18.6.07

Quand la vague bleue se heurte à la rose...

Majorité absolue pour l'UMP mais recul par rapport à 2002.
Plus de 200 députés de gauche, et progression de 50 sièges pour le Parti socialiste.


Le second tour des législatives a permis aux Français de dire clairement leur volonté d'une Assemblée pluraliste, ouverte. Une Assemblée dans laquelle les forces de gauche pourront constituer une opposition vigilante et constructive.

Bien qu'ayant subi, dans la circonscription où je menais campagne, une défaite assez cruelle, je salue cette rectification salutaire souhaitée par les Français au plan national.

Cela nous donnera sans doute dans les jours à venir une droite sensiblement...moins arrogante. Cela donnera au Parti socialiste de la force pour se rénover.

Et ça, moi j'aime.

31.5.07

Un choix de société à combattre

Nicolas Sarkozy, bien qu'élu et devant à ce titre représenter l'ensemble des Français au-delà de leurs inclinations partidaires, notre président donc, est toujours en campagne! Cette fois-ci pour les élections législatives.Tous ses ministres se présentent ou presque. Et chacun sait pourtant qu'aucun n'entrera au Palais Bourbon à l'ouverture de la session d'été.
Enfin passons. Le Président fait campagne. On vote pour des ministres qui se présentent pour être député mais ne le seront pas... Mais à part ça la politique, sa conception, ont cahngé... Enfin, ce n'est pas comme si certain ministres, comme celui de la Défense par exemple, présentait tous les membres de leur famille, jusqu'à leur chauffeur (!), histoire d'engranger des deniers publics pour leur parti naissant....

Dans l'enthousiasme général, il est déjà des signes qui ne trompent pas. Et qui ne tarderont pas à démontrer toute l'incohérence du programme sarkozyste. Toute sa démagogie aussi. Qu'un seul slogan, matraqué à loisir durant la campagne, suffisait à résumer : "Travailler plus pour gagner plus".

Les plus grands économistes, dont Michel Godet, économiste libéral des arts et métiers, inspirateur de mesures sarkozystes, s'accordent à dire que l'effet des mesures envisagées par le président de la République seront au mieux nuls économiquement, au pire, extrêmement dangereuses budgétairement.

Prenons une mesure phare en exemple : les emprunts immobiliers déductibles

La majorité des gens pourront récupérer autour de 1000 euros par an sous forme de déduction ou de cérdit d'impots. Il n'y a pas là de réelle incitation à acheter ! 1000 euros par an, pensez-vous que ça permet de créer "une France de propriétaires" ? A la rigueur ça libère du pouvoir d'achat chez les personnes déjà propriétaires de leur logement. Autrement dit ça creuse le fossé entre locataires et propriétaires...

Les finances publiques de la France d'après...dont hériteront nos enfants...

ISF, droits de succession (7 à 10 milliards)
+ Exonération d'impot sur le revenu, de CSG et de charges sociales sur les heures sup (3 à 4,5 milliards)
+ déduction des intérets d'emprunts (1,5 à 2,5 milliards)
= 12 à 15 milliards de cadeaux fiscaux...

Rappelons que le remboursement de la dette (64% de notre PIB) est le deuxième poste de dépenses budgétaires chaque année...et engloutit 40 milliards d'euros qui pourraient être utilisés ailleurs...de manière active et constructive!

Avec Sarkozy, c'est un projet non seulement injuste mais inefficace et extrêmement couteux qui s'annonce. Un coût totalement insupportable pour nos finances publiques.


Le futur de la gauche est là : rebâtir notre projet autour d'une conception saine et responsable de l'économie et des deniers publics, répondre aux questions fondamentales sans tomber ni dans la facilité des slogans, ni dans le suivisme de l'opinion majoritaire.

23.5.07

Le chef de l'Etat, son image, ses caricatures, son sens de la communication. Débat sur Ambidextre.
















































Le temps de Jacques Pilhan, conseiller privilégié de la communication présidentielle et partisan de la parole "rare et solennelle" est bel et bien fini. Avec Sarkozy, que l'on s'en réjouisse ou qu'on le déplore, c'est l'arrivée d'une stratégie de communication neuve et extrêmement efficace. "Un lieu, une image", "dix lieux, dix images".



Comment trouvez-vous cette démarche tout à fait nouvelle en France ?



L'image de l'action vaut-elle action ? Préjuge t-elle de la valeur de l'action réellement menée et de ses résultats ? Quel est le poids de l'image ? Sarkozy chez EADS : on se dit que le problème est réglé. Sarkozy avec Merkel puis Barroso : l'Europe est sortie de l'ornière. Sarkozy reçoit les ONG écologistes : le temps du développement durable est enfin venu.


Les images peuvent-elles finalement faire l'action ? Les images peuvent-elles se substituer à l'action ? Peuvent-elles préparer l'action comme le défend Nicolas Sarkozy ?


Dites nous votre sentiment.

9.5.07

Une certaine idée de la gauche


Critique de livre
Une certaine idée de la gauche (1936-1997), Gilles Martinet, Ed. Odile Jacob, septembre 1997.


« Une lucidité nouvelle »

« La pensée politique est une pensée opérationnelle. Le discours vise moins à la connaissance qu’à l’action. Il demeure, sans doute, essentiel d’appréhender la réalité mais, pour agir il faut aussi la simplifier et donc la déformer. (…) or, dans une situation aussi nouvelle, et incertaine que celle que nous connaissons aujourd’hui, c’est bien de la lucidité dont nous avons le plus besoin. ». Ce discours conserve aujourd’hui une résonance somme toute singulière ; ces mots écrits en 1997, font sens à l’heure de la refondation. Le rapport à la réalité, à l’action, le besoin de lucidité, la part irréductible de rêves, d’émotion ; c’est une certaine idée de la gauche qui se dévoile, et même une haute idée de son message que donne à voir Gilles Martinet. La mémoire du socialisme français narrée sous cette plume alerte, traversée par ce regard averti, c’est à la fois la connaissance fine du passé et l’invitation à y puiser une lucidité nouvelle. Autrement dit, une lecture particulièrement utile par « gros temps », utile pour retrouver un cap.

Le portrait brossé par Gilles Martinet est d’abord celui d’une gauche qui gouverne, d’une confrontation récurrente à l’exercice du pouvoir. Il s’est bien agi, toujours, d’une confrontation, car le passage de la gauche au pouvoir suppose transformation. Il ne peut se faire sans adaptation, sans un travail sur elle-même, sans une part de renoncement parfois, sans un supplément de lucidité souvent. Ces passages au pouvoir ne sont pas des reniements, il y aurait là une facilité de lecture abusive, mais c’est un fait avéré, ils furent l’occasion des plus fortes inflexions. C’est au pouvoir, que la gauche socialiste s’est le plus transformée. C’est à l’exercice des responsabilités, dans l’action, qu’elle s’est à chaque fois révélée. 1936, 1954, 1981, 1984, 1988, 1997, les grandes inclinations doctrinales de la gauche socialiste, c’est en quelque sorte la conduite des affaires qui les a rendues inéluctables.

L’histoire socialiste décrite par Gilles Martinet, c’est la re-visitation d’une histoire faite de « totems » et de tabous, structurés autour d’un mythe originel et atemporel, la révolution. Les « totems » tout d’abord ; ce sont l’antifascisme, le pacifisme, l’anti-libéralisme, l’interventionnisme. Il faut ici entendre par « totems », l’ensemble des repères cognitifs qui ont crée sur le temps long, une culture socialiste partagée et qui, aujourd’hui encore, continuent d’imprimer leurs marques, à des degrés divers, sur le socialisme français. Les tabous ensuite ; ce sont sur des plans différents, selon les époques, le colonialisme, le jacobinisme, le capitalisme et l’Europe. L’ouvrage de Gilles Martinet démontre, expériences gouvernementales et illustrations de réformes à l’appui, dans quelle mesure l’exercice du pouvoir a permis un dépassement des tabous et un questionnement des « totems ». Ce qui pénalise les socialistes, écrit l’ancien secrétaire général de l’Union de la gauche socialiste, « c’est l’absence d’une analyse critique des années où ils étaient au pouvoir ». Or, le pouvoir est une confrontation au réel, une confrontation dont les socialistes n’ont pas à rougir, loin s’en faut, mais dont ils ne savent tirer pleinement avantage. Sans doute, parce que ces années de gouvernement, ils ne veulent « ni les désavouer ni s’en réclamer, sauf pour ce qui est de leur partie sociale : la retraite à soixante ans, la cinquième semaine de congés payés, les lois Auroux ».
L’équation socialiste, la tension entre doxa et praxis a trouvé, dans l’exercice même du pouvoir, à se résoudre sans jamais ou presque se clarifier. En économie par exemple, on a préféré, souvent, « la victoire du pragmatisme bien davantage que celle du modernisme ».
Au final, on le comprend, c’est avec en tête Une certaine idée de la gauche que Gilles Martinet a toujours guidé son action militante, mené les plus grands combats de la gauche. Dans le mouvement communiste, dans la Résistance, à l’Observateur ou au cabinet de Michel Rocard, l’action de Gilles Martinet s’est inscrite dans une longue tradition réformiste autour d’une idée forte, d’une idée directrice : le besoin de modernité, l’attente suscitée, nécessite en contrepartie de la gauche socialiste une réelle aptitude au changement, plus précisément, une capacité à intégrer les changements qui l’entourent. « La pensée politique est une pensée opérationnelle ».

Relire les expériences du Front populaire. S’arrêter sur l’idée de « révolution constructive », sur les travaux des nouveaux saint-simoniens. Revenir sur le rationalisme social de Mendès-France. Comprendre les recherches et les novations de la « nouvelle gauche ». Saisir les tensions traversant le PSU, les « deux cultures » du Parti socialiste. Appréhender la mécanique et le rôle du programme commun. Apprendre finalement beaucoup du comportement de la gauche au pouvoir.
Voilà ce à quoi nous invitait dès 1997 Gilles Martinet avec au cœur, une certaine idée de la gauche. Et l’on se dit alors qu’il est des lectures particulièrement utiles en période de refondation.
Publié dans la News des livres de la Fondation Jean Jaurès, mai 2007.

6.5.07

Comprendre, s'opposer et reconstruire


Bravo à Nicolas Sarkozy,
Sa victoire est nette. Il a gagné la bataille des idées et finalement la bataille démocratique des urnes. J'espère que sa présidence permettra d'améliorer le sort de millions de Français qui ont, à l'occasion de cette présidentielle, manifesté leur goût et leur croyance en la politique.
Pour le Parti socialiste, le travail de reconstruction doit se faire rapidement. Le travail d'opposition, car les législatives ne manqueront pas de confirmer la présidentielle, devra être un vrai travail d'opposition, différente de l'attitude adoptée depuis cinq ans. Une opposition sans concession, combattive, vigilante.
Pour la gauche, c'est une très lourde défaite, stratégique d'abord, idéologique ensuite. Mais la refondation politique se nourrit aussi de défaites.
Le combat pour la justice sociale reste entier.

3.5.07

SARKOZY, LA SUPERCHERIE MADE IN NEUILLY!!


SECURITE :

Le vrai bilan de Nicolas Sarkozy, c’est :
- 432 000 victimes officielles d’agressions en 2005.
- + 30 % d’agressions depuis 2002.
- + 26% pour le nombre de faits de violence à l’école.

- Quand hier 20 000 voitures brûlaient par an, c’était pour Nicolas Sarkozy un échec de la gauche. Avec près de 45 000 voitures brûlées en moyenne chaque année depuis 2002, ce ne serait pas un échec de l’ancien ministre de l’intérieur, mais une réussite personnelle.

- 12 000 policiers agressés en 2006.

- 3 semaines d’émeutes dues à une très mauvaise gestion de la crise de l’automne 2005.

Le bilan de l’ancien ministre de l’Intérieur est particulièrement mauvais et prouve l’incapacité du candidat en matière de sécurité.

Lors du débat, il a ironisé sur le souhait de Ségolène Royal de faire accompagner les policières de nuît jusqu’à chez elles (suite aux viols dernièrement de deux d’entre elles). Pourtant, un dispositif ayant le même objectif pour les femmes travaillant le soir existe déjà à Montréal où les bus les raccompagnent aux pieds de leurs immeubles. En banlieues, les patrouilles du soir peuvent ramener les policières.



NUCLEAIRE :

- Sur l’EPR, Nicolas Sarkozy n’a pas contesté la position de son gouvernement qui est celle de l’avoir imposé sans concertation pour ensuite assurer son lancement par un décret pris quelques jours seulement avant l’élection présidentielle. Ségolène Royal annulera le décret et remettra le dossier sur la table.

- Nicolas Sarkozy, pourtant ancien ministre de l’Intérieur et ministre d’Etat, a été incapable de répondre à la question de Ségolène Royal et ignorait donc qu’il s’agissait de la troisième génération de réacteur.

Ségolène Royal a raison de rappeler que la part du nucléaire représente 17% de l’énergie totale (électricité, gaz, charbon, pétrole, hydraulique, énergies renouvelables) consommée en France (même si elle a fait un lapsus).



RETRAITES :

- Nicolas Sarkozy a fait un mensonge plus gros que lui en prétendant que le financement des retraites était résolu par la Loi Fillon jusqu’en 2008. Le Conseil d’Orientation des Retraites (COR) dit en réalité qu’il manque à peu près 50% du financement, et par ailleurs, qu’un rendez-vous en 2008 sera indispensable pour trouver une solution pour combler le « trou ».

- Ainsi, Nicolas Sarkozy trompe les Français sur la loi Fillon : outre les injustices qu'elle crée, elle ne résoud rien sur le plan financier puisque le besoin de financement des régimes de retraite sera, au minimum, de 0,7% de PIB par an d'ici 2025 selon le COR.

- Nicolas Sarkozy promet ce qu'il ne pourra pas tenir. Il a annoncé hier qu'il augmenterait les petites retraites de 25% en finançant cette mesure par la réforme des régimes spéciaux. Or, cette augmentation coûterait spontanément au moins 10 milliards d'euros. Or, le retour à l’équilibre des régimes spéciaux ne pourra se faire que dans la longue durée, par définition. En outre, le poids de ces régimes est surestimé : 7% des dépenses seulement.

- Sur le Fonds de réserve des retraites, Nicolas Sarkozy ne pouvait pavoiser. Depuis 2002, sa dotation n'a quasiment pas augmenté, se situant à 30 milliards, alors que les Finlandais en sont à 200 milliards... Pour enfin aller de l'avant, Ségolène Royal propose d'abord de relancer la croissance et d'abonder le Fonds grâce aux ressources nouvelles qui en résulteront pour les finances publiques.

Dans ce cadre, prévoir que les profits contribuent davantage semble la moindre des choses (on peut évoquer, pour être plus précis, la contribution sociale sur les bénéfices, voire la taxe sur les contrats d'assurance, prélèvements qui existent aujourd'hui et dont le rendement pourrait être accru sans drame).



35 HEURES :

Nicolas Sarkozy n’a pas répondu : pourquoi ne les a-t-il pas supprimé ? Il a dû reconnaître devant Ségolène Royal, que cela était une formidable avancée sociale.



HEURES SUPPLEMENTAIRES :

- Les deux Lois Fillon permettent déjà largement le recours aux heures supplémentaires, avec un contingent de 220 heures possible. 37% des salariés à temps plein font des heures supplémentaires et ils font 55 heures par an en moyenne. Moins de 40% des salariés à temps plein ont fait une heure supplémentaire en 2006.

- Effectuer des heures supplémentaires, c’est consacrer moins de temps à sa vie familiale et c’est plus de fatigue.

- La mesure de Nicolas Sarkozy coûte au moins 5 milliards d’€ d’après l’étude de Pierre Cahuc et Patrick Artus pour le Conseil d’analyse économique.

- Cette même étude montrait que cette mesure détruirait l’emploi. Une entreprise de 20 personnes détruirait 2 emplois pour faire faire 4 heures supplémentaires aux autres.

- Le « coup de pouce » de Ségolène Royal ne coûte que 180 euros par mois en plus de l’augmentation légale (l’augmentation légale sera au 1er juillet de 3%) pour une entreprise de 10 salariés. Quelle entreprise de 10 salariés ne peut pas payer cette somme ? De plus, cela redistribue le pouvoir d’achat et augmente la consommation.

- Dans quel pays, dans quelle économie, Nicolas Sarkozy a vu que ce sont les salariés qui choisissent leurs horaires de travail ?



IRAN :

- Nicolas Sarkozy n’a toujours pas saisi l’enjeu terrible pour la sécurité du monde. Il n’a pas compris que passer du nucléaire civile au nucléaire militaire est une simple question d’enrichissement d’uranium.

- La position de Ségolène Royal qui est celle de l’AIEA, de l’UE et du Conseil de Sécurité des Nations Unies consiste à dire : pour l’Iran, pas de nucléaire civil tant que l’Etat ne se soumet pas aux contrôles de l’Agence.

Sarkozy, vainqueur du débat

Ségolène Royal a rendu les débat confus en ne répondant jamais aux questions posées.
Elle a manquait cruellement de précisions sur de nombreux sujets face à la clarté de son adversaire. Je pense notamment à la question des retraites ou des finances publiques.
Elle a finalement perdu ses nerfs sur le sujet du handicap alors que rien ne le justifiait.

De son coté Nicolas Sarkozy est apparu calme, courtois, précis et convaincant. La tendance très favorable au candidat de l'UMP dans les sondages devrait se confirmer.

Qu'avez-vous pensé du débat ? Qui, selon vous, en sort vainqueur ?

2.5.07

La social-démocratie à la française est enfin là ! Saisissez-là !

Pour plus d'un Français sur deux, c'est clair : DSK ferait, et de loin, le meilleur Premier ministre. Un avis partagé par les 3/4 des socialistes, 2/3 des centristes et 46% des UMP...

On voit bien que se dessine sous nos yeux ce qui pourrait être l'attente de tous les progressistes modérés, conscients de l'urgence des réformes mais profondément hostile aux discours de brutalité et d'opposition dogmatique.


Qui affirme les valeurs et assure la concorde civile ? La présidente.

Qui conduit les réformes en France ? Le gouvernement

Qui permet de les faire appliquer vraiment ? le Parlement et les partenaires sociaux.


Toutes les garanties d'une vraie phase de réforme et de dialogue constructif sont aujourd'hui réunis. Les centristes et toutes les femmes et hommes de progrès doivent aujourd'hui massivement choisir Ségolène Royal et nous rejoindre dans une vaste majorité présidentielle qui transcende les partis et les clivages.
Pour une Europe qui reparte avec des dirigeants progressistes et des dirigeants européens aussi convaincus que DSK ou Bayrou :
Zapatero, Brown, Royal, Prodi! Voilà l'Europe qu'il nous faut




30.4.07

Rive gauche, rien de nouveau (ou presque)

Dominique Farrugia soutient Nicolas Sarkozy.
Il a tenu ces propos hier à Bercy :

"Je voudrais dire à mes amis de la rive gauche que le diable n'est pas ici. Ici c'est vachement bien".

Malheureusement, il y a peu de chance qu'il soit entendu et nous aurons encore droit aux bétes et méchants "tous sauf sarkozy" demain à Charlety et dans les manifs de l'extrême gauche...

Les traditionnels schémas de la bonne conscience de gauche ont la vie dure... et prouvent une fois de plus que la gauche parisienne et bien pensante est très loin des préoccupations des français et de sa majorité silencieuse.

Chaud devant, tandem social-démocrate gagnant !




Ségolène Royal à propos de DSK :
"C'est un homme talentueux et imaginatif. Il pourrait être un très bon premier ministre (...)"

29.4.07

QUI ?


Qui va remplacer Chirac ?
Qui sera le nouveau président de la République Française ?
Quel sera le score affiché sur les écrans dimanche soir à 20h ?

CONCOURS DE PRONOSTICS SUR AMBIDEXTRE
A vous de jouer !

Un grand élan populaire est en marche

Je reviens de Bercy où a eu lieu le dernier grand meeting parisien de Nicolas Sarkozy.
Il y a prononcé un vrai discours de président. Il énonce clairement sa vision de la France, son ambition pour le grand pays qui est le notre.

Il prone l'ouverture. Sa France est une nation ouverte sur le monde et l'Europe. Il croit en la France et ne craint pas la mondialisation.

Il s'impose comme le candidat des droits de l'homme. Soutenu par André Glucksman, il a la prétention de porter haut le discours de la France contre les conflits en Tchétchénie ou au Darfour. Il connait les sujets et saura les assumer.

Il assume ses choix, contre la Turquie dans l'Europe, pour l'énérgie nucléaire, pour l'immigration choisie, contre les régularisations massives.

Il a l'ambition de réussir. Il dit ce qu'il fera et fera ce qu'il a dit. Son programme sur 5 ans doit mener la France sur une voie inexplorée, au delà des tabous et des conservatismes. Le plein-emploi est possible. La croissance et l'excellence aussi.

Il veut encourager le travail. Il veut récompenser le mérite et redonner tout son sens à la république et à ses valeurs. Il n'y a pas d'égalité sans la suppression des régimes spéciaux de retraites. Il n'y a pas d'égalité de conditions de vie sans sécurité dans les banlieues. Il n'y a pas d'égalité des chances sans service minimum dans les transports pour empécher que les grêves à répétition pénalisent les habitants des périphéries.

Il gouvernera différemment. Une équipe de 15 ministres. La culture des résultats pour les ministres et pour les fonctionnaires de l'Etat. Un Etat moins dépensier. Un gouvernement ouvert sur le centre et à des personnalités de gauche talentueuses et de bonne volonté.

Il porte l'espoir de millions de français qui croient qu'un vrai changement de société est possible.

Moi, le 6 mai, je vote Sarkozy, avec la conviction que c'est un véritable homme d'état. Le seul dans ce duel avec la candidate socialiste !

Vous doutez des chances de succès de Sarkozy ? Essayez-le pendant 5 ans, vous verrez !
En tout cas, faites votre choix ou les autres le feront pour vous...

26.4.07

Le choix

Alors voilà donc le débat du 6 mai posé ; le choix est clair. Deux personnalités relativement neuves et surtout, au-delà des tempéraments, deux projets de société très différents. Merci à ceux qui annonçaient depuis des mois que le clivage droite-gauche avait vécu ! Largement vrai dans l’analyse mais faux dans les urnes ! Ah ah ! On disait cette frontière obsolète, d’aucuns la considéraient comme dépassée, usée, inopérante face aux nouveaux enjeux d’un monde complexe, globalisé faits d’intérêts éclatés et atomisés, et au final, patatras, c’est encore deux visions de la société, de l’homme, de l’économie qui se font face à l’heure du choix. Désormais, ce n’est plus seulement onze candidats qu’on élimine, douze si l’on a fait le choix de s’abstenir ou de voter blanc, mais c’est un président qu’on élit. Dans le meilleur des cas une présidente d'ailleurs.

Je suis de gauche depuis que j’ai intériorisé combien la politique pouvait changer la vie des gens. J’ai toujours cru au levier incroyable, au pouvoir démultiplicateur du politique. Plus précisément au pouvoir démultiplicateur de la volonté politique. Rien n’est plus faux selon moi que le supposé dessaisissement du politique au profit de forces dominantes. C’est une idée qui est au fondement même de mon engagement politique ; la croyance absolue que la décision politique peut à elle seul courber le cours naturel des choses, corriger l’injustice, permettre aux hommes d’être vraiment libres. Les hommes ne naissent pas libres, ils naissent libres et égaux en droit ! La différence n’est pas mince, le « en droit » vient rappeler à qui veut bien l’entendre qu’il a fallu un combat politique pour faire admettre ce qui semble aujourd’hui une évidence tombée des cieux ! La politique peut tout si elle veut tout. Elle seule par exemple, et c’est essentiel, peut permette le miracle du « vivre-ensemble ». Ce n’est pas rien tout de même. Ni le marché, auquel je crois en économie, ni Dieu, auquel chacun est libre de croire ou non, ni la pure force, à laquelle le temps finit tôt ou tard par s’attaquer, ne sauraient rivaliser.
La politique peut tout changer, à la condition de le vouloir. Voilà pour le décor.

Comment choisir le 6 mai ? Je ne pose pas la question avec en tête le sombre dessein de vous influencer. Je veux au moins tenter de poser certains enjeux. C’est immodeste mais je l’assume parfaitement.
D’abord, je crois qu’il faut avoir en tête que derrière un visage, une voix, une gestuelle, un tempérament, un parcours, une façon d’être, il y a une politique. Cette orientation n’est ni neutre pour le pays ni sans conséquence sur nos vies.

Je ne céderai pas à la caricature. J’y ai déjà cédé dans le passé. C’est de bonne guerre. Le combat d’idées a besoin parfois d’un peu d’huile, et le dessin à gros traits s’avère très souvent une tentation facile donc délectable. Je n’y céderai pas ici même si beaucoup à droite comme à gauche s’y complaisent encore.

Je veux ici vous dire que je ne me résous pas à laisser se construire une société que je crois profondément contraire à ce que je suis, à ce que je veux pour mes amis, à ce que je veux pour me parents. Evacuons les questions de personne…Oh et puis juste un mot tout de même !

Je crois que Nicolas Sarkozy est un homme de caractère, doté d’une vraie force de conviction et assuré d’une volonté inébranlable de réussir. Pas de conquérir le pouvoir mais bien de réussir. C’est un gagneur quoi. C’est un impératif pour quiconque aspire à diriger la France. Assurément, Nicolas Sarkozy en à la trempe.
Je crois que Ségolène Royal est une femme d’une pugnacité inouïe, forte d’une foi en sa personne inaltérable et habitée par le sentiment de porter un projet politique neuf, et dans ses objectifs et dans sa méthode. C’est une croyance louable pour celle qui souhaite présider au destin de la France. Assurément, Ségolène Royal en a l’étoffe.

Mais voilà, l’élection, ce n’est pas que ce choix-ci, c’est d’abord pour moi l’adhésion à un projet, à une vision du monde. Je crois moins en les responsables politiques que dans les idées qu’ils portent. Je crois à la force des mots, à leur gravité, à l’impact des lois, aux conséquences directes des décisions politiques sur la vie des simples gens.

Alors quels projets restent en course ?

Prenons trois exemples, au-delà des 2/3 de propositions qui, sans se rejoindre, prennent des directions assez proches.
1. L’emploi. 2. L’Europe. 3. Le développement durable.

Nicolas Sarkozy c’est notamment…
1)
35 h plancher, toutes les heures supplémentaires payées 25 % de plus et non imposées (les rentrées fiscales manquantes seraient compensées par la création d’une TVA sociale, particulièrement injuste pour les revenus les plus modestes qui consacrent une plus grande part de leurs revenus à la consommation)
Mise en place d’un contrat unique sur le modèle du CNE (licenciement sans motif de la part de l’employeur, plus d’argent sur une courte période pour le chômeur)
Un arsenal fiscal touchant d’abord les revenus les plus élevés : suppression des droits sur les successions et donations (seules les 20% de donations et successions les plus hautes font aujourd’hui l’objet d’une imposition)

2)
Un nouveau traité européen (version raccourcie) adopté par voie parlementaire.
Fin des négociations d’adhésion avec la Turquie (ouverte depuis 1963…)

3)
Développement de l’EPR et choix du nucléaire comme énergie prioritaire pour l’avenir.
Pas de n°2 du gouvernement en charge du DD
Mise en place d’une fiscalité écologique en matière de construction et sur l’achat de véhicules propres (TVA à 5,5%)


Ségolène Royal, c’est notamment…

1)
Une Conférence nationale sur la croissance et les salaires réunissant tous les partenaires sociaux pour rediscuter de toute la hiérarchie des salaires (pas seulement le Smic).
Création d’un Revenu de Solidarité Active pour valoriser le travail par rapport aux revenus de l’assistance. Celui qui retrouve un emploi se voit encourage par le versement de ce RSA qui lui permet de bien voir la différence avec la situation de chômage qu’il vivait antérieurement.
Maintien du niveau des prélèvements obligatoires mais baisse du train de vie de l’Etat et notamment du budget de l’Elysée (le réformisme est aussi dans les symboles en politique !)
Abaissement de l’impôt sur les sociétés selon le système du gagnant-gagnant avec les entreprises (moins de charges si plus d’embauches, hausse des salaires ou investissemnt R&D dans les entreprises réalisant des profits).

2)

Un nouveau référendum sera organisé sur un traité européen comprenant des garanties sociales. (Respect strict du parallélisme des formes en droit : un référendum appelant un référendum)
Construction de l’Europe par « la preuve » (accord avec Merkel et Zapatero sur une méthode de relance très pragmatique autour de la valorisation de faits positifs qui feraient l’objet d’une communication particulière et pédagogique en France et en Allemagne)

3)

Création d’un poste de Vice Premier ministre ayant autorité en matière de développement durable quelque soit le dossier abordé : éducation, transport, économie, énergie, etc.
Maintien du nucléaire mais baisse de sa part dans le total du dispositif français au profit des énergies renouvelables avec comme objectif d’atteindre 20% en 2020.
Une fiscalité incitative pour les entreprises jouant la carte écologique.
Moratoire sur les essais d’OGM en plein champ et poursuite des tests en laboratoires.



J’avais deux trois choses à vous dire. Alors voilà. Je n’espère pas vous convaincre car le vote se fonde sur d’obscurs déterminants, qu’un simple texte, pardon qu’un texte simple ne saurait perturber, mais enfin, j’aurais au moins étanché, ne serait-ce qu’un petit peu, ma soif de tout vous dire.

Bon choix.

19.4.07

Pour une France confiante et apaisée !



« Il est dans la nature d’une grande nation de concevoir de grands desseins. Dans le monde d’aujourd’hui, quelle plus haute exigence pour notre pays que de réaliser la nouvelle alliance du socialisme et de la liberté, quelle plus belle ambition que l’offrir au monde de demain ?C’est, en tout cas, l’idée que je m’en fais et la volonté qui me porte, assuré qu’il ne peut y avoir d’ordre et de sécurité là où règnerait l’injustice, gouvernerait l’intolérance. C’est convaincre qui m’importe et non vaincre.
Il n’y a eu qu’un vainqueur le 10 mai 1981, c’est l’espoir. Puisse-t-il devenir la chose deFrance la mieux partagée ! Pour cela j’avancerai sans jamais me lasser sur le chemin du pluralisme, confrontation des différences dans le respect d’autrui. Président de tous les Français, je veux les rassembler pour les grandes causes qui nous attendent et créer en toutes circonstances les conditions d’une véritable communauté nationale. »

18.4.07

5 bonnes raisons de laisser Bayrou dans l'isoloir


A 4 jours de faire votre choix dans le secret de l'isoloir, certains d'entre vous sont tentés par le vote Bayrou.
Vous ne vous ressemblez pas, vous êtes traditionnellement de gauche ou au contraire, fidèles au centre droit et à ses valeurs chrétiennes... en tout cas, vous avez en commun, la tentation du centre. Je ne vous comprends. Voici mes 5 raisons de ne pas voter Bayrou :

1. Il a vendu son âme et celle de ses fidèles. Au placard ses idéaux européens et ses valeurs démocrate-chrétiennes, qui le rendait respectacle dans le paysage politique français. Il a opté dans cette campagne pour un discours Ni-ni, très poujadiste, où la ruralité, la France éternelle des bourgades prend le pas sur les grands enjeux internationaux. On est très loin d'un discours moderne.
2. Il prône le rassemblement mais ne rassemble pas. Il disait vouloir gouverner avec les meilleurs de la droite et de la gauche et a fini sa campagne sur un discours très proche du ni-droite, ni-gauche des extrêmes. Et sur un tel positionnement, il peine à rassembler parmi les plus talentueux du PS ou de l'UMP. Ce n'est pas avec Azouz Begag et le vieux Rocard qu'on gouverne la France.
3. Il n'a pas l'ambition du changement pour la France. Il ne prône aucune rupture car il la craint. Il craint l'affrontement avec les syndicats. Il craint les mesures difficiles. Il rêve une France sans heurt. Mais seulement, la France ne se réformera pas sans courage. Le courage de réformer les régimes spéciaux, de réformer l'assurance chômage, de réformer l'université ou l'emploi dans la fonction publique... Ce n'est pas un homme d'action.
4. C'est un choix par défaut. Si sa côte dans les sondages est si haute, ce n'est pas que son personnage séduise. Ce n'est pas un engouement qu'il incarne mais un rejet, un non-choix entre un Sarkozy dont l'engagement fait craindre les plus consensuels, et Ségolène Royal qui suscite la crainte de l'incompétence. Mais ne pas choisir entre le PS ou l'UMP, c'est signer un chèque en blanc à l'UDF. C'est prendre le risque d'une alliance que vous ne maitriserez plus. Les enjeux de la société française actuellement sont assez clivants pour qu'on puisse se positionner.
5. Il n'a pas les qualités pour gouverner. Il préfére la contestation que la conviction et la décision. Il n'a aucun charisme, ce qui ferait cruellement défaut à un président du XXIe siècle. Il n'a jamais fait preuve de sa compétence, quelles que soient ses fonctions antérieures (et surtout pas en tant que ministre de l'éducation). Il a une profonde méconnaissance de la politique étrangère et de l'économie. Il ne connait pas le monde de l'entreprise. Mais surtout, ce qui est le plus à craindre, c'est son incapacité à s'entourer de gens compétents pour combler ces lacunes.

Alors, dimanche, faites comme moi et laissez Bayrou dans l'isoloir !!

"La France n'a pas à rougir de son histoire. Elle n'a pas commis de génocide. Elle n'a pas inventé la solution finale."

Il est du devoir de toute la blogosphère de se faire l'écho des faits de campagne avérés mais non traités ou insuffisamment médiatisés. Comme plusieurs autres bloggeurs, j'ai décidé de jouer mon rôle d'informateur.

Communautarisme, eugénisme, nationalisme : la droite dure, brutale, menaçante est de retour. Et quand elle parle Europe et histoire, ça fait froid dans le dos. Le moteur franco-allemand, la poignée de main Köhl-Mitterrand (qui me fait pleurer à chaque fois que je vois la vidéo), tout cela est bien loin de l'idéal sarkosyste.



Nicolas Sarkozy, candidat UMP à la présidence de la République française a déclaré en meeting officiel : "(...) la France n'a pas à rougir de son histoire. Elle n'a pas commis de génocide. Elle n'a pas inventé la solution finale".



Je vous fais lire une partie du papier rédigé le 6 avril dans Libé par Daniel Schneidermann.




"Ce sont deux simples phrases, passées inaperçues dans l'emballement de fin de campagne. Deux phrases prononcées la semaine dernière, à Nice, dans un meeting, par Nicolas Sarkozy. Poursuivant son long monologue sur l'immigration et l'identité nationale et développant, Côte d'Azur oblige, les sous-chapitres colonisation et repentance, le candidat a dit : «Je suis de ceux qui pensent que la France n'a pas à rougir de son histoire. Elle n'a pas commis de génocide. Elle n'a pas inventé la solution finale. Elle a inventé les droits de l'homme, et elle est le pays du monde qui s'est le plus battu pour la liberté.» On n'en a pas vu d'images à la télévision, on a seulement lu la citation sur quelques blogs, mais on imagine volontiers Sarkozy prononçant ces phrases. L'air dégagé, observant un silence entre génocide et solution finale pour prolonger son effet, le faire durer en bouche, solliciter l'approbation du public, habité, propulsé par le simple bon sens, ce rappel au simple bon sens, aux choses qu'on a tout de même le droit de dire, n'est-ce pas, parce que si on n'a plus le droit de rappeler des faits élémentaires, de simples faits, alors à quoi bon voter ? Ce n'est tout de même pas la France qui a inventé le génocide et la solution finale. C'est-à-dire : tiens, l'Allemagne, tenez, les Allemands, tiens Angela Merkel, vous n'avez rien demandé, vous ne vous êtes mêlés de rien pendant cette campagne, mais attrapez-la dans les gencives, la solution finale !
Ces phrases ne sont pas seulement insultantes pour les Allemands d'aujourd'hui, et ceux d'hier, qui ont accompli un travail de mémoire tel qu'aucun autre peuple n'en a accompli. Elles sont surtout irresponsables. Sarkozy aspire à devenir Président. Et la parole du Président, c'est la parole de la France. La parole de la France à l'Allemagne, entre 2007 et 2012, consistera-t-elle à renvoyer le partenaire historique à Auschwitz ? Comment imaginer qu'un incendiaire ayant en tête ce genre de réminiscences puisse aller négocier avec la chancelière allemande, sans tabous ni arrière-pensées, avec la sérénité qui sied à deux partenaires quotidiens, par exemple sur la répartition des suppressions de postes à Airbus ?
Mais la question, dans le cadre de cette chronique, est surtout de savoir pourquoi aucun journal, aucune chaîne de télévision n'a fait écho à cette démonstration d'irresponsabilité de Sarkozy, alors que le piégeage de Ségolène Royal par un humoriste, à propos de la souveraineté québécoise, avait eu droit à de longs développements voici quelques semaines. Pourquoi faut-il que ce soient quelques blogs isolés, avec leurs quelques milliers de lecteurs, qui accomplissent ce travail-là ?"











Pour ceux qui veulent voter en conscience, lisez le discours disponible sur le site même de l'UMP:


http://www.u-m-p.org/site/index.php/ump/s_informer/discours/nicolas_sarkozy_a_nice

17.4.07

2 fauteuils sur 12 !


Ambidextre lance le grand jeu du pronostic électoral,
le sport national le plus en vue en ce moment !
Les pronostics portent sur quatre candidats : Ségo, Sarko, Bayrou, Le Pen
J'ouvre le bal (en commentaire), histoire de ne pas me défausser.

11.4.07

Sarkozy le philosophe

A quelques jours du premier tour, Nicolas Sarkozy a, pour la première fois de manière involontaire, provoqué une vive polémique.
Dans un entretien avec Michel Onfray, accordé à la revue Philosophie magazine, le leader de l'UMP donne sa vision de l'homme. On y découvre un regard d'un autre temps, fondé sur une croyance absolue en un déterminisme puissant.
"On naît pédophile" ou "génétiquement, ils [les jeunes qui se suicident] ont une fragilité"...
Ces déclarations révèlent définitivement l'inquiétante personnalité de M. Sarkozy. Il ne s'agit pas d'une bourde, glissée sur le ton de la boutade, ou d'un dérapage lors d'un passage radio mais bien de propos tenus en conscience, relus par son auteur avant publication par le magazine. Qu'on soit de gauche ou de droite, je ne comprends pas qu'on puisse se laisser à de telles déclarations obscurantistes! A quand la remise en cause des théories de l'évolution comme Bush aux Etats-Unis. Sarko, c'est la droite conservatrice dans toute sa splendeur! Ouvrez les yeux : prison pour les mineurs, des idées folles comme la détection de la délinquance dès la maternelle avant trois ans, la supression des droits de sucession, le bouclier fiscal permettant aux plus riches de ne pas payer l'ISF, une franchise pour les frais médicaux, l'instauration d'une TVA sociale, autrement dit l'augmentation de l'impôt le plus injuste pour les revenus modestes... C'est ça la modernité ?
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Nicolas Sarkozy : Je me suis rendu récemment à la prison pour femmes de Rennes. J'ai demandé à rencontrer une détenue qui purgeait une lourde peine. Cette femme-là m'a parue tout à fait normale. Si on lui avait dit dans sa jeunesse qu'un jour, elle tuerait son mari, elle aurait protesté : « Mais ça va pas, non ! » Et pourtant, elle l'a fait.


Michel Onfray : Qu'en concluez-vous ?


N. S. : Que l'être humain peut être dangereux. C'est d'ailleurs pour cette raison que nous avons tant besoin de la culture, de la civilisation. Il n'y a pas d'un côté des individus dangereux et de l'autre des innocents. Non, chaque homme est en lui-même porteur de beaucoup d'innocence et de dangers.


M. O. : Je ne suis pas rousseauiste et ne soutiendrais pas que l'homme est naturellement bon. À mon sens, on ne naît ni bon ni mauvais. On le devient, car ce sont les circonstances qui fabriquent l'homme.


N. S. : Mais que faites-vous de nos choix, de la liberté de chacun ?


M. O. : Je ne leur donnerais pas une importance exagérée. Il y a beaucoup de choses que nous ne choisissons pas. Vous n'avez pas choisi votre sexualité parmi plusieurs formules, par exemple. Un pédophile non plus. Il n'a pas décidé un beau matin, parmi toutes les orientations sexuelles possibles, d'être attiré par les enfants. Pour autant, on ne naît pas homosexuel, ni hétérosexuel, ni pédophile. Je pense que nous sommes façonnés, non pas par nos gènes, mais par notre environnement, par les conditions familiales et socio-historiques dans lesquelles nous évoluons.


N. S. : Je ne suis pas d'accord avec vous. J'inclinerais, pour ma part, à penser qu'on naît pédophile, et c'est d'ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie. Il y a 1200 ou 1300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n'est pas parce que leurs parents s'en sont mal occupés ! Mais parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable. Prenez les fumeurs : certains développent un cancer, d'autres non. Les premiers ont une faiblesse physiologique héréditaire. Les circonstances ne font pas tout, la part de l'inné est immense.
(Extrait de l'entretien accordé à Philosophie Magazine)

6.4.07

Les leçons de 12 ans de chiraquisme seront-elles tirées ?

Cette capacité à droitiser son discours parfois, à être le défenseur des travailleurs en d'autres circonstances, cette impétuosité, ce goût du clan et de l'intimidation, ça ne vous dit rien ?
ça ne vous rappelle personne ?
En quoi Nicolas Sarkozy est-il vraiment neuf, après tant d'années au service du chiraquisme, puis du balladurisme...puis du chiraquisme ? Donnez votre avis sur Ambidextre !

20.3.07

La vérité, c'est beau comme un discours de Sarkozy au Zénih!


"Vous avez de la chance d’être jeunes, parce que la jeunesse c’est la promesse des commencements, des soleils qui se lèvent sur les mondes endormis".





Mon regard sur l'homme de l'amour et de la Nation!

« Depuis des décennies nous laissons dénigrer la nation et la République. Nous nous excusons même d'incarner une identité nationale, républicaine, française. Depuis des décennies nous avons pris l’habitude d’avoir honte de notre histoire et de nos valeurs ».

Fidèle aux thèses de Max Gallo et d’Alain Finkelkraut dont j’ai lu en partie le « Qu’est-ce que la France ? », Sarkozy développe l’idée que notre identité nationale ne saurait être forgée sur les bases d’une repentance perpétuelle. Je partage en partie cette analyse. Les Français d’aujourd’hui n’ont pas à s’auto flageller pour des crimes commis par d’autres et en d’autres époques.
Il reste qu’on ne peut pas balayer d’un simple revers de main la question de la place de la mémoire dans l’identité nationale française. Lorsque Chirac reconnaît le rôle actif de l’Etat français dans la déportation des juifs, affaiblit-il pour autant notre identité nationale ? Certainement pas ! Je crois qu’à l’instar de l’Allemagne, il faut savoir reconnaître les erreurs commises, parfois même s’excuser, assumer collectivement, nationalement, ses crimes, pour construire une identité solide et fédératrice. Tôt ou tard, la France devra dire sa responsabilité en Algérie et reconnaître ses erreurs. L’excuse sur le mode « le contexte n’était pas le même », « l’Algérie était un département français » ou « mais il y avait les terroristes du FLN en face » doit cesser au plus vite. Ce serait faire un acte de re-fondation fort pour l’identité nationale. Car c’est un peu facile de prétendre que la nation est « l’âme » française et prétexter que les périodes sombres de notre histoire, ne sont que des parenthèses...


« Quand on prive une partie de la jeunesse de l’accès aux grandes œuvres de l’esprit en prétendant qu’elle n’est pas capable de faire l’effort nécessaire pour les comprendre, que c’est trop compliqué pour elle et que cela ne lui sert à rien, quand on refuse d’enseigner Antigone au fils d’ouvrier ou à l’enfant d’immigré, on ne fait pas la politique qui permet à chacun de conquérir l’estime de lui-même, on fait la politique du nivellement, de l'égalitarisme, de l'assistanat ».

La distance entre les beaux discours écrits par le chiraquien Henri Guaino et la réalité de la majorité UMP est parfois vertigineuse ! Pour rappel, le 31 mars 2006 (c’est pas vieux !), une loi sur l’apprentissage junior donne la possibilité de sortir un élève du système scolaire…DES 14 ANS !!!

Toutes les sorties de Sarkozy depuis 4 ans cherchent à créer de la « violence symbolique », à choquer ou à diviser. Qu’on soit pour ou qu’on soit contre, il faut être conscient d’une chose : un candidat qui ne peut plus se rendre dans certains quartiers de son propre territoire, un candidat qui ne parle qu’à la France qui « se lève tôt », à la « vraie France », qui finit par lier immigration et identité nationale (Notons que Simone Weil a pris soin de prendre ses distances immédiatement)…ce candidat-là, pardon de le dire chère main droite, mais il est très mal engagé sur le chemin de la Présidence d’amour et des rassemblement.

Sarkozy, c’est une politique anxiogène.
C’est une politique du verbe fort et de l’action inefficace.
C’est la politique de la caméra et du micro. La politique du JT de 20h. Cette politique qui n’a comme seule ambition…les gros titres de la presse du soir.
Il suffit de jeter un coup d’œil dans le rétroviseur et de regarder les 5 ans écoulés. Le bilan de la majorité UMP est-il bon ? Dîtes-vous bien si Sarko est élue, ce seront les mêmes pendant cinq ans à l’Assemblée nationale.

A-t-on retrouvé le chemin de la croissance économique alors que tous nos voisins sont repartis dans un cycle positif depuis plusieurs années ? Où sont les effets de cette fameuse croissance internationale qui suffisait à justifier la croissance de 3-4 % des années Jospin ? Sur le plan social, la résorption des inégalités a-t-elle été au moins tentée ? On a construit du logement, je vous l’accorde, mais des actions fortes ont-elles été parallèlement menées par exemple contre les ventes à la découpe ou pour le respect de la loi SRU ? A part l’apprentissage à 14 ans, le socle des connaissances, et le dernier décret de De Robien, quels ont été les grandes réformes en matière d’éducation nationale ?!

Le bilan des années Chirac/Sarkozy (qui ont d’ailleurs la même plume, Henri Guaino !) est très largement celui de l’échec économique et social.
Qui peut encore se laisser berner par l’argument : mais je ferai mieux dans « la France d’après… ». Ou encore « j’ai changé ». Ou encore « je veux rassembler tous les Français » après avoir le feux aux banlieues par un manque de contrôle évident et un usage irresponsable de la parole publique.
Désolé mais la ficelle est un peu grosse…