome humain, un ‘esprit numérique’ sans incarnation physique, travaillant dans l’univers virtuel »

Jacques Attali, c’est Jules Verne. « Ce que j'ai écrit sera réalisé à la fin du siècle», prédisait l’auteur des Voyages extraordinaires. Même ambition - ou presque - pour l’ancien conseiller spécial de François Mitterrand, qui nous propose avec L’avenir du travail, une œuvre à mi-chemin entre roman d’anticipation et rapport prospectif. Bien sûr, point de Philéas Fogg ou de capitaine Nemo ici, reste l’idée d’une odyssée, l’impression que l’auteur d’Une brève histoire de l’avenir[1] nous plonge, à sa manière, au cœur d’Un tour du monde inédit ; dans le monde du travail tel qu’il sera en… 2050.

C’est un voyage dans le futur en deux escales ; d’abord le monde, ensuite la France.

La première partie revient sur les effets de la mondialisation et rappelle, exemples et chiffres à l’appui, la nature nécessairement évolutive du travail. Précieux détour par le présent qui permet de s’entendre sur ce qu’est le travail, sa valeur d’échange. Le travail n’est pas un stock, c’est un flux. Destructions, créations, comment s’organisera demain le travail ? Quelles seront les nouvelles règles du marché du travail ?

Ici, dans ces pages, s’imaginent – que dis-je s’imaginent, s’anticipent !- ce que seront dans trente à quarante ans, les emplois, les services, les industries, les entreprises, les technologies, les migrations. Quelques pistes sont esquissées. Demain, ce monde dans lequel le travail, rassurons-nous, conservera toute sa valeur, ce monde donc, sera tout à la fois plus rapide en termes d’échanges, plus fluide en termes d’emplois et plus incertain aussi pour l’individu. Ce monde qui vient et dont les signes avant-coureurs se dessinent déjà sous nos yeux, s’organisera finalement autour de trois économies nouvelles : l’une virtuelle, l’autre criminelle et la dernière relationnelle. Ce monde est à écrire, et pourtant, on le devine déjà.

Le progrès technique ne supprimera pas le travail ; il continuera de transformer notre rapport à lui. Il créera des besoins et des métiers nouveaux. Il appellera des sécurités professionnelles nouvelles et obligera les entreprises – 20 % d’entre elles au moins en 2050 - à repenser largement la gestion de leurs ressources humaines. Celles-ci auront en effet à faire une lecture de plus en plus extensive de leur fonction sociale, de leur rôle, de leur rapport aux travailleurs, au-delà de la seule relation salariale ; il leur faudra répondre aux demandes de loisir, de santé, de culture. Le bien-être des salariés deviendra un des termes majeurs de la compétition entre les entreprises. Un nombre croissant d’employeurs proposera ce que l’Etat ou ses services assurent encore aujourd’hui. Pour attirer les « créatifs », les programmateurs informaticiens, les directeurs marketing de demain, pour ne pas perdre la bataille de l’innovation, l’entreprise devra prendre en charge les besoins de ses collaborateurs, de sa famille, leur proposer une offre de loisirs et se transformer même en agence de tourisme au moment de leurs congés.

Le monde vu par Attali, ce sont aussi des entreprises et des emplois « plus flexibles, mobiles, nomades, précaires ». Un monde où les entreprises les plus avancées, majoritairement situées dans les pays du Nord, finiront par se dématérialiser. Fonctionnant sur le modèle des troupes de théâtre, ces entreprises formeront des « réseaux collaboratifs », cherchant à attirer vers elles toujours plus de nouveaux talents, coordonnant la production de télétravailleurs distants de plusieurs milliers de kilomètres, créant des ponts virtuels entre travailleurs à domicile, concevant finalement leurs collaborateurs comme des consultants engagés « pour un temps ». Un monde enfin où globalement, la pénibilité et la précarité du travail iront grandissantes, où la demande de sécurités dans l’emploi, la formation et le chômage formeront un seul et même continuum, où les temps différents de l’activité professionnelle seront redéfinis.

Il y a le monde et il y a la France, le cas spécifique de la France, menacée de n’être bientôt plus, selon Jacques Attali, « qu’un pays de tourisme et de villégiature ». La menace peut faire sourire – ou frémir, au choix - mais la démonstration qui suit, est des plus convaincantes. Les éléments d’analyse, les chiffres, les pistes d’avenir ; rien ne manque à cette seconde partie. Risquons nous à un résumé sommaire : un danger, un diagnostic, des propositions d’actions.
La danger, on l’a dit, c’est de transformer la France en un immense parc d’attractions, avec une croissance des richesses de plus en plus dépendantes des activités de tourisme, d’hôtellerie, d’accueil, et un appareil productif, un niveau technologique et industriel devenu rédhibitoire dans le concert économique international.
Le diagnostic ensuite : clair et sans appel. Oui, la quantité de travail est plus faible en France que dans beaucoup de pays de l’OCDE. Oui, le volume d’heures travaillées y est insuffisant. Oui, le taux d’emploi y est notoirement trop faible. Oui, le travail des seniors et des jeunes doivent être rapidement repensés. Oui enfin, l’investissement dans la formation, l’enseignement supérieur, la recherche n’est pas au niveau suffisant pour aujourd’hui permettre de moderniser notre appareil industriel et adapter notre marché du travail aux enjeux d’avenir et à la concurrence mondiale. Et revoilà le spectre baverezien du déclassement, me direz-vous. Pas tout à fait car les voies du salut existent et nous les expérimentons déjà, pour certaines d’entre elles.
Troisième temps de la démonstration – et oui, on n’est pas conseiller spécial à l’Elysée sans un goût prononcé pour la structuration de ses argumentaires - troisième temps donc, ce sont les propositions d’actions. Elles concernent de vastes champs : les emplois de services ou relationnels, l’amélioration du travail des jeunes, l’allongement du travail des seniors, la réflexion sur les modalités concrètes d’une sécurisation des parcours professionnels, la flexibilité du temps de travail, l’évolution de la notion de temps contraint, l’anticipation des besoins majeurs en terme d’immigration.

L’Avenir du travail est un livre aux idées claires, mais qui traite d’un avenir incertain. Il se lit comme une fiction, une anticipation.
Même quand l’urgence est à la refondation, il n’est pas interdit de voir loin.



[1] Jacques Attali, Une brève histoire de l’avenir, Favard, 2006.

18.6.07

Quand la vague bleue se heurte à la rose...

Majorité absolue pour l'UMP mais recul par rapport à 2002.
Plus de 200 députés de gauche, et progression de 50 sièges pour le Parti socialiste.


Le second tour des législatives a permis aux Français de dire clairement leur volonté d'une Assemblée pluraliste, ouverte. Une Assemblée dans laquelle les forces de gauche pourront constituer une opposition vigilante et constructive.

Bien qu'ayant subi, dans la circonscription où je menais campagne, une défaite assez cruelle, je salue cette rectification salutaire souhaitée par les Français au plan national.

Cela nous donnera sans doute dans les jours à venir une droite sensiblement...moins arrogante. Cela donnera au Parti socialiste de la force pour se rénover.

Et ça, moi j'aime.

31.5.07

Un choix de société à combattre

Nicolas Sarkozy, bien qu'élu et devant à ce titre représenter l'ensemble des Français au-delà de leurs inclinations partidaires, notre président donc, est toujours en campagne! Cette fois-ci pour les élections législatives.Tous ses ministres se présentent ou presque. Et chacun sait pourtant qu'aucun n'entrera au Palais Bourbon à l'ouverture de la session d'été.
Enfin passons. Le Président fait campagne. On vote pour des ministres qui se présentent pour être député mais ne le seront pas... Mais à part ça la politique, sa conception, ont cahngé... Enfin, ce n'est pas comme si certain ministres, comme celui de la Défense par exemple, présentait tous les membres de leur famille, jusqu'à leur chauffeur (!), histoire d'engranger des deniers publics pour leur parti naissant....

Dans l'enthousiasme général, il est déjà des signes qui ne trompent pas. Et qui ne tarderont pas à démontrer toute l'incohérence du programme sarkozyste. Toute sa démagogie aussi. Qu'un seul slogan, matraqué à loisir durant la campagne, suffisait à résumer : "Travailler plus pour gagner plus".

Les plus grands économistes, dont Michel Godet, économiste libéral des arts et métiers, inspirateur de mesures sarkozystes, s'accordent à dire que l'effet des mesures envisagées par le président de la République seront au mieux nuls économiquement, au pire, extrêmement dangereuses budgétairement.

Prenons une mesure phare en exemple : les emprunts immobiliers déductibles

La majorité des gens pourront récupérer autour de 1000 euros par an sous forme de déduction ou de cérdit d'impots. Il n'y a pas là de réelle incitation à acheter ! 1000 euros par an, pensez-vous que ça permet de créer "une France de propriétaires" ? A la rigueur ça libère du pouvoir d'achat chez les personnes déjà propriétaires de leur logement. Autrement dit ça creuse le fossé entre locataires et propriétaires...

Les finances publiques de la France d'après...dont hériteront nos enfants...

ISF, droits de succession (7 à 10 milliards)
+ Exonération d'impot sur le revenu, de CSG et de charges sociales sur les heures sup (3 à 4,5 milliards)
+ déduction des intérets d'emprunts (1,5 à 2,5 milliards)
= 12 à 15 milliards de cadeaux fiscaux...

Rappelons que le remboursement de la dette (64% de notre PIB) est le deuxième poste de dépenses budgétaires chaque année...et engloutit 40 milliards d'euros qui pourraient être utilisés ailleurs...de manière active et constructive!

Avec Sarkozy, c'est un projet non seulement injuste mais inefficace et extrêmement couteux qui s'annonce. Un coût totalement insupportable pour nos finances publiques.


Le futur de la gauche est là : rebâtir notre projet autour d'une conception saine et responsable de l'économie et des deniers publics, répondre aux questions fondamentales sans tomber ni dans la facilité des slogans, ni dans le suivisme de l'opinion majoritaire.

23.5.07

Le chef de l'Etat, son image, ses caricatures, son sens de la communication. Débat sur Ambidextre.
















































Le temps de Jacques Pilhan, conseiller privilégié de la communication présidentielle et partisan de la parole "rare et solennelle" est bel et bien fini. Avec Sarkozy, que l'on s'en réjouisse ou qu'on le déplore, c'est l'arrivée d'une stratégie de communication neuve et extrêmement efficace. "Un lieu, une image", "dix lieux, dix images".



Comment trouvez-vous cette démarche tout à fait nouvelle en France ?



L'image de l'action vaut-elle action ? Préjuge t-elle de la valeur de l'action réellement menée et de ses résultats ? Quel est le poids de l'image ? Sarkozy chez EADS : on se dit que le problème est réglé. Sarkozy avec Merkel puis Barroso : l'Europe est sortie de l'ornière. Sarkozy reçoit les ONG écologistes : le temps du développement durable est enfin venu.


Les images peuvent-elles finalement faire l'action ? Les images peuvent-elles se substituer à l'action ? Peuvent-elles préparer l'action comme le défend Nicolas Sarkozy ?


Dites nous votre sentiment.

9.5.07

Une certaine idée de la gauche


Critique de livre
Une certaine idée de la gauche (1936-1997), Gilles Martinet, Ed. Odile Jacob, septembre 1997.


« Une lucidité nouvelle »

« La pensée politique est une pensée opérationnelle. Le discours vise moins à la connaissance qu’à l’action. Il demeure, sans doute, essentiel d’appréhender la réalité mais, pour agir il faut aussi la simplifier et donc la déformer. (…) or, dans une situation aussi nouvelle, et incertaine que celle que nous connaissons aujourd’hui, c’est bien de la lucidité dont nous avons le plus besoin. ». Ce discours conserve aujourd’hui une résonance somme toute singulière ; ces mots écrits en 1997, font sens à l’heure de la refondation. Le rapport à la réalité, à l’action, le besoin de lucidité, la part irréductible de rêves, d’émotion ; c’est une certaine idée de la gauche qui se dévoile, et même une haute idée de son message que donne à voir Gilles Martinet. La mémoire du socialisme français narrée sous cette plume alerte, traversée par ce regard averti, c’est à la fois la connaissance fine du passé et l’invitation à y puiser une lucidité nouvelle. Autrement dit, une lecture particulièrement utile par « gros temps », utile pour retrouver un cap.

Le portrait brossé par Gilles Martinet est d’abord celui d’une gauche qui gouverne, d’une confrontation récurrente à l’exercice du pouvoir. Il s’est bien agi, toujours, d’une confrontation, car le passage de la gauche au pouvoir suppose transformation. Il ne peut se faire sans adaptation, sans un travail sur elle-même, sans une part de renoncement parfois, sans un supplément de lucidité souvent. Ces passages au pouvoir ne sont pas des reniements, il y aurait là une facilité de lecture abusive, mais c’est un fait avéré, ils furent l’occasion des plus fortes inflexions. C’est au pouvoir, que la gauche socialiste s’est le plus transformée. C’est à l’exercice des responsabilités, dans l’action, qu’elle s’est à chaque fois révélée. 1936, 1954, 1981, 1984, 1988, 1997, les grandes inclinations doctrinales de la gauche socialiste, c’est en quelque sorte la conduite des affaires qui les a rendues inéluctables.

L’histoire socialiste décrite par Gilles Martinet, c’est la re-visitation d’une histoire faite de « totems » et de tabous, structurés autour d’un mythe originel et atemporel, la révolution. Les « totems » tout d’abord ; ce sont l’antifascisme, le pacifisme, l’anti-libéralisme, l’interventionnisme. Il faut ici entendre par « totems », l’ensemble des repères cognitifs qui ont crée sur le temps long, une culture socialiste partagée et qui, aujourd’hui encore, continuent d’imprimer leurs marques, à des degrés divers, sur le socialisme français. Les tabous ensuite ; ce sont sur des plans différents, selon les époques, le colonialisme, le jacobinisme, le capitalisme et l’Europe. L’ouvrage de Gilles Martinet démontre, expériences gouvernementales et illustrations de réformes à l’appui, dans quelle mesure l’exercice du pouvoir a permis un dépassement des tabous et un questionnement des « totems ». Ce qui pénalise les socialistes, écrit l’ancien secrétaire général de l’Union de la gauche socialiste, « c’est l’absence d’une analyse critique des années où ils étaient au pouvoir ». Or, le pouvoir est une confrontation au réel, une confrontation dont les socialistes n’ont pas à rougir, loin s’en faut, mais dont ils ne savent tirer pleinement avantage. Sans doute, parce que ces années de gouvernement, ils ne veulent « ni les désavouer ni s’en réclamer, sauf pour ce qui est de leur partie sociale : la retraite à soixante ans, la cinquième semaine de congés payés, les lois Auroux ».
L’équation socialiste, la tension entre doxa et praxis a trouvé, dans l’exercice même du pouvoir, à se résoudre sans jamais ou presque se clarifier. En économie par exemple, on a préféré, souvent, « la victoire du pragmatisme bien davantage que celle du modernisme ».
Au final, on le comprend, c’est avec en tête Une certaine idée de la gauche que Gilles Martinet a toujours guidé son action militante, mené les plus grands combats de la gauche. Dans le mouvement communiste, dans la Résistance, à l’Observateur ou au cabinet de Michel Rocard, l’action de Gilles Martinet s’est inscrite dans une longue tradition réformiste autour d’une idée forte, d’une idée directrice : le besoin de modernité, l’attente suscitée, nécessite en contrepartie de la gauche socialiste une réelle aptitude au changement, plus précisément, une capacité à intégrer les changements qui l’entourent. « La pensée politique est une pensée opérationnelle ».

Relire les expériences du Front populaire. S’arrêter sur l’idée de « révolution constructive », sur les travaux des nouveaux saint-simoniens. Revenir sur le rationalisme social de Mendès-France. Comprendre les recherches et les novations de la « nouvelle gauche ». Saisir les tensions traversant le PSU, les « deux cultures » du Parti socialiste. Appréhender la mécanique et le rôle du programme commun. Apprendre finalement beaucoup du comportement de la gauche au pouvoir.
Voilà ce à quoi nous invitait dès 1997 Gilles Martinet avec au cœur, une certaine idée de la gauche. Et l’on se dit alors qu’il est des lectures particulièrement utiles en période de refondation.
Publié dans la News des livres de la Fondation Jean Jaurès, mai 2007.

6.5.07

Comprendre, s'opposer et reconstruire


Bravo à Nicolas Sarkozy,
Sa victoire est nette. Il a gagné la bataille des idées et finalement la bataille démocratique des urnes. J'espère que sa présidence permettra d'améliorer le sort de millions de Français qui ont, à l'occasion de cette présidentielle, manifesté leur goût et leur croyance en la politique.
Pour le Parti socialiste, le travail de reconstruction doit se faire rapidement. Le travail d'opposition, car les législatives ne manqueront pas de confirmer la présidentielle, devra être un vrai travail d'opposition, différente de l'attitude adoptée depuis cinq ans. Une opposition sans concession, combattive, vigilante.
Pour la gauche, c'est une très lourde défaite, stratégique d'abord, idéologique ensuite. Mais la refondation politique se nourrit aussi de défaites.
Le combat pour la justice sociale reste entier.

3.5.07

SARKOZY, LA SUPERCHERIE MADE IN NEUILLY!!


SECURITE :

Le vrai bilan de Nicolas Sarkozy, c’est :
- 432 000 victimes officielles d’agressions en 2005.
- + 30 % d’agressions depuis 2002.
- + 26% pour le nombre de faits de violence à l’école.

- Quand hier 20 000 voitures brûlaient par an, c’était pour Nicolas Sarkozy un échec de la gauche. Avec près de 45 000 voitures brûlées en moyenne chaque année depuis 2002, ce ne serait pas un échec de l’ancien ministre de l’intérieur, mais une réussite personnelle.

- 12 000 policiers agressés en 2006.

- 3 semaines d’émeutes dues à une très mauvaise gestion de la crise de l’automne 2005.

Le bilan de l’ancien ministre de l’Intérieur est particulièrement mauvais et prouve l’incapacité du candidat en matière de sécurité.

Lors du débat, il a ironisé sur le souhait de Ségolène Royal de faire accompagner les policières de nuît jusqu’à chez elles (suite aux viols dernièrement de deux d’entre elles). Pourtant, un dispositif ayant le même objectif pour les femmes travaillant le soir existe déjà à Montréal où les bus les raccompagnent aux pieds de leurs immeubles. En banlieues, les patrouilles du soir peuvent ramener les policières.



NUCLEAIRE :

- Sur l’EPR, Nicolas Sarkozy n’a pas contesté la position de son gouvernement qui est celle de l’avoir imposé sans concertation pour ensuite assurer son lancement par un décret pris quelques jours seulement avant l’élection présidentielle. Ségolène Royal annulera le décret et remettra le dossier sur la table.

- Nicolas Sarkozy, pourtant ancien ministre de l’Intérieur et ministre d’Etat, a été incapable de répondre à la question de Ségolène Royal et ignorait donc qu’il s’agissait de la troisième génération de réacteur.

Ségolène Royal a raison de rappeler que la part du nucléaire représente 17% de l’énergie totale (électricité, gaz, charbon, pétrole, hydraulique, énergies renouvelables) consommée en France (même si elle a fait un lapsus).



RETRAITES :

- Nicolas Sarkozy a fait un mensonge plus gros que lui en prétendant que le financement des retraites était résolu par la Loi Fillon jusqu’en 2008. Le Conseil d’Orientation des Retraites (COR) dit en réalité qu’il manque à peu près 50% du financement, et par ailleurs, qu’un rendez-vous en 2008 sera indispensable pour trouver une solution pour combler le « trou ».

- Ainsi, Nicolas Sarkozy trompe les Français sur la loi Fillon : outre les injustices qu'elle crée, elle ne résoud rien sur le plan financier puisque le besoin de financement des régimes de retraite sera, au minimum, de 0,7% de PIB par an d'ici 2025 selon le COR.

- Nicolas Sarkozy promet ce qu'il ne pourra pas tenir. Il a annoncé hier qu'il augmenterait les petites retraites de 25% en finançant cette mesure par la réforme des régimes spéciaux. Or, cette augmentation coûterait spontanément au moins 10 milliards d'euros. Or, le retour à l’équilibre des régimes spéciaux ne pourra se faire que dans la longue durée, par définition. En outre, le poids de ces régimes est surestimé : 7% des dépenses seulement.

- Sur le Fonds de réserve des retraites, Nicolas Sarkozy ne pouvait pavoiser. Depuis 2002, sa dotation n'a quasiment pas augmenté, se situant à 30 milliards, alors que les Finlandais en sont à 200 milliards... Pour enfin aller de l'avant, Ségolène Royal propose d'abord de relancer la croissance et d'abonder le Fonds grâce aux ressources nouvelles qui en résulteront pour les finances publiques.

Dans ce cadre, prévoir que les profits contribuent davantage semble la moindre des choses (on peut évoquer, pour être plus précis, la contribution sociale sur les bénéfices, voire la taxe sur les contrats d'assurance, prélèvements qui existent aujourd'hui et dont le rendement pourrait être accru sans drame).



35 HEURES :

Nicolas Sarkozy n’a pas répondu : pourquoi ne les a-t-il pas supprimé ? Il a dû reconnaître devant Ségolène Royal, que cela était une formidable avancée sociale.



HEURES SUPPLEMENTAIRES :

- Les deux Lois Fillon permettent déjà largement le recours aux heures supplémentaires, avec un contingent de 220 heures possible. 37% des salariés à temps plein font des heures supplémentaires et ils font 55 heures par an en moyenne. Moins de 40% des salariés à temps plein ont fait une heure supplémentaire en 2006.

- Effectuer des heures supplémentaires, c’est consacrer moins de temps à sa vie familiale et c’est plus de fatigue.

- La mesure de Nicolas Sarkozy coûte au moins 5 milliards d’€ d’après l’étude de Pierre Cahuc et Patrick Artus pour le Conseil d’analyse économique.

- Cette même étude montrait que cette mesure détruirait l’emploi. Une entreprise de 20 personnes détruirait 2 emplois pour faire faire 4 heures supplémentaires aux autres.

- Le « coup de pouce » de Ségolène Royal ne coûte que 180 euros par mois en plus de l’augmentation légale (l’augmentation légale sera au 1er juillet de 3%) pour une entreprise de 10 salariés. Quelle entreprise de 10 salariés ne peut pas payer cette somme ? De plus, cela redistribue le pouvoir d’achat et augmente la consommation.

- Dans quel pays, dans quelle économie, Nicolas Sarkozy a vu que ce sont les salariés qui choisissent leurs horaires de travail ?



IRAN :

- Nicolas Sarkozy n’a toujours pas saisi l’enjeu terrible pour la sécurité du monde. Il n’a pas compris que passer du nucléaire civile au nucléaire militaire est une simple question d’enrichissement d’uranium.

- La position de Ségolène Royal qui est celle de l’AIEA, de l’UE et du Conseil de Sécurité des Nations Unies consiste à dire : pour l’Iran, pas de nucléaire civil tant que l’Etat ne se soumet pas aux contrôles de l’Agence.

Sarkozy, vainqueur du débat

Ségolène Royal a rendu les débat confus en ne répondant jamais aux questions posées.
Elle a manquait cruellement de précisions sur de nombreux sujets face à la clarté de son adversaire. Je pense notamment à la question des retraites ou des finances publiques.
Elle a finalement perdu ses nerfs sur le sujet du handicap alors que rien ne le justifiait.

De son coté Nicolas Sarkozy est apparu calme, courtois, précis et convaincant. La tendance très favorable au candidat de l'UMP dans les sondages devrait se confirmer.

Qu'avez-vous pensé du débat ? Qui, selon vous, en sort vainqueur ?

2.5.07

La social-démocratie à la française est enfin là ! Saisissez-là !

Pour plus d'un Français sur deux, c'est clair : DSK ferait, et de loin, le meilleur Premier ministre. Un avis partagé par les 3/4 des socialistes, 2/3 des centristes et 46% des UMP...

On voit bien que se dessine sous nos yeux ce qui pourrait être l'attente de tous les progressistes modérés, conscients de l'urgence des réformes mais profondément hostile aux discours de brutalité et d'opposition dogmatique.


Qui affirme les valeurs et assure la concorde civile ? La présidente.

Qui conduit les réformes en France ? Le gouvernement

Qui permet de les faire appliquer vraiment ? le Parlement et les partenaires sociaux.


Toutes les garanties d'une vraie phase de réforme et de dialogue constructif sont aujourd'hui réunis. Les centristes et toutes les femmes et hommes de progrès doivent aujourd'hui massivement choisir Ségolène Royal et nous rejoindre dans une vaste majorité présidentielle qui transcende les partis et les clivages.
Pour une Europe qui reparte avec des dirigeants progressistes et des dirigeants européens aussi convaincus que DSK ou Bayrou :
Zapatero, Brown, Royal, Prodi! Voilà l'Europe qu'il nous faut




30.4.07

Rive gauche, rien de nouveau (ou presque)

Dominique Farrugia soutient Nicolas Sarkozy.
Il a tenu ces propos hier à Bercy :

"Je voudrais dire à mes amis de la rive gauche que le diable n'est pas ici. Ici c'est vachement bien".

Malheureusement, il y a peu de chance qu'il soit entendu et nous aurons encore droit aux bétes et méchants "tous sauf sarkozy" demain à Charlety et dans les manifs de l'extrême gauche...

Les traditionnels schémas de la bonne conscience de gauche ont la vie dure... et prouvent une fois de plus que la gauche parisienne et bien pensante est très loin des préoccupations des français et de sa majorité silencieuse.

Chaud devant, tandem social-démocrate gagnant !




Ségolène Royal à propos de DSK :
"C'est un homme talentueux et imaginatif. Il pourrait être un très bon premier ministre (...)"

29.4.07

QUI ?


Qui va remplacer Chirac ?
Qui sera le nouveau président de la République Française ?
Quel sera le score affiché sur les écrans dimanche soir à 20h ?

CONCOURS DE PRONOSTICS SUR AMBIDEXTRE
A vous de jouer !

Un grand élan populaire est en marche

Je reviens de Bercy où a eu lieu le dernier grand meeting parisien de Nicolas Sarkozy.
Il y a prononcé un vrai discours de président. Il énonce clairement sa vision de la France, son ambition pour le grand pays qui est le notre.

Il prone l'ouverture. Sa France est une nation ouverte sur le monde et l'Europe. Il croit en la France et ne craint pas la mondialisation.

Il s'impose comme le candidat des droits de l'homme. Soutenu par André Glucksman, il a la prétention de porter haut le discours de la France contre les conflits en Tchétchénie ou au Darfour. Il connait les sujets et saura les assumer.

Il assume ses choix, contre la Turquie dans l'Europe, pour l'énérgie nucléaire, pour l'immigration choisie, contre les régularisations massives.

Il a l'ambition de réussir. Il dit ce qu'il fera et fera ce qu'il a dit. Son programme sur 5 ans doit mener la France sur une voie inexplorée, au delà des tabous et des conservatismes. Le plein-emploi est possible. La croissance et l'excellence aussi.

Il veut encourager le travail. Il veut récompenser le mérite et redonner tout son sens à la république et à ses valeurs. Il n'y a pas d'égalité sans la suppression des régimes spéciaux de retraites. Il n'y a pas d'égalité de conditions de vie sans sécurité dans les banlieues. Il n'y a pas d'égalité des chances sans service minimum dans les transports pour empécher que les grêves à répétition pénalisent les habitants des périphéries.

Il gouvernera différemment. Une équipe de 15 ministres. La culture des résultats pour les ministres et pour les fonctionnaires de l'Etat. Un Etat moins dépensier. Un gouvernement ouvert sur le centre et à des personnalités de gauche talentueuses et de bonne volonté.

Il porte l'espoir de millions de français qui croient qu'un vrai changement de société est possible.

Moi, le 6 mai, je vote Sarkozy, avec la conviction que c'est un véritable homme d'état. Le seul dans ce duel avec la candidate socialiste !

Vous doutez des chances de succès de Sarkozy ? Essayez-le pendant 5 ans, vous verrez !
En tout cas, faites votre choix ou les autres le feront pour vous...

26.4.07

Le choix

Alors voilà donc le débat du 6 mai posé ; le choix est clair. Deux personnalités relativement neuves et surtout, au-delà des tempéraments, deux projets de société très différents. Merci à ceux qui annonçaient depuis des mois que le clivage droite-gauche avait vécu ! Largement vrai dans l’analyse mais faux dans les urnes ! Ah ah ! On disait cette frontière obsolète, d’aucuns la considéraient comme dépassée, usée, inopérante face aux nouveaux enjeux d’un monde complexe, globalisé faits d’intérêts éclatés et atomisés, et au final, patatras, c’est encore deux visions de la société, de l’homme, de l’économie qui se font face à l’heure du choix. Désormais, ce n’est plus seulement onze candidats qu’on élimine, douze si l’on a fait le choix de s’abstenir ou de voter blanc, mais c’est un président qu’on élit. Dans le meilleur des cas une présidente d'ailleurs.

Je suis de gauche depuis que j’ai intériorisé combien la politique pouvait changer la vie des gens. J’ai toujours cru au levier incroyable, au pouvoir démultiplicateur du politique. Plus précisément au pouvoir démultiplicateur de la volonté politique. Rien n’est plus faux selon moi que le supposé dessaisissement du politique au profit de forces dominantes. C’est une idée qui est au fondement même de mon engagement politique ; la croyance absolue que la décision politique peut à elle seul courber le cours naturel des choses, corriger l’injustice, permettre aux hommes d’être vraiment libres. Les hommes ne naissent pas libres, ils naissent libres et égaux en droit ! La différence n’est pas mince, le « en droit » vient rappeler à qui veut bien l’entendre qu’il a fallu un combat politique pour faire admettre ce qui semble aujourd’hui une évidence tombée des cieux ! La politique peut tout si elle veut tout. Elle seule par exemple, et c’est essentiel, peut permette le miracle du « vivre-ensemble ». Ce n’est pas rien tout de même. Ni le marché, auquel je crois en économie, ni Dieu, auquel chacun est libre de croire ou non, ni la pure force, à laquelle le temps finit tôt ou tard par s’attaquer, ne sauraient rivaliser.
La politique peut tout changer, à la condition de le vouloir. Voilà pour le décor.

Comment choisir le 6 mai ? Je ne pose pas la question avec en tête le sombre dessein de vous influencer. Je veux au moins tenter de poser certains enjeux. C’est immodeste mais je l’assume parfaitement.
D’abord, je crois qu’il faut avoir en tête que derrière un visage, une voix, une gestuelle, un tempérament, un parcours, une façon d’être, il y a une politique. Cette orientation n’est ni neutre pour le pays ni sans conséquence sur nos vies.

Je ne céderai pas à la caricature. J’y ai déjà cédé dans le passé. C’est de bonne guerre. Le combat d’idées a besoin parfois d’un peu d’huile, et le dessin à gros traits s’avère très souvent une tentation facile donc délectable. Je n’y céderai pas ici même si beaucoup à droite comme à gauche s’y complaisent encore.

Je veux ici vous dire que je ne me résous pas à laisser se construire une société que je crois profondément contraire à ce que je suis, à ce que je veux pour mes amis, à ce que je veux pour me parents. Evacuons les questions de personne…Oh et puis juste un mot tout de même !

Je crois que Nicolas Sarkozy est un homme de caractère, doté d’une vraie force de conviction et assuré d’une volonté inébranlable de réussir. Pas de conquérir le pouvoir mais bien de réussir. C’est un gagneur quoi. C’est un impératif pour quiconque aspire à diriger la France. Assurément, Nicolas Sarkozy en à la trempe.
Je crois que Ségolène Royal est une femme d’une pugnacité inouïe, forte d’une foi en sa personne inaltérable et habitée par le sentiment de porter un projet politique neuf, et dans ses objectifs et dans sa méthode. C’est une croyance louable pour celle qui souhaite présider au destin de la France. Assurément, Ségolène Royal en a l’étoffe.

Mais voilà, l’élection, ce n’est pas que ce choix-ci, c’est d’abord pour moi l’adhésion à un projet, à une vision du monde. Je crois moins en les responsables politiques que dans les idées qu’ils portent. Je crois à la force des mots, à leur gravité, à l’impact des lois, aux conséquences directes des décisions politiques sur la vie des simples gens.

Alors quels projets restent en course ?

Prenons trois exemples, au-delà des 2/3 de propositions qui, sans se rejoindre, prennent des directions assez proches.
1. L’emploi. 2. L’Europe. 3. Le développement durable.

Nicolas Sarkozy c’est notamment…
1)
35 h plancher, toutes les heures supplémentaires payées 25 % de plus et non imposées (les rentrées fiscales manquantes seraient compensées par la création d’une TVA sociale, particulièrement injuste pour les revenus les plus modestes qui consacrent une plus grande part de leurs revenus à la consommation)
Mise en place d’un contrat unique sur le modèle du CNE (licenciement sans motif de la part de l’employeur, plus d’argent sur une courte période pour le chômeur)
Un arsenal fiscal touchant d’abord les revenus les plus élevés : suppression des droits sur les successions et donations (seules les 20% de donations et successions les plus hautes font aujourd’hui l’objet d’une imposition)

2)
Un nouveau traité européen (version raccourcie) adopté par voie parlementaire.
Fin des négociations d’adhésion avec la Turquie (ouverte depuis 1963…)

3)
Développement de l’EPR et choix du nucléaire comme énergie prioritaire pour l’avenir.
Pas de n°2 du gouvernement en charge du DD
Mise en place d’une fiscalité écologique en matière de construction et sur l’achat de véhicules propres (TVA à 5,5%)


Ségolène Royal, c’est notamment…

1)
Une Conférence nationale sur la croissance et les salaires réunissant tous les partenaires sociaux pour rediscuter de toute la hiérarchie des salaires (pas seulement le Smic).
Création d’un Revenu de Solidarité Active pour valoriser le travail par rapport aux revenus de l’assistance. Celui qui retrouve un emploi se voit encourage par le versement de ce RSA qui lui permet de bien voir la différence avec la situation de chômage qu’il vivait antérieurement.
Maintien du niveau des prélèvements obligatoires mais baisse du train de vie de l’Etat et notamment du budget de l’Elysée (le réformisme est aussi dans les symboles en politique !)
Abaissement de l’impôt sur les sociétés selon le système du gagnant-gagnant avec les entreprises (moins de charges si plus d’embauches, hausse des salaires ou investissemnt R&D dans les entreprises réalisant des profits).

2)

Un nouveau référendum sera organisé sur un traité européen comprenant des garanties sociales. (Respect strict du parallélisme des formes en droit : un référendum appelant un référendum)
Construction de l’Europe par « la preuve » (accord avec Merkel et Zapatero sur une méthode de relance très pragmatique autour de la valorisation de faits positifs qui feraient l’objet d’une communication particulière et pédagogique en France et en Allemagne)

3)

Création d’un poste de Vice Premier ministre ayant autorité en matière de développement durable quelque soit le dossier abordé : éducation, transport, économie, énergie, etc.
Maintien du nucléaire mais baisse de sa part dans le total du dispositif français au profit des énergies renouvelables avec comme objectif d’atteindre 20% en 2020.
Une fiscalité incitative pour les entreprises jouant la carte écologique.
Moratoire sur les essais d’OGM en plein champ et poursuite des tests en laboratoires.



J’avais deux trois choses à vous dire. Alors voilà. Je n’espère pas vous convaincre car le vote se fonde sur d’obscurs déterminants, qu’un simple texte, pardon qu’un texte simple ne saurait perturber, mais enfin, j’aurais au moins étanché, ne serait-ce qu’un petit peu, ma soif de tout vous dire.

Bon choix.

19.4.07

Pour une France confiante et apaisée !



« Il est dans la nature d’une grande nation de concevoir de grands desseins. Dans le monde d’aujourd’hui, quelle plus haute exigence pour notre pays que de réaliser la nouvelle alliance du socialisme et de la liberté, quelle plus belle ambition que l’offrir au monde de demain ?C’est, en tout cas, l’idée que je m’en fais et la volonté qui me porte, assuré qu’il ne peut y avoir d’ordre et de sécurité là où règnerait l’injustice, gouvernerait l’intolérance. C’est convaincre qui m’importe et non vaincre.
Il n’y a eu qu’un vainqueur le 10 mai 1981, c’est l’espoir. Puisse-t-il devenir la chose deFrance la mieux partagée ! Pour cela j’avancerai sans jamais me lasser sur le chemin du pluralisme, confrontation des différences dans le respect d’autrui. Président de tous les Français, je veux les rassembler pour les grandes causes qui nous attendent et créer en toutes circonstances les conditions d’une véritable communauté nationale. »

18.4.07

5 bonnes raisons de laisser Bayrou dans l'isoloir


A 4 jours de faire votre choix dans le secret de l'isoloir, certains d'entre vous sont tentés par le vote Bayrou.
Vous ne vous ressemblez pas, vous êtes traditionnellement de gauche ou au contraire, fidèles au centre droit et à ses valeurs chrétiennes... en tout cas, vous avez en commun, la tentation du centre. Je ne vous comprends. Voici mes 5 raisons de ne pas voter Bayrou :

1. Il a vendu son âme et celle de ses fidèles. Au placard ses idéaux européens et ses valeurs démocrate-chrétiennes, qui le rendait respectacle dans le paysage politique français. Il a opté dans cette campagne pour un discours Ni-ni, très poujadiste, où la ruralité, la France éternelle des bourgades prend le pas sur les grands enjeux internationaux. On est très loin d'un discours moderne.
2. Il prône le rassemblement mais ne rassemble pas. Il disait vouloir gouverner avec les meilleurs de la droite et de la gauche et a fini sa campagne sur un discours très proche du ni-droite, ni-gauche des extrêmes. Et sur un tel positionnement, il peine à rassembler parmi les plus talentueux du PS ou de l'UMP. Ce n'est pas avec Azouz Begag et le vieux Rocard qu'on gouverne la France.
3. Il n'a pas l'ambition du changement pour la France. Il ne prône aucune rupture car il la craint. Il craint l'affrontement avec les syndicats. Il craint les mesures difficiles. Il rêve une France sans heurt. Mais seulement, la France ne se réformera pas sans courage. Le courage de réformer les régimes spéciaux, de réformer l'assurance chômage, de réformer l'université ou l'emploi dans la fonction publique... Ce n'est pas un homme d'action.
4. C'est un choix par défaut. Si sa côte dans les sondages est si haute, ce n'est pas que son personnage séduise. Ce n'est pas un engouement qu'il incarne mais un rejet, un non-choix entre un Sarkozy dont l'engagement fait craindre les plus consensuels, et Ségolène Royal qui suscite la crainte de l'incompétence. Mais ne pas choisir entre le PS ou l'UMP, c'est signer un chèque en blanc à l'UDF. C'est prendre le risque d'une alliance que vous ne maitriserez plus. Les enjeux de la société française actuellement sont assez clivants pour qu'on puisse se positionner.
5. Il n'a pas les qualités pour gouverner. Il préfére la contestation que la conviction et la décision. Il n'a aucun charisme, ce qui ferait cruellement défaut à un président du XXIe siècle. Il n'a jamais fait preuve de sa compétence, quelles que soient ses fonctions antérieures (et surtout pas en tant que ministre de l'éducation). Il a une profonde méconnaissance de la politique étrangère et de l'économie. Il ne connait pas le monde de l'entreprise. Mais surtout, ce qui est le plus à craindre, c'est son incapacité à s'entourer de gens compétents pour combler ces lacunes.

Alors, dimanche, faites comme moi et laissez Bayrou dans l'isoloir !!