23.5.07

Le chef de l'Etat, son image, ses caricatures, son sens de la communication. Débat sur Ambidextre.
















































Le temps de Jacques Pilhan, conseiller privilégié de la communication présidentielle et partisan de la parole "rare et solennelle" est bel et bien fini. Avec Sarkozy, que l'on s'en réjouisse ou qu'on le déplore, c'est l'arrivée d'une stratégie de communication neuve et extrêmement efficace. "Un lieu, une image", "dix lieux, dix images".



Comment trouvez-vous cette démarche tout à fait nouvelle en France ?



L'image de l'action vaut-elle action ? Préjuge t-elle de la valeur de l'action réellement menée et de ses résultats ? Quel est le poids de l'image ? Sarkozy chez EADS : on se dit que le problème est réglé. Sarkozy avec Merkel puis Barroso : l'Europe est sortie de l'ornière. Sarkozy reçoit les ONG écologistes : le temps du développement durable est enfin venu.


Les images peuvent-elles finalement faire l'action ? Les images peuvent-elles se substituer à l'action ? Peuvent-elles préparer l'action comme le défend Nicolas Sarkozy ?


Dites nous votre sentiment.

9.5.07

Une certaine idée de la gauche


Critique de livre
Une certaine idée de la gauche (1936-1997), Gilles Martinet, Ed. Odile Jacob, septembre 1997.


« Une lucidité nouvelle »

« La pensée politique est une pensée opérationnelle. Le discours vise moins à la connaissance qu’à l’action. Il demeure, sans doute, essentiel d’appréhender la réalité mais, pour agir il faut aussi la simplifier et donc la déformer. (…) or, dans une situation aussi nouvelle, et incertaine que celle que nous connaissons aujourd’hui, c’est bien de la lucidité dont nous avons le plus besoin. ». Ce discours conserve aujourd’hui une résonance somme toute singulière ; ces mots écrits en 1997, font sens à l’heure de la refondation. Le rapport à la réalité, à l’action, le besoin de lucidité, la part irréductible de rêves, d’émotion ; c’est une certaine idée de la gauche qui se dévoile, et même une haute idée de son message que donne à voir Gilles Martinet. La mémoire du socialisme français narrée sous cette plume alerte, traversée par ce regard averti, c’est à la fois la connaissance fine du passé et l’invitation à y puiser une lucidité nouvelle. Autrement dit, une lecture particulièrement utile par « gros temps », utile pour retrouver un cap.

Le portrait brossé par Gilles Martinet est d’abord celui d’une gauche qui gouverne, d’une confrontation récurrente à l’exercice du pouvoir. Il s’est bien agi, toujours, d’une confrontation, car le passage de la gauche au pouvoir suppose transformation. Il ne peut se faire sans adaptation, sans un travail sur elle-même, sans une part de renoncement parfois, sans un supplément de lucidité souvent. Ces passages au pouvoir ne sont pas des reniements, il y aurait là une facilité de lecture abusive, mais c’est un fait avéré, ils furent l’occasion des plus fortes inflexions. C’est au pouvoir, que la gauche socialiste s’est le plus transformée. C’est à l’exercice des responsabilités, dans l’action, qu’elle s’est à chaque fois révélée. 1936, 1954, 1981, 1984, 1988, 1997, les grandes inclinations doctrinales de la gauche socialiste, c’est en quelque sorte la conduite des affaires qui les a rendues inéluctables.

L’histoire socialiste décrite par Gilles Martinet, c’est la re-visitation d’une histoire faite de « totems » et de tabous, structurés autour d’un mythe originel et atemporel, la révolution. Les « totems » tout d’abord ; ce sont l’antifascisme, le pacifisme, l’anti-libéralisme, l’interventionnisme. Il faut ici entendre par « totems », l’ensemble des repères cognitifs qui ont crée sur le temps long, une culture socialiste partagée et qui, aujourd’hui encore, continuent d’imprimer leurs marques, à des degrés divers, sur le socialisme français. Les tabous ensuite ; ce sont sur des plans différents, selon les époques, le colonialisme, le jacobinisme, le capitalisme et l’Europe. L’ouvrage de Gilles Martinet démontre, expériences gouvernementales et illustrations de réformes à l’appui, dans quelle mesure l’exercice du pouvoir a permis un dépassement des tabous et un questionnement des « totems ». Ce qui pénalise les socialistes, écrit l’ancien secrétaire général de l’Union de la gauche socialiste, « c’est l’absence d’une analyse critique des années où ils étaient au pouvoir ». Or, le pouvoir est une confrontation au réel, une confrontation dont les socialistes n’ont pas à rougir, loin s’en faut, mais dont ils ne savent tirer pleinement avantage. Sans doute, parce que ces années de gouvernement, ils ne veulent « ni les désavouer ni s’en réclamer, sauf pour ce qui est de leur partie sociale : la retraite à soixante ans, la cinquième semaine de congés payés, les lois Auroux ».
L’équation socialiste, la tension entre doxa et praxis a trouvé, dans l’exercice même du pouvoir, à se résoudre sans jamais ou presque se clarifier. En économie par exemple, on a préféré, souvent, « la victoire du pragmatisme bien davantage que celle du modernisme ».
Au final, on le comprend, c’est avec en tête Une certaine idée de la gauche que Gilles Martinet a toujours guidé son action militante, mené les plus grands combats de la gauche. Dans le mouvement communiste, dans la Résistance, à l’Observateur ou au cabinet de Michel Rocard, l’action de Gilles Martinet s’est inscrite dans une longue tradition réformiste autour d’une idée forte, d’une idée directrice : le besoin de modernité, l’attente suscitée, nécessite en contrepartie de la gauche socialiste une réelle aptitude au changement, plus précisément, une capacité à intégrer les changements qui l’entourent. « La pensée politique est une pensée opérationnelle ».

Relire les expériences du Front populaire. S’arrêter sur l’idée de « révolution constructive », sur les travaux des nouveaux saint-simoniens. Revenir sur le rationalisme social de Mendès-France. Comprendre les recherches et les novations de la « nouvelle gauche ». Saisir les tensions traversant le PSU, les « deux cultures » du Parti socialiste. Appréhender la mécanique et le rôle du programme commun. Apprendre finalement beaucoup du comportement de la gauche au pouvoir.
Voilà ce à quoi nous invitait dès 1997 Gilles Martinet avec au cœur, une certaine idée de la gauche. Et l’on se dit alors qu’il est des lectures particulièrement utiles en période de refondation.
Publié dans la News des livres de la Fondation Jean Jaurès, mai 2007.

6.5.07

Comprendre, s'opposer et reconstruire


Bravo à Nicolas Sarkozy,
Sa victoire est nette. Il a gagné la bataille des idées et finalement la bataille démocratique des urnes. J'espère que sa présidence permettra d'améliorer le sort de millions de Français qui ont, à l'occasion de cette présidentielle, manifesté leur goût et leur croyance en la politique.
Pour le Parti socialiste, le travail de reconstruction doit se faire rapidement. Le travail d'opposition, car les législatives ne manqueront pas de confirmer la présidentielle, devra être un vrai travail d'opposition, différente de l'attitude adoptée depuis cinq ans. Une opposition sans concession, combattive, vigilante.
Pour la gauche, c'est une très lourde défaite, stratégique d'abord, idéologique ensuite. Mais la refondation politique se nourrit aussi de défaites.
Le combat pour la justice sociale reste entier.

3.5.07

SARKOZY, LA SUPERCHERIE MADE IN NEUILLY!!


SECURITE :

Le vrai bilan de Nicolas Sarkozy, c’est :
- 432 000 victimes officielles d’agressions en 2005.
- + 30 % d’agressions depuis 2002.
- + 26% pour le nombre de faits de violence à l’école.

- Quand hier 20 000 voitures brûlaient par an, c’était pour Nicolas Sarkozy un échec de la gauche. Avec près de 45 000 voitures brûlées en moyenne chaque année depuis 2002, ce ne serait pas un échec de l’ancien ministre de l’intérieur, mais une réussite personnelle.

- 12 000 policiers agressés en 2006.

- 3 semaines d’émeutes dues à une très mauvaise gestion de la crise de l’automne 2005.

Le bilan de l’ancien ministre de l’Intérieur est particulièrement mauvais et prouve l’incapacité du candidat en matière de sécurité.

Lors du débat, il a ironisé sur le souhait de Ségolène Royal de faire accompagner les policières de nuît jusqu’à chez elles (suite aux viols dernièrement de deux d’entre elles). Pourtant, un dispositif ayant le même objectif pour les femmes travaillant le soir existe déjà à Montréal où les bus les raccompagnent aux pieds de leurs immeubles. En banlieues, les patrouilles du soir peuvent ramener les policières.



NUCLEAIRE :

- Sur l’EPR, Nicolas Sarkozy n’a pas contesté la position de son gouvernement qui est celle de l’avoir imposé sans concertation pour ensuite assurer son lancement par un décret pris quelques jours seulement avant l’élection présidentielle. Ségolène Royal annulera le décret et remettra le dossier sur la table.

- Nicolas Sarkozy, pourtant ancien ministre de l’Intérieur et ministre d’Etat, a été incapable de répondre à la question de Ségolène Royal et ignorait donc qu’il s’agissait de la troisième génération de réacteur.

Ségolène Royal a raison de rappeler que la part du nucléaire représente 17% de l’énergie totale (électricité, gaz, charbon, pétrole, hydraulique, énergies renouvelables) consommée en France (même si elle a fait un lapsus).



RETRAITES :

- Nicolas Sarkozy a fait un mensonge plus gros que lui en prétendant que le financement des retraites était résolu par la Loi Fillon jusqu’en 2008. Le Conseil d’Orientation des Retraites (COR) dit en réalité qu’il manque à peu près 50% du financement, et par ailleurs, qu’un rendez-vous en 2008 sera indispensable pour trouver une solution pour combler le « trou ».

- Ainsi, Nicolas Sarkozy trompe les Français sur la loi Fillon : outre les injustices qu'elle crée, elle ne résoud rien sur le plan financier puisque le besoin de financement des régimes de retraite sera, au minimum, de 0,7% de PIB par an d'ici 2025 selon le COR.

- Nicolas Sarkozy promet ce qu'il ne pourra pas tenir. Il a annoncé hier qu'il augmenterait les petites retraites de 25% en finançant cette mesure par la réforme des régimes spéciaux. Or, cette augmentation coûterait spontanément au moins 10 milliards d'euros. Or, le retour à l’équilibre des régimes spéciaux ne pourra se faire que dans la longue durée, par définition. En outre, le poids de ces régimes est surestimé : 7% des dépenses seulement.

- Sur le Fonds de réserve des retraites, Nicolas Sarkozy ne pouvait pavoiser. Depuis 2002, sa dotation n'a quasiment pas augmenté, se situant à 30 milliards, alors que les Finlandais en sont à 200 milliards... Pour enfin aller de l'avant, Ségolène Royal propose d'abord de relancer la croissance et d'abonder le Fonds grâce aux ressources nouvelles qui en résulteront pour les finances publiques.

Dans ce cadre, prévoir que les profits contribuent davantage semble la moindre des choses (on peut évoquer, pour être plus précis, la contribution sociale sur les bénéfices, voire la taxe sur les contrats d'assurance, prélèvements qui existent aujourd'hui et dont le rendement pourrait être accru sans drame).



35 HEURES :

Nicolas Sarkozy n’a pas répondu : pourquoi ne les a-t-il pas supprimé ? Il a dû reconnaître devant Ségolène Royal, que cela était une formidable avancée sociale.



HEURES SUPPLEMENTAIRES :

- Les deux Lois Fillon permettent déjà largement le recours aux heures supplémentaires, avec un contingent de 220 heures possible. 37% des salariés à temps plein font des heures supplémentaires et ils font 55 heures par an en moyenne. Moins de 40% des salariés à temps plein ont fait une heure supplémentaire en 2006.

- Effectuer des heures supplémentaires, c’est consacrer moins de temps à sa vie familiale et c’est plus de fatigue.

- La mesure de Nicolas Sarkozy coûte au moins 5 milliards d’€ d’après l’étude de Pierre Cahuc et Patrick Artus pour le Conseil d’analyse économique.

- Cette même étude montrait que cette mesure détruirait l’emploi. Une entreprise de 20 personnes détruirait 2 emplois pour faire faire 4 heures supplémentaires aux autres.

- Le « coup de pouce » de Ségolène Royal ne coûte que 180 euros par mois en plus de l’augmentation légale (l’augmentation légale sera au 1er juillet de 3%) pour une entreprise de 10 salariés. Quelle entreprise de 10 salariés ne peut pas payer cette somme ? De plus, cela redistribue le pouvoir d’achat et augmente la consommation.

- Dans quel pays, dans quelle économie, Nicolas Sarkozy a vu que ce sont les salariés qui choisissent leurs horaires de travail ?



IRAN :

- Nicolas Sarkozy n’a toujours pas saisi l’enjeu terrible pour la sécurité du monde. Il n’a pas compris que passer du nucléaire civile au nucléaire militaire est une simple question d’enrichissement d’uranium.

- La position de Ségolène Royal qui est celle de l’AIEA, de l’UE et du Conseil de Sécurité des Nations Unies consiste à dire : pour l’Iran, pas de nucléaire civil tant que l’Etat ne se soumet pas aux contrôles de l’Agence.

Sarkozy, vainqueur du débat

Ségolène Royal a rendu les débat confus en ne répondant jamais aux questions posées.
Elle a manquait cruellement de précisions sur de nombreux sujets face à la clarté de son adversaire. Je pense notamment à la question des retraites ou des finances publiques.
Elle a finalement perdu ses nerfs sur le sujet du handicap alors que rien ne le justifiait.

De son coté Nicolas Sarkozy est apparu calme, courtois, précis et convaincant. La tendance très favorable au candidat de l'UMP dans les sondages devrait se confirmer.

Qu'avez-vous pensé du débat ? Qui, selon vous, en sort vainqueur ?

2.5.07

La social-démocratie à la française est enfin là ! Saisissez-là !

Pour plus d'un Français sur deux, c'est clair : DSK ferait, et de loin, le meilleur Premier ministre. Un avis partagé par les 3/4 des socialistes, 2/3 des centristes et 46% des UMP...

On voit bien que se dessine sous nos yeux ce qui pourrait être l'attente de tous les progressistes modérés, conscients de l'urgence des réformes mais profondément hostile aux discours de brutalité et d'opposition dogmatique.


Qui affirme les valeurs et assure la concorde civile ? La présidente.

Qui conduit les réformes en France ? Le gouvernement

Qui permet de les faire appliquer vraiment ? le Parlement et les partenaires sociaux.


Toutes les garanties d'une vraie phase de réforme et de dialogue constructif sont aujourd'hui réunis. Les centristes et toutes les femmes et hommes de progrès doivent aujourd'hui massivement choisir Ségolène Royal et nous rejoindre dans une vaste majorité présidentielle qui transcende les partis et les clivages.
Pour une Europe qui reparte avec des dirigeants progressistes et des dirigeants européens aussi convaincus que DSK ou Bayrou :
Zapatero, Brown, Royal, Prodi! Voilà l'Europe qu'il nous faut




30.4.07

Rive gauche, rien de nouveau (ou presque)

Dominique Farrugia soutient Nicolas Sarkozy.
Il a tenu ces propos hier à Bercy :

"Je voudrais dire à mes amis de la rive gauche que le diable n'est pas ici. Ici c'est vachement bien".

Malheureusement, il y a peu de chance qu'il soit entendu et nous aurons encore droit aux bétes et méchants "tous sauf sarkozy" demain à Charlety et dans les manifs de l'extrême gauche...

Les traditionnels schémas de la bonne conscience de gauche ont la vie dure... et prouvent une fois de plus que la gauche parisienne et bien pensante est très loin des préoccupations des français et de sa majorité silencieuse.

Chaud devant, tandem social-démocrate gagnant !




Ségolène Royal à propos de DSK :
"C'est un homme talentueux et imaginatif. Il pourrait être un très bon premier ministre (...)"

29.4.07

QUI ?


Qui va remplacer Chirac ?
Qui sera le nouveau président de la République Française ?
Quel sera le score affiché sur les écrans dimanche soir à 20h ?

CONCOURS DE PRONOSTICS SUR AMBIDEXTRE
A vous de jouer !

Un grand élan populaire est en marche

Je reviens de Bercy où a eu lieu le dernier grand meeting parisien de Nicolas Sarkozy.
Il y a prononcé un vrai discours de président. Il énonce clairement sa vision de la France, son ambition pour le grand pays qui est le notre.

Il prone l'ouverture. Sa France est une nation ouverte sur le monde et l'Europe. Il croit en la France et ne craint pas la mondialisation.

Il s'impose comme le candidat des droits de l'homme. Soutenu par André Glucksman, il a la prétention de porter haut le discours de la France contre les conflits en Tchétchénie ou au Darfour. Il connait les sujets et saura les assumer.

Il assume ses choix, contre la Turquie dans l'Europe, pour l'énérgie nucléaire, pour l'immigration choisie, contre les régularisations massives.

Il a l'ambition de réussir. Il dit ce qu'il fera et fera ce qu'il a dit. Son programme sur 5 ans doit mener la France sur une voie inexplorée, au delà des tabous et des conservatismes. Le plein-emploi est possible. La croissance et l'excellence aussi.

Il veut encourager le travail. Il veut récompenser le mérite et redonner tout son sens à la république et à ses valeurs. Il n'y a pas d'égalité sans la suppression des régimes spéciaux de retraites. Il n'y a pas d'égalité de conditions de vie sans sécurité dans les banlieues. Il n'y a pas d'égalité des chances sans service minimum dans les transports pour empécher que les grêves à répétition pénalisent les habitants des périphéries.

Il gouvernera différemment. Une équipe de 15 ministres. La culture des résultats pour les ministres et pour les fonctionnaires de l'Etat. Un Etat moins dépensier. Un gouvernement ouvert sur le centre et à des personnalités de gauche talentueuses et de bonne volonté.

Il porte l'espoir de millions de français qui croient qu'un vrai changement de société est possible.

Moi, le 6 mai, je vote Sarkozy, avec la conviction que c'est un véritable homme d'état. Le seul dans ce duel avec la candidate socialiste !

Vous doutez des chances de succès de Sarkozy ? Essayez-le pendant 5 ans, vous verrez !
En tout cas, faites votre choix ou les autres le feront pour vous...

26.4.07

Le choix

Alors voilà donc le débat du 6 mai posé ; le choix est clair. Deux personnalités relativement neuves et surtout, au-delà des tempéraments, deux projets de société très différents. Merci à ceux qui annonçaient depuis des mois que le clivage droite-gauche avait vécu ! Largement vrai dans l’analyse mais faux dans les urnes ! Ah ah ! On disait cette frontière obsolète, d’aucuns la considéraient comme dépassée, usée, inopérante face aux nouveaux enjeux d’un monde complexe, globalisé faits d’intérêts éclatés et atomisés, et au final, patatras, c’est encore deux visions de la société, de l’homme, de l’économie qui se font face à l’heure du choix. Désormais, ce n’est plus seulement onze candidats qu’on élimine, douze si l’on a fait le choix de s’abstenir ou de voter blanc, mais c’est un président qu’on élit. Dans le meilleur des cas une présidente d'ailleurs.

Je suis de gauche depuis que j’ai intériorisé combien la politique pouvait changer la vie des gens. J’ai toujours cru au levier incroyable, au pouvoir démultiplicateur du politique. Plus précisément au pouvoir démultiplicateur de la volonté politique. Rien n’est plus faux selon moi que le supposé dessaisissement du politique au profit de forces dominantes. C’est une idée qui est au fondement même de mon engagement politique ; la croyance absolue que la décision politique peut à elle seul courber le cours naturel des choses, corriger l’injustice, permettre aux hommes d’être vraiment libres. Les hommes ne naissent pas libres, ils naissent libres et égaux en droit ! La différence n’est pas mince, le « en droit » vient rappeler à qui veut bien l’entendre qu’il a fallu un combat politique pour faire admettre ce qui semble aujourd’hui une évidence tombée des cieux ! La politique peut tout si elle veut tout. Elle seule par exemple, et c’est essentiel, peut permette le miracle du « vivre-ensemble ». Ce n’est pas rien tout de même. Ni le marché, auquel je crois en économie, ni Dieu, auquel chacun est libre de croire ou non, ni la pure force, à laquelle le temps finit tôt ou tard par s’attaquer, ne sauraient rivaliser.
La politique peut tout changer, à la condition de le vouloir. Voilà pour le décor.

Comment choisir le 6 mai ? Je ne pose pas la question avec en tête le sombre dessein de vous influencer. Je veux au moins tenter de poser certains enjeux. C’est immodeste mais je l’assume parfaitement.
D’abord, je crois qu’il faut avoir en tête que derrière un visage, une voix, une gestuelle, un tempérament, un parcours, une façon d’être, il y a une politique. Cette orientation n’est ni neutre pour le pays ni sans conséquence sur nos vies.

Je ne céderai pas à la caricature. J’y ai déjà cédé dans le passé. C’est de bonne guerre. Le combat d’idées a besoin parfois d’un peu d’huile, et le dessin à gros traits s’avère très souvent une tentation facile donc délectable. Je n’y céderai pas ici même si beaucoup à droite comme à gauche s’y complaisent encore.

Je veux ici vous dire que je ne me résous pas à laisser se construire une société que je crois profondément contraire à ce que je suis, à ce que je veux pour mes amis, à ce que je veux pour me parents. Evacuons les questions de personne…Oh et puis juste un mot tout de même !

Je crois que Nicolas Sarkozy est un homme de caractère, doté d’une vraie force de conviction et assuré d’une volonté inébranlable de réussir. Pas de conquérir le pouvoir mais bien de réussir. C’est un gagneur quoi. C’est un impératif pour quiconque aspire à diriger la France. Assurément, Nicolas Sarkozy en à la trempe.
Je crois que Ségolène Royal est une femme d’une pugnacité inouïe, forte d’une foi en sa personne inaltérable et habitée par le sentiment de porter un projet politique neuf, et dans ses objectifs et dans sa méthode. C’est une croyance louable pour celle qui souhaite présider au destin de la France. Assurément, Ségolène Royal en a l’étoffe.

Mais voilà, l’élection, ce n’est pas que ce choix-ci, c’est d’abord pour moi l’adhésion à un projet, à une vision du monde. Je crois moins en les responsables politiques que dans les idées qu’ils portent. Je crois à la force des mots, à leur gravité, à l’impact des lois, aux conséquences directes des décisions politiques sur la vie des simples gens.

Alors quels projets restent en course ?

Prenons trois exemples, au-delà des 2/3 de propositions qui, sans se rejoindre, prennent des directions assez proches.
1. L’emploi. 2. L’Europe. 3. Le développement durable.

Nicolas Sarkozy c’est notamment…
1)
35 h plancher, toutes les heures supplémentaires payées 25 % de plus et non imposées (les rentrées fiscales manquantes seraient compensées par la création d’une TVA sociale, particulièrement injuste pour les revenus les plus modestes qui consacrent une plus grande part de leurs revenus à la consommation)
Mise en place d’un contrat unique sur le modèle du CNE (licenciement sans motif de la part de l’employeur, plus d’argent sur une courte période pour le chômeur)
Un arsenal fiscal touchant d’abord les revenus les plus élevés : suppression des droits sur les successions et donations (seules les 20% de donations et successions les plus hautes font aujourd’hui l’objet d’une imposition)

2)
Un nouveau traité européen (version raccourcie) adopté par voie parlementaire.
Fin des négociations d’adhésion avec la Turquie (ouverte depuis 1963…)

3)
Développement de l’EPR et choix du nucléaire comme énergie prioritaire pour l’avenir.
Pas de n°2 du gouvernement en charge du DD
Mise en place d’une fiscalité écologique en matière de construction et sur l’achat de véhicules propres (TVA à 5,5%)


Ségolène Royal, c’est notamment…

1)
Une Conférence nationale sur la croissance et les salaires réunissant tous les partenaires sociaux pour rediscuter de toute la hiérarchie des salaires (pas seulement le Smic).
Création d’un Revenu de Solidarité Active pour valoriser le travail par rapport aux revenus de l’assistance. Celui qui retrouve un emploi se voit encourage par le versement de ce RSA qui lui permet de bien voir la différence avec la situation de chômage qu’il vivait antérieurement.
Maintien du niveau des prélèvements obligatoires mais baisse du train de vie de l’Etat et notamment du budget de l’Elysée (le réformisme est aussi dans les symboles en politique !)
Abaissement de l’impôt sur les sociétés selon le système du gagnant-gagnant avec les entreprises (moins de charges si plus d’embauches, hausse des salaires ou investissemnt R&D dans les entreprises réalisant des profits).

2)

Un nouveau référendum sera organisé sur un traité européen comprenant des garanties sociales. (Respect strict du parallélisme des formes en droit : un référendum appelant un référendum)
Construction de l’Europe par « la preuve » (accord avec Merkel et Zapatero sur une méthode de relance très pragmatique autour de la valorisation de faits positifs qui feraient l’objet d’une communication particulière et pédagogique en France et en Allemagne)

3)

Création d’un poste de Vice Premier ministre ayant autorité en matière de développement durable quelque soit le dossier abordé : éducation, transport, économie, énergie, etc.
Maintien du nucléaire mais baisse de sa part dans le total du dispositif français au profit des énergies renouvelables avec comme objectif d’atteindre 20% en 2020.
Une fiscalité incitative pour les entreprises jouant la carte écologique.
Moratoire sur les essais d’OGM en plein champ et poursuite des tests en laboratoires.



J’avais deux trois choses à vous dire. Alors voilà. Je n’espère pas vous convaincre car le vote se fonde sur d’obscurs déterminants, qu’un simple texte, pardon qu’un texte simple ne saurait perturber, mais enfin, j’aurais au moins étanché, ne serait-ce qu’un petit peu, ma soif de tout vous dire.

Bon choix.

19.4.07

Pour une France confiante et apaisée !



« Il est dans la nature d’une grande nation de concevoir de grands desseins. Dans le monde d’aujourd’hui, quelle plus haute exigence pour notre pays que de réaliser la nouvelle alliance du socialisme et de la liberté, quelle plus belle ambition que l’offrir au monde de demain ?C’est, en tout cas, l’idée que je m’en fais et la volonté qui me porte, assuré qu’il ne peut y avoir d’ordre et de sécurité là où règnerait l’injustice, gouvernerait l’intolérance. C’est convaincre qui m’importe et non vaincre.
Il n’y a eu qu’un vainqueur le 10 mai 1981, c’est l’espoir. Puisse-t-il devenir la chose deFrance la mieux partagée ! Pour cela j’avancerai sans jamais me lasser sur le chemin du pluralisme, confrontation des différences dans le respect d’autrui. Président de tous les Français, je veux les rassembler pour les grandes causes qui nous attendent et créer en toutes circonstances les conditions d’une véritable communauté nationale. »

18.4.07

5 bonnes raisons de laisser Bayrou dans l'isoloir


A 4 jours de faire votre choix dans le secret de l'isoloir, certains d'entre vous sont tentés par le vote Bayrou.
Vous ne vous ressemblez pas, vous êtes traditionnellement de gauche ou au contraire, fidèles au centre droit et à ses valeurs chrétiennes... en tout cas, vous avez en commun, la tentation du centre. Je ne vous comprends. Voici mes 5 raisons de ne pas voter Bayrou :

1. Il a vendu son âme et celle de ses fidèles. Au placard ses idéaux européens et ses valeurs démocrate-chrétiennes, qui le rendait respectacle dans le paysage politique français. Il a opté dans cette campagne pour un discours Ni-ni, très poujadiste, où la ruralité, la France éternelle des bourgades prend le pas sur les grands enjeux internationaux. On est très loin d'un discours moderne.
2. Il prône le rassemblement mais ne rassemble pas. Il disait vouloir gouverner avec les meilleurs de la droite et de la gauche et a fini sa campagne sur un discours très proche du ni-droite, ni-gauche des extrêmes. Et sur un tel positionnement, il peine à rassembler parmi les plus talentueux du PS ou de l'UMP. Ce n'est pas avec Azouz Begag et le vieux Rocard qu'on gouverne la France.
3. Il n'a pas l'ambition du changement pour la France. Il ne prône aucune rupture car il la craint. Il craint l'affrontement avec les syndicats. Il craint les mesures difficiles. Il rêve une France sans heurt. Mais seulement, la France ne se réformera pas sans courage. Le courage de réformer les régimes spéciaux, de réformer l'assurance chômage, de réformer l'université ou l'emploi dans la fonction publique... Ce n'est pas un homme d'action.
4. C'est un choix par défaut. Si sa côte dans les sondages est si haute, ce n'est pas que son personnage séduise. Ce n'est pas un engouement qu'il incarne mais un rejet, un non-choix entre un Sarkozy dont l'engagement fait craindre les plus consensuels, et Ségolène Royal qui suscite la crainte de l'incompétence. Mais ne pas choisir entre le PS ou l'UMP, c'est signer un chèque en blanc à l'UDF. C'est prendre le risque d'une alliance que vous ne maitriserez plus. Les enjeux de la société française actuellement sont assez clivants pour qu'on puisse se positionner.
5. Il n'a pas les qualités pour gouverner. Il préfére la contestation que la conviction et la décision. Il n'a aucun charisme, ce qui ferait cruellement défaut à un président du XXIe siècle. Il n'a jamais fait preuve de sa compétence, quelles que soient ses fonctions antérieures (et surtout pas en tant que ministre de l'éducation). Il a une profonde méconnaissance de la politique étrangère et de l'économie. Il ne connait pas le monde de l'entreprise. Mais surtout, ce qui est le plus à craindre, c'est son incapacité à s'entourer de gens compétents pour combler ces lacunes.

Alors, dimanche, faites comme moi et laissez Bayrou dans l'isoloir !!

"La France n'a pas à rougir de son histoire. Elle n'a pas commis de génocide. Elle n'a pas inventé la solution finale."

Il est du devoir de toute la blogosphère de se faire l'écho des faits de campagne avérés mais non traités ou insuffisamment médiatisés. Comme plusieurs autres bloggeurs, j'ai décidé de jouer mon rôle d'informateur.

Communautarisme, eugénisme, nationalisme : la droite dure, brutale, menaçante est de retour. Et quand elle parle Europe et histoire, ça fait froid dans le dos. Le moteur franco-allemand, la poignée de main Köhl-Mitterrand (qui me fait pleurer à chaque fois que je vois la vidéo), tout cela est bien loin de l'idéal sarkosyste.



Nicolas Sarkozy, candidat UMP à la présidence de la République française a déclaré en meeting officiel : "(...) la France n'a pas à rougir de son histoire. Elle n'a pas commis de génocide. Elle n'a pas inventé la solution finale".



Je vous fais lire une partie du papier rédigé le 6 avril dans Libé par Daniel Schneidermann.




"Ce sont deux simples phrases, passées inaperçues dans l'emballement de fin de campagne. Deux phrases prononcées la semaine dernière, à Nice, dans un meeting, par Nicolas Sarkozy. Poursuivant son long monologue sur l'immigration et l'identité nationale et développant, Côte d'Azur oblige, les sous-chapitres colonisation et repentance, le candidat a dit : «Je suis de ceux qui pensent que la France n'a pas à rougir de son histoire. Elle n'a pas commis de génocide. Elle n'a pas inventé la solution finale. Elle a inventé les droits de l'homme, et elle est le pays du monde qui s'est le plus battu pour la liberté.» On n'en a pas vu d'images à la télévision, on a seulement lu la citation sur quelques blogs, mais on imagine volontiers Sarkozy prononçant ces phrases. L'air dégagé, observant un silence entre génocide et solution finale pour prolonger son effet, le faire durer en bouche, solliciter l'approbation du public, habité, propulsé par le simple bon sens, ce rappel au simple bon sens, aux choses qu'on a tout de même le droit de dire, n'est-ce pas, parce que si on n'a plus le droit de rappeler des faits élémentaires, de simples faits, alors à quoi bon voter ? Ce n'est tout de même pas la France qui a inventé le génocide et la solution finale. C'est-à-dire : tiens, l'Allemagne, tenez, les Allemands, tiens Angela Merkel, vous n'avez rien demandé, vous ne vous êtes mêlés de rien pendant cette campagne, mais attrapez-la dans les gencives, la solution finale !
Ces phrases ne sont pas seulement insultantes pour les Allemands d'aujourd'hui, et ceux d'hier, qui ont accompli un travail de mémoire tel qu'aucun autre peuple n'en a accompli. Elles sont surtout irresponsables. Sarkozy aspire à devenir Président. Et la parole du Président, c'est la parole de la France. La parole de la France à l'Allemagne, entre 2007 et 2012, consistera-t-elle à renvoyer le partenaire historique à Auschwitz ? Comment imaginer qu'un incendiaire ayant en tête ce genre de réminiscences puisse aller négocier avec la chancelière allemande, sans tabous ni arrière-pensées, avec la sérénité qui sied à deux partenaires quotidiens, par exemple sur la répartition des suppressions de postes à Airbus ?
Mais la question, dans le cadre de cette chronique, est surtout de savoir pourquoi aucun journal, aucune chaîne de télévision n'a fait écho à cette démonstration d'irresponsabilité de Sarkozy, alors que le piégeage de Ségolène Royal par un humoriste, à propos de la souveraineté québécoise, avait eu droit à de longs développements voici quelques semaines. Pourquoi faut-il que ce soient quelques blogs isolés, avec leurs quelques milliers de lecteurs, qui accomplissent ce travail-là ?"











Pour ceux qui veulent voter en conscience, lisez le discours disponible sur le site même de l'UMP:


http://www.u-m-p.org/site/index.php/ump/s_informer/discours/nicolas_sarkozy_a_nice

17.4.07

2 fauteuils sur 12 !


Ambidextre lance le grand jeu du pronostic électoral,
le sport national le plus en vue en ce moment !
Les pronostics portent sur quatre candidats : Ségo, Sarko, Bayrou, Le Pen
J'ouvre le bal (en commentaire), histoire de ne pas me défausser.

11.4.07

Sarkozy le philosophe

A quelques jours du premier tour, Nicolas Sarkozy a, pour la première fois de manière involontaire, provoqué une vive polémique.
Dans un entretien avec Michel Onfray, accordé à la revue Philosophie magazine, le leader de l'UMP donne sa vision de l'homme. On y découvre un regard d'un autre temps, fondé sur une croyance absolue en un déterminisme puissant.
"On naît pédophile" ou "génétiquement, ils [les jeunes qui se suicident] ont une fragilité"...
Ces déclarations révèlent définitivement l'inquiétante personnalité de M. Sarkozy. Il ne s'agit pas d'une bourde, glissée sur le ton de la boutade, ou d'un dérapage lors d'un passage radio mais bien de propos tenus en conscience, relus par son auteur avant publication par le magazine. Qu'on soit de gauche ou de droite, je ne comprends pas qu'on puisse se laisser à de telles déclarations obscurantistes! A quand la remise en cause des théories de l'évolution comme Bush aux Etats-Unis. Sarko, c'est la droite conservatrice dans toute sa splendeur! Ouvrez les yeux : prison pour les mineurs, des idées folles comme la détection de la délinquance dès la maternelle avant trois ans, la supression des droits de sucession, le bouclier fiscal permettant aux plus riches de ne pas payer l'ISF, une franchise pour les frais médicaux, l'instauration d'une TVA sociale, autrement dit l'augmentation de l'impôt le plus injuste pour les revenus modestes... C'est ça la modernité ?
*****************************
Nicolas Sarkozy : Je me suis rendu récemment à la prison pour femmes de Rennes. J'ai demandé à rencontrer une détenue qui purgeait une lourde peine. Cette femme-là m'a parue tout à fait normale. Si on lui avait dit dans sa jeunesse qu'un jour, elle tuerait son mari, elle aurait protesté : « Mais ça va pas, non ! » Et pourtant, elle l'a fait.


Michel Onfray : Qu'en concluez-vous ?


N. S. : Que l'être humain peut être dangereux. C'est d'ailleurs pour cette raison que nous avons tant besoin de la culture, de la civilisation. Il n'y a pas d'un côté des individus dangereux et de l'autre des innocents. Non, chaque homme est en lui-même porteur de beaucoup d'innocence et de dangers.


M. O. : Je ne suis pas rousseauiste et ne soutiendrais pas que l'homme est naturellement bon. À mon sens, on ne naît ni bon ni mauvais. On le devient, car ce sont les circonstances qui fabriquent l'homme.


N. S. : Mais que faites-vous de nos choix, de la liberté de chacun ?


M. O. : Je ne leur donnerais pas une importance exagérée. Il y a beaucoup de choses que nous ne choisissons pas. Vous n'avez pas choisi votre sexualité parmi plusieurs formules, par exemple. Un pédophile non plus. Il n'a pas décidé un beau matin, parmi toutes les orientations sexuelles possibles, d'être attiré par les enfants. Pour autant, on ne naît pas homosexuel, ni hétérosexuel, ni pédophile. Je pense que nous sommes façonnés, non pas par nos gènes, mais par notre environnement, par les conditions familiales et socio-historiques dans lesquelles nous évoluons.


N. S. : Je ne suis pas d'accord avec vous. J'inclinerais, pour ma part, à penser qu'on naît pédophile, et c'est d'ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie. Il y a 1200 ou 1300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n'est pas parce que leurs parents s'en sont mal occupés ! Mais parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable. Prenez les fumeurs : certains développent un cancer, d'autres non. Les premiers ont une faiblesse physiologique héréditaire. Les circonstances ne font pas tout, la part de l'inné est immense.
(Extrait de l'entretien accordé à Philosophie Magazine)

6.4.07

Les leçons de 12 ans de chiraquisme seront-elles tirées ?

Cette capacité à droitiser son discours parfois, à être le défenseur des travailleurs en d'autres circonstances, cette impétuosité, ce goût du clan et de l'intimidation, ça ne vous dit rien ?
ça ne vous rappelle personne ?
En quoi Nicolas Sarkozy est-il vraiment neuf, après tant d'années au service du chiraquisme, puis du balladurisme...puis du chiraquisme ? Donnez votre avis sur Ambidextre !

20.3.07

La vérité, c'est beau comme un discours de Sarkozy au Zénih!


"Vous avez de la chance d’être jeunes, parce que la jeunesse c’est la promesse des commencements, des soleils qui se lèvent sur les mondes endormis".





Mon regard sur l'homme de l'amour et de la Nation!

« Depuis des décennies nous laissons dénigrer la nation et la République. Nous nous excusons même d'incarner une identité nationale, républicaine, française. Depuis des décennies nous avons pris l’habitude d’avoir honte de notre histoire et de nos valeurs ».

Fidèle aux thèses de Max Gallo et d’Alain Finkelkraut dont j’ai lu en partie le « Qu’est-ce que la France ? », Sarkozy développe l’idée que notre identité nationale ne saurait être forgée sur les bases d’une repentance perpétuelle. Je partage en partie cette analyse. Les Français d’aujourd’hui n’ont pas à s’auto flageller pour des crimes commis par d’autres et en d’autres époques.
Il reste qu’on ne peut pas balayer d’un simple revers de main la question de la place de la mémoire dans l’identité nationale française. Lorsque Chirac reconnaît le rôle actif de l’Etat français dans la déportation des juifs, affaiblit-il pour autant notre identité nationale ? Certainement pas ! Je crois qu’à l’instar de l’Allemagne, il faut savoir reconnaître les erreurs commises, parfois même s’excuser, assumer collectivement, nationalement, ses crimes, pour construire une identité solide et fédératrice. Tôt ou tard, la France devra dire sa responsabilité en Algérie et reconnaître ses erreurs. L’excuse sur le mode « le contexte n’était pas le même », « l’Algérie était un département français » ou « mais il y avait les terroristes du FLN en face » doit cesser au plus vite. Ce serait faire un acte de re-fondation fort pour l’identité nationale. Car c’est un peu facile de prétendre que la nation est « l’âme » française et prétexter que les périodes sombres de notre histoire, ne sont que des parenthèses...


« Quand on prive une partie de la jeunesse de l’accès aux grandes œuvres de l’esprit en prétendant qu’elle n’est pas capable de faire l’effort nécessaire pour les comprendre, que c’est trop compliqué pour elle et que cela ne lui sert à rien, quand on refuse d’enseigner Antigone au fils d’ouvrier ou à l’enfant d’immigré, on ne fait pas la politique qui permet à chacun de conquérir l’estime de lui-même, on fait la politique du nivellement, de l'égalitarisme, de l'assistanat ».

La distance entre les beaux discours écrits par le chiraquien Henri Guaino et la réalité de la majorité UMP est parfois vertigineuse ! Pour rappel, le 31 mars 2006 (c’est pas vieux !), une loi sur l’apprentissage junior donne la possibilité de sortir un élève du système scolaire…DES 14 ANS !!!

Toutes les sorties de Sarkozy depuis 4 ans cherchent à créer de la « violence symbolique », à choquer ou à diviser. Qu’on soit pour ou qu’on soit contre, il faut être conscient d’une chose : un candidat qui ne peut plus se rendre dans certains quartiers de son propre territoire, un candidat qui ne parle qu’à la France qui « se lève tôt », à la « vraie France », qui finit par lier immigration et identité nationale (Notons que Simone Weil a pris soin de prendre ses distances immédiatement)…ce candidat-là, pardon de le dire chère main droite, mais il est très mal engagé sur le chemin de la Présidence d’amour et des rassemblement.

Sarkozy, c’est une politique anxiogène.
C’est une politique du verbe fort et de l’action inefficace.
C’est la politique de la caméra et du micro. La politique du JT de 20h. Cette politique qui n’a comme seule ambition…les gros titres de la presse du soir.
Il suffit de jeter un coup d’œil dans le rétroviseur et de regarder les 5 ans écoulés. Le bilan de la majorité UMP est-il bon ? Dîtes-vous bien si Sarko est élue, ce seront les mêmes pendant cinq ans à l’Assemblée nationale.

A-t-on retrouvé le chemin de la croissance économique alors que tous nos voisins sont repartis dans un cycle positif depuis plusieurs années ? Où sont les effets de cette fameuse croissance internationale qui suffisait à justifier la croissance de 3-4 % des années Jospin ? Sur le plan social, la résorption des inégalités a-t-elle été au moins tentée ? On a construit du logement, je vous l’accorde, mais des actions fortes ont-elles été parallèlement menées par exemple contre les ventes à la découpe ou pour le respect de la loi SRU ? A part l’apprentissage à 14 ans, le socle des connaissances, et le dernier décret de De Robien, quels ont été les grandes réformes en matière d’éducation nationale ?!

Le bilan des années Chirac/Sarkozy (qui ont d’ailleurs la même plume, Henri Guaino !) est très largement celui de l’échec économique et social.
Qui peut encore se laisser berner par l’argument : mais je ferai mieux dans « la France d’après… ». Ou encore « j’ai changé ». Ou encore « je veux rassembler tous les Français » après avoir le feux aux banlieues par un manque de contrôle évident et un usage irresponsable de la parole publique.
Désolé mais la ficelle est un peu grosse…

19.3.07

Le vrai Sarkozy (loin des clichés et des a priori)

La main gauche d'Ambidextre vous a presenté une vision érronée du discours de Nicolas Sarkozy à la jeunesse, dimanche 18 mars au Zénith de Paris.
Rien dans son discours instaurait une opposition entres les français ou les jeunes. Au contraire, Nicolas Sarkozy a une nouvelle fois prononcé un discours d'amour, de tolérance et d'ambition, nourrie de valeurs affirmées haut et fort et incontestablement républicaines et humanistes.

En voici de longs extraits, plus fidèles à la tonalité générale du discours (disponible sur www.u-m-p.org). La main droite y était pour vous :

"Le drame de la jeunesse française depuis quarante ans, le vôtre par conséquent mais aussi celui de vos aînés et celui de ma génération, c’est qu’au lieu de lui apprendre à aimer on le lui a désappris. Entre la glorification de l’instinct et la montée de l’utilitarisme, on a étouffé cette alliance du sentiment et de la raison qui était l’essence même de la civilisation et de la culture.

(...) Depuis des décennies nous n’apprenons pas à aimer nous apprenons à détester. La mode est à la détestation de soi, à la détestation de la famille, de la nation, de la société, de la culture, de la civilisation, à la détestation de l’Occident, de la religion, de la morale, de l’intelligence, à la détestation du devoir, du travail, de l’excellence, de la réussite … Je déteste cette détestation systématique!

(...) En finir avec la détestation de soi par où commence toujours la haine de l’autre, voilà par quoi doit commencer une politique de l’Homme et de la civilisation pour le XXIème siècle.

Donner à chaque homme le sentiment de sa propre dignité, tel devrait être le but de toute politique. Voici pourquoi je veux parler à tous les Français et tous les rassembler parce que tous, à mes yeux, ont un rôle à jouer, une utilité sociale, une valeur qui leur est propre. Dans mon esprit, il ne peut y avoir de demi-mesure : respecter l'homme c'est respecter chaque homme sans exception. Permettre qu’en toute circonstance chacun garde l’estime de lui-même, voilà ma conception de la politique. Quand on prive une partie de la jeunesse de l’accès aux grandes œuvres de l’esprit en prétendant qu’elle n’est pas capable de faire l’effort nécessaire pour les comprendre, que c’est trop compliqué pour elle et que cela ne lui sert à rien, quand on refuse d’enseigner Antigone au fils d’ouvrier ou à l’enfant d’immigré, on ne fait pas la politique qui permet à chacun de conquérir l’estime de lui-même, on fait la politique du nivellement, de l'égalitarisme, de l'assistanat.

(...) Quand chaque jeune Français sera enfermé dans le monde clos de son langage et de sa pensée, incapable de communiquer avec les autres, d’échanger, de partager des projets et des rêves, alors le grand rêve d’une République universelle et fraternelle qui est le grand rêve de la France laissera la place au communautarisme et aux tribus. C’est-à-dire à une société où chacun n’aime que celui qui lui ressemble, celui qui a la même couleur de peau, la même origine, la même religion. Je veux lutter contre cette dérive. Je le dis clairement. Si je suis Président de la République je combattrai le communautarisme parce que c'est la négation de la République. Je le combattrai en défendant la promotion d'une culture commune : celle de la France avec son identité, ses valeurs, ses convictions. Depuis des décennies nous laissons dénigrer la nation et la République. Nous nous excusons même d'incarner une identité nationale, républicaine, française. Depuis des décennies nous avons pris l’habitude d’avoir honte de notre histoire et de nos valeurs."

On est loin des caricatures qu"en font la gauche. Avec Nicolas Sarkozy, on a affaire à un homme complexe, profondément républicain et humaniste, qui croit en l'homme, en la France et à qu'il honore d'ambitions élevées. Il ne sépare jamais de son esprit les notions de sécurité et de droit, ou celles de mérité et d'égalité des chances.
Certains ont du mal à l'admettre mais Nicolas Sarkozy est bien le candidat le plus à même à rassembler les francçais autour d'une ambition commune ( et non seulement autour d'une peur ou d'un désarroi). Sa rupture qu'il prône peut interpeller mais elle va s'imposer tant elle est légitime.

La vraie France contre les voyous...

"La France de toutes les couleurs et de toutes les religions c’est la France qui rêve d’emploi, d’école, d’intégration, de promotion sociale. Ce n’est pas la minorité qui brûle les voitures, qui agresse les gens et qui tend des embuscades aux forces de l'ordre qu’elle veut éloigner pour pouvoir mieux se livrer à ses trafics.La France de la diversité qui veut étudier, travailler, s’intégrer ne réclamer rien d’autre que l’égalité des chances.Cette France je veux lui dire que la fraternité c’est d’abord pour elle que je veux la remettre au cœur de la République. Cette France-là qui est la vraie France, la France de toujours, celle de l’effort, du mérite et de la tolérance, elle ne supporte plus les voyous qui lui empoisonnent la vie, elle veut vivre dans la paix, la tranquillité, la dignité."
Des propositions ? aucune. Et le pire diagnostic qui soit : les jeunes paumés de banlieue, délinquants pour certains, brûleurs de voitures, ne seraient pas la France. C'est précisément PARCE QU'ILS SONT AUSSI LA FRANCE QU'IL FAUT S'ADRESSER A EUX.
Qui peut croire à cette vision conservatrice de la société, à cette vision héritée de la vieille droite sécuritaire française : il y les petites gens honnêtes qui travaillent et de l'autre la minorité violente qui n'est pas la France ! La vision offerte par Sarkozy, mâtinée d'appel à la faternité, de leçons d'amour, gratinée de quelques grandes envolées hypocrites et fausses reprenant Guy Mocquet le résistant de la premire heure, me dégoûte. Car perce toujours derrière quelques mots et tournures bien sentis, capables d'émoustiller la jeune neuilléenne de 17 ans, une vision manichéenne et dangeureuse de la société française. Sarkozy ne rassemblera autrement que sur la peur et une vision anxieuse de l'identité nationale.
Pensez-vous sincèrement que Sarko sera le Président de tous les Français quand discours après discours ils persévèrent à monter des Français contre d'autres ?
Dur dur de quitter le costume de premier policier de France.
Plus la campagne avance, et plus Ségolène Royal, avec toutes ses lacunes, avec toutes se imperfections, offre le visage positif, rassurant et fédérateur d'une Présidence HUMAINE.
Le choix sera clair le 22 avril :
Ségo pour le progrès économique et le souffle d'air frais institutionnel, Sarko pour la violence économique et la fracture nationale.

16.3.07

C'était la France debout.

Lucie AUBRAC est morte à 94 ans , au soir d'une vie d'une intensité rare. D'une vie où elle a accepté de se mettre en danger. C'était une femme dans la Résistance. La chose n'est pas banale. Femme et résistante.
D'autres femmes, peu à vrai dire, ont fait partie de ces ombres qui préservèrent jusqu'au bout l'honneur de la France. C'est vrai, il y en a eu peu, mais comme Lucie Aubrac, elles ont agi à un niveau de responsabilité élevé, pris des risques majeurs au jour le jour.
Marie-Madeleine Fourcade, par exemple, chef du réseau Alliance, Bertie Albrecht, alter ego d'Henry Fresnay à la tête du très puissant mouvement Combat... l'histoire de femmes françaises dans une France malmenée.
Lucie Aubrac, elle, a, sitôt atteint l'âge de la retraite, occupé son temps libre à témoigner sur son action de résistante. Sa personnalité extraordinaire, son rôle assumé de passeuse de mémoire auprès des plus jeunes générations font aujourd'hui qu'elle occupe une place à part dans le coeur des Français.
Pour toutes et tous, Lucie Aubrac, c'est à jamais la France debout.

13.3.07

Des parrainages à Le Pen au ministère de l’identité nationale !


La politique est aussi affaire de choix des mots. En liant ouvertement, immigration et identité nationale, Sarkozy accrédite l’idée « d’une dilution de l’âme française » provoquée par l’immigration. Comment comprendre autrement la création de ce futur ministère de la « bonne gueule française » !
Le Parti socialiste a eu ses tords en matière d’immigration mais les mots de Sarkozy, l’amalgame qu’il ose faire, sont inacceptables. C’est inexcusable. L’immobilisme sur ce sujet, a en grande partie, nourri les extrêmes. C’est vrai. Mais cela n’autorise pas de la part de la droite républicaine un aussi dangereux raccourci.
C’est la démonstration que, pour récupérer l’électorat extrêmiste, Nicolas Sarkozy est prêt à tous les amalgames. C’est un danger pour la France, pour ce qu’elle représente de valeurs humanistes et solidaires. Il y a un fossé entre d’un côté la volonté de lutter contre les régularisations massives, contre les filières de clandestins, et de l’autre assimiler immigration et identité nationale.

Voilà un bel appel du pied au FN et le retour des « affinités électives » FN/RPR ! La droite républicaine est-elle résolue à assumer ces dérapages pour séduire un électorat "égaré à l’extrême droite".

L'électorat frontiste, ce sont des gens comme les autres. Ok. Peut-être faudrit-il tout de même affirmer haut et fort un moment qu'une majorité d'entre eux ne partagent pas des idées comme les autres !

11.3.07

Coup de Barre, grosse fatigue

Les propos tenus par l'ancien premier ministre Raymond Barre, dans un interview à France Culture sont profondément choquants.
Pour rappel, il a défendu Maurice Papon de façon virulente. Je cite : "il n'avait rien fait de contraire à sa responsabilité de grand commis de l'Etat." Il s'est permis d'ajouter : "on ne démissionne que lorsqu'il s'agit d'un intérêt national majeur" et de préciser que l'ordre de rafler les enfants juifs pour les charger dans les camps de la mort ne justifiait pas de démissionner car : "il fallait faire fonctionner la France."

Il a également, dans la même interview, rappelé sa sympathie pour Bruno Gollnisch.
Il ajoute enfin une touche nauséabonde d'antisémitisme en dénonçant le lobby juif dans des circonstances que je vous laisse découvrir sous la plume de Bernard-Henri Levy dans son bloc-notes du Point (p122, n°1799 du 8 mars 2007). Un article édifiant qui commente dans le détail cette interview scandaleuse.

On ne peut pas laisser dire des choses pareils sans en tirer les conclusions qui s'imposent. Je souhaite que l'UMP, par l'intermédiaire de son président, Nicolas Sarkozy, prononce l'exclusion de l'ancien premier ministre et candidat à la présidence de la République, pour avoir prononcé des propos incompatibles avec les idéaux républicains défendus par le premier parti de France.

J'espère que je serai entendu.

7.3.07

Etatisme, jacobinisme et modernité…à vous de voir.

J’ai décidé de prendre Sarko et Ségo aux mots. Intéressant de constater que la modernité n’est pas toujours dans le camp de celui qui la revendique le plus fort.
De mon point de vue, Ségolène Royal démontre et affirme au fil des semaines une certaine constance dans ses prises de position et dessine les contours assez clairs de sa future présidence. A l’inverse, Sarkozy souhaite tellement changé qu’il brouille le projet qu’il entend proposer aux Français. Il est un peu partout et nulle part vraiment.
Sur l’Etat, sa réforme et la volonté de promouvoir la décentralisation, Royal a un temps d’avance sur Sarkozy. Rien d’étonnant quand on sait que la décentralisation, cette réforme majeure de notre organisation administrative, s’est faite d’abord et surtout grâce à la volonté farouche de la gauche (les grandes lois Deferre), face au jacobinisme de droite.
Alors avant de se réfugier dans l'idéologique ou dans l'anathème, sur le mode « la gauche, l’étatisme, le goût de la dépense inutile… » ou "la droite, anti-étatiste, ultra-libérale...", jetons un œil sur les discours et comparons. Histoire de nuancer. Chiche?


Discours de Cormeilles-en-Parisis (Val d’Oise) 6/03/2007
« [L'Etat] C’est ce par quoi la société peut échapper à la tyrannie du court terme et à la myopie des marchés. »

« L’Etat c’est la seule force opposable aux marchés.
C’est la seule force opposable à toutes les fatalités.
C’est ce par quoi la destinée commune devient une réalité concrète.
C’est ce par quoi la politique peut s’inscrire dans la durée.
C’est ce par quoi la société peut échapper à la tyrannie du court terme et à la myopie des marchés.
C’est le contrepoids à la seule loi du profit.
C’est la seule digue contre les dérives d'une économie de prédateurs, de spéculateurs, de fraudeurs.
C’est la mutualisation des risques.

(…) Entre la décentralisation, l’Europe et la mondialisation, la crise de l’Etat et la crise de la nation se nourrissent l’une l’autre.
On ne résoudra pas cette crise en abaissant l’Etat.
On ne résoudra pas cette crise en prenant acte de l’impuissance publique et en organisant l’Etat minimum.
Je ne crois pas à la doctrine de l’Etat minimum. Je ne crois pas à la doctrine du laissez-faire. Je ne crois pas qu’en France l’Etat puisse être réduit à un rôle secondaire. Je ne crois pas que la nation puisse conserver son unité avec un Etat faible.
Je ne crois pas que la république puisse continuer d’exister sans un Etat fort.
Je ne crois pas que le capitalisme puisse survivre si le marché est tout et l’Etat rien.
Je ne crois pas à la démocratie d’opinion qui prétend opposer la société à l’Etat.

Discours de Villepinte 12/02/2007
« Donner un coup de jeune à cet Etat colbertiste, jacobin, centralisé à l’excès »


« Les Français, je l'ai également compris, aspirent à voir l'État réformer profondément sa gestion pour dégager des économies et donc des marges d'action.
(…) Nous devons agir, nous avons des structures centrales qui sont devenues beaucoup trop lourdes, nous avons trop de ministères qui, en dix ans, ont changé huit fois de périmètres et donc de dénomination, avec toutes les dépenses inutiles, toutes les pertes d'efficacité et tous les gaspillages que cela entraîne.

Il faudra réformer tout cela, alléger le poids de nos administrations et les mettre au service des citoyens. Il faudra soulager les administrations centrales qui s'épuisent à gérer des personnels répartis sur le territoire et les crédits de toutes sortes. Oui, il faut en finir avec cette lourdeur de l'État central qui engendre plus de textes législatifs ou réglementaires, bien souvent illisibles et inutiles.

(…) J'ai la passion du service public, je sais que les Français sont habités par la même passion. Je sais que les fonctionnaires aujourd'hui malmenés ont une conception exigeante de leur mission, c'est pourquoi cette réforme de l'État et des structures administratives, nous leur devons d'abord à eux, aux agents publics, et nous le devons à tous les usagers, et nous le devons parce que c'est là aussi que nous retrouverons des marges de manœuvre et des moyens de productivité et d'efficacité pour le pays.

Oui, ensemble, nous allons donner un coup de jeune à cet État colbertiste, jacobin, centralisé à l'excès, croulant sous le poids des bureaucraties inutiles. Ensemble, nous allons mettre l'État à l'heure de ce désir d'autonomie, de responsabilité civique et de liberté que j'ai senti monter d'un bout à l'autre de la France. »

6.3.07

Vive l'impôt !

Levez les tabous sur l'impôt et en finir avec une logique fiscale unique... et inique!
J'ai lu "Vive l'impôt !", de Liêm Hoang Ngoc, Délégué national du PS en charge de l'économie. Derrière le titre provocateur, principalement destiné à faire pousser des cris d'orfraies aux jeunes commerciaux "collets montés" de l'UMP, j'y ai vu l'occasion de puiser quelques réflexions alternatives en matière d'impôt. Quelques pistes permettant de repenser ce pilier fondateur de la citoyenneté et d'en saisir toute l'utilité sociale.
Rappel précieux en la période : l'impôt, aussi, fait la nation.
Cette critique est également publiée dans la News des livres (n°76, mars 2007) de la Fondation Jean Jaurès.

"
Première page, premiers mots. Le ton est donné. « Deux siècles après la Restauration de 1815, les conquêtes de la révolution française sont à nouveau menacées ». L’entrée en matière est incisive et le lecteur prévenu. Qu’on se le dise, Liêm Hoang-Ngoc est résolu à en finir avec la logique du cens pour redonner à l’impôt tout son sens !

Aux paradigmes dominants, aux partisans nombreux du moins d’impôt, il oppose une approche citoyenne et solidaire de la fiscalité. Il rappelle à ceux qui veulent bien l’entendre, qu’à l’instar du vote, l’impôt est un attribut essentiel de la citoyenneté.

Il n’est pas qu’un choix de pure technique mais révèle une vision du monde. Derrière les questions d’assiette, de taux, ou de rendement, derrière la question inaudible du chiffre, de sa complexité, ce sont des choix politiques décisifs qui s’opèrent. L’impôt, c’est la mise en chiffres d’une ambition politique ! Rendre la société et donc l’impôt plus justes, voilà toute l’ambition de la gauche. Cela suppose de réinventer l’impôt, de le rétablir dans son utilité sociale. Ni plus ni moins.

Le propos est construit en deux temps. Raisonnement par la négative d’abord. Propositions et réponses aux sceptiques ensuite.

En revenant d’emblée sur les « théories de l’offre », sur les tentatives déçues de ses plus ardents précepteurs, c’est finalement le lien entre baisses d’impôts et croissance économique que Liêm Hoang Ngoc parvient à démonter. Il s’attaque ainsi avec succès à la vulgate néolibérale, à un discours installé, érigé depuis maintenant quelques années en indépassable horizon. L’impôt serait un frein à la liberté d’entreprendre, une entrave dans le contexte de concurrence fiscale, une ponction préjudiciable et coûteuse en économie ouverte. Dire cela ne doit plus soulever de questionnement et relève désormais pour beaucoup du registre simple de l’évidence.

La conversion de la droite française à ce discours, d’une partie de la gauche aussi, n’a pas pour autant permis de créer une dynamique économique vertueuse. Elle a même contribué, selon l’auteur, à maintenir la croissance française dans une situation d’atonie durable. Le pacte de stabilité, symbole de cette politique de courte vue, compromettrait les possibilités de croissance future, en comprimant notamment un certain nombre de dépenses d’avenir liées à la recherche. L’économie se serait en fait figée. Ce que nous dit Liêm Hoang Ngoc, c’est qu’il y a là un choix de société assumé. On redistribue moins, on fige en l’état et on assure la survivance des inégalités les plus criantes. Bref, c’est la Restauration !

Petit détour historique par un grand renversement de l’histoire… Liêm Hoang-Ngoc nous balade. Et il y a quelque chose de plaisant dans cette balade. Et même pour tout dire d’utile. On se rappelle par exemple que l’impôt est un excellent révélateur, qu’on peut lire à travers lui l’état d’une société, comprendre ses valeurs et ses ambitions collectives. Pour l’auteur, la période que nous traversons serait donc celle du retour aux vieilles antiennes, aux logiques d’Ancien régime. La Restauration, ce n’est pas rien tout de même ! C’est cette période de l’Histoire de France qui voyait la propriété foncière asseoir la position sociale et conférer l'aptitude à exercer des droits politiques...

Pour le sans-culotte Hoang Ngoc, la remise en cause de la progressivité de l’impôt sur le revenu, la création d’un bouclier fiscal ou encore le projet de suppression des droits de succession participent d’une logique unique et redessinent les contours d’une même société. Une société que l’on pensait disparue. C’est, pour paraphraser l’auteur, la « revanche du rentier ».

Le décor est planté. C’est là qu’arrive notre tonitruant « vive l’impôt » ! Acte II donc ; dans l’ordre, rideau, entrée en scène fracassante et propositions de réforme.

En matière d’imposition, il faut à la fois la justesse et la justice. Juste diagnostic de la réalité sociale d’abord, rétablissement des termes de l’équation fiscale ensuite. Confronté aux demandes de protections, sommé de répondre à l’exigence croissante de solidarité nationale, l’Etat doit repenser non pas tant son modèle social que la manière de le financer. Voilà pour l’équation. Reste sa résolution.

L’une des pistes proposées consiste en un basculement du financement de toutes les dépenses universelles sur l’impôt. Un nouvel impôt citoyen dont on nous dessine à grands traits la possible architecture : fusion de la CSG et de l’impôt sur le revenu d’un côté, création d’une CSG entreprises assise sur la valeur ajoutée, de l’autre. Au passage, Ngoc distingue clairement cette dernière proposition, qui souhaite mettre à contribution les profits, de l’idée de « TVA sociale » qui entend elle peser sur la consommation des ménages. Le basculement d’une assiette salaire vers une assiette valeur ajoutée n’est pas seulement juste socialement, il est aussi efficace fiscalement ! Pour Liêm Hoang Ngoc, le nouvel impôt se traduirait à la fois par un taux de contribution plus faible et par « un rendement supérieur et à peu près constant ». La CSG entreprises aurait enfin comme vertu de desserrer la contrainte pesant sur les PME riches en main d’œuvre et viendrait à l’inverse taxer plus lourdement « les grandes entreprises extrêmement profitables » « ayant ajusté à la baisse leur masse salariale ». Quant aux PME qui doivent être en capacité d’investir massivement dans la recherche et d’amortir ces investissements par la suite, Liêm Hoang Ngoc propose de prendre en compte pour elles une assiette plus étroite excluant les amortissements, et de lui faire correspondre un taux de contribution plus élevé.

Fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG, amélioration de la progressivité de l’impôt, élargissement de l’assiette en supprimant notamment la tranche à taux zéro, création d’une CSG entreprises assise sur la valeur ajoutée, Liêm Hoang Ngoc donne les pistes possibles « d’un impôt républicain authentiquement solidaire ».

Drôle de sans-culotte tout de même ce Liêm Hoang Ngoc, qui finit par redonner à l’impôt ses lettres de noblesse !

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5.3.07

Vol au dessus d'un nid de coucou

Ségolène Royal souhaite que les régions françaises rentrent au capital d'EADS.
Une proposition pareille justifie que je vous livre un second post sur Airbus en moins d'une semaine.

Heureusement, une telle démarche est soumise à dérogation du ministère de l'économie et des finances. Car il s'agit là d'une mesure strictement démagogique.

Les régions françaises ne sont pas des landers allemands. Si l'Allemagne, avec son système fédéraliste, permet ce type de participation capitalistique, il est complétement naïf de croire qu'en France, les régions pourraient en faire de même avec un quelconque impact sur le capital du géant aéronautique.

Les régions pourraient atteindre tout au plus 0,6% du capital de l'entreprise en levant chacune que quelques millions d'euros. Dérisoire ! Insuffisant même pour avoir le droit et peser même un peu sur les décisions du conseil d'administration.

Autant dire qu'il s'agit d'une mesure coûteuse pour le contribuable, inutile et finalement inadapté aux problèmes d'Airbus. Messieurs les politiques, laissez Airbus tranquille et surtout souhaitez lui de se redresser au plus vite. Suspendre l'application d'un plan de sauvegarde est ce qui pourrait lui arriver de pire - même les salariés en conviennent... N'est-ce pas Ségolène ?

4.3.07

Borloo, la star de mars

Jean-Louis Borloo est relativement absent de la campagne présidentielle.
Le ministre de la cohésion sociale et président du parti Radical n'a toujours pas declaré en public son soutien à tel ou tel candidat.

Ce silence ne devrait plus durer longtemps. Certains pensent encore qu'il pourrait rejoindre son parti d'origine, l'UDF, et son candidat François Bayrou. Je suis persuadé du contraire.

Selon moi, son ralliement à Nicolas Sarkozy ne fait aucun doute. Je pense même qu'il a déjà été négocié depuis longtemps. Jean-Louis Borloo devrait donner un nouveau souffle à la campagne de Nicolas Sarkozy, notamment sur les questions sociales. Pas d'improvisation dans la campagne de Sarkozy, tout cela a dû étre anticipé.

Pourquoi la décision de Borloo est-elle si attendue ? Car l'ancien maire de Valenciennes est un électron libre, très populaire, avec une image d'homme d'action et de résultats qui déroge dans la classe politique actuelle et qui peut peser dans la campagne. On lui doit le redressement du Valenciennois, un plan sans précédent en matière de rénovation urbaine et de bons résultats en manière de chômage depuis 2 ans.

Jean-Louis Borloo devrait être une pièce maitresse de la campagne de Sarkozy. Il incarnerait les questions sociales, pourtant présentes dans le programme du candidat UMP mais qui ont parfois du mal à emmerger. Il rassurerait les élécteurs tentés par Bayrou et confirmerait que l'élection de Nicolas Sarkozy engagerait la France sur la voie d'une gouvernance pragmatique et volontariste.

Pour moi, Borloo devrait être la star de mars, avant, peut-être, d'être la star de mai... Il fait, en effet, partie de ceux qui pourrait prétendre à une nomination au poste de premier ministre... Mais sur ce point, j'attends encore un peu avant de vous livrer mes pronostics.

3.3.07

Des idées claires sur l'Europe

Ségolène Royal décolle pour Berlin lundi. Elle va rencontrer la chancelière allemande, Angela Merkel. L'occasion certainement de remettre l'Europe et les relations franco-allemandes au centre de la campagne.

Parler d'Europe fait peur du coté du PS. Logique lorsqu'on se rappelle les prises de position de Laurent Fabius pour le non, contre son propre camp. L'ancien premier ministre qui a aujourd'hui rallier l'équipe de campagne et qui engendre une certaine confusion sur les positions européennes du projet socialiste.

Au moins si on vote Sarkozy, pas d'ambiguité, on sait à quoi s'attendre sur l'Europe. Le candidat UMP est un pragmatique sur les questions européennes. Il souhaite proposer à nos voisins, un texte consititutionnel simplifié, ne reprenant que la première partie du traité initial - consacrée aux institutions. Ce texte serait adopté par voie parlementaire.
Pourquoi cette solution ? Car Nicolas Sarkozy connaît l'urgence d'agir sur cette question. Il faut lever le blocage, sortir de l'impasse du traité de Nice, encore amplifiée avec l'accueil des 12 nouveaux pays entrants. Et surtout, Nicolas Sarkozy semble curieusement le seul à comprendre que nous ne sommes pas seul en Europe, que l'Europe se construit désormais à 27.

Voter Sarkozy, c'est aussi faire le deuil du couple franco-allemand comme on l'entendait depuis le traité de Rome. Une alliance exclusive dépassée aujourd'hui. Nicolas Sarkozy a une vision plus souple et plus élargie de la construction européenne. Finis les rêves d'une Europe à une tête, place à l'Europe des coopérations renforcées, une fois avec l'Espagne sur la sécurité, une autre avec l'Angleterre sur la défense ou avec la Finlande sur la Recherche.

Voter Sarkozy, c'est voter pour l'action.
A l'inverse, j'ai bien peur que les divergences de point de vue au PS conduisent plutôt à l'immobilisme. Les querelles de 2005 hantent encore la Rue Solferino.

2.3.07

Lettre à mon père, lettre à nos maires

Cher papa,

la loi éléctorale t'a confié une mission particulière. En tant que maire d'une petite commune du Pas-de-Calais, tu fais partie des 36 000 maires de France à avoir la possibilité de parrainer l'un des candidats à la présidence de la république.

Cette procédure a été mis en place comme garde-fou pour éviter la multiplication de candidature saugrenue à une éléction où tout un chacun peut se présenter. C'est dans le principe une règle utile.

Pourtant, cette règle a de nombreux travers. L'évolution de la loi qui a instauré la transparence sur les parrainages fait peser sur toi un responsabilité engageante.
Tu ne souhaites pas l'assumer, à l'instar de la grande majorité de tes collègues. Je le comprends. Tu es un élu sans étiquette. Tu ne roules pour aucun parti politique et tu n'as jamais fait part de tes préférences politiques dans le cadre de tes mandats locaux. Tu ne souhaites pas que ton parrainage puisse être considéré comme un soutien politique à tel ou tel candidat.

C'est cependant un point de vue que je ne partage pas. Le parrainage d'un candidat n'est ni un adoubement, ni un manifeste, ni même le reflet d'une sympathie pour tel ou tel candidat. Ce n'est pas un geste politique.
Il s'agit simplement d'un geste démocratique et républicain. La responsablité est donnée aux maires de parrainer le candidat qu'ils jugent utiles et légitimes dans le débat politique national.

Or, aujourd'hui, certains candidats, utiles au débat, en vertu du pluralisme démocratique, ne pourront peut-être pas se présenter devant les français alors même qu'ils représentent un parti politique et avec lui des centaines de milliers voire des millions d'électeurs.

Je pense principalement à Jean-Marie Le Pen (mais Olivier Besancenot, Dominique Voynet ou Philippe De Villiers et quelques autres sont également concernés). Inutile de rappeler que je me situe aux antipodes de ses convictions extrêmes. Je me battrais pourtant pour qu'il puisse figurer dans le débat présidentiel. C'est aussi ça la démocratie.

Sa position de challenger en 2002, présent au second tour, prouve à elle seule, qu'il n'a plus à démontrer sa légitimité éléctorale à l'échelon national. Quelle signification aurait l'élection de 2007 si Jean-Marie Le Pen ne pouvait y participer. On imagine déjà le cataclysme que cela provoquerait, à un mois seulement du premier tour. Et quelle légitimité pour le président élu, si près de 20% des français n'avaient pu se prononcer fidélement à leur opinion au 1er tour ?

Parrainer Le Pen n'est pas un acte simple, surtout lorsque l'on doit l'expliquer à des élécteurs qui connaissent mal la logique des parrainages, à un an des municipales. Pourtant, à ta place, je sauterai le pas. Les arguments ne manquent pas pour le justifier, au nom de la démocratie...

Je terminerai par un souhait : Que plus jamais le suspens des signatures ne prenne autant de place dans la campagne présidentielle et que 2007 serve de leçon pour remettre à plat cette procédure, certes utile mais ô combien imparfaite.

A bientôt

Ton fils

1.3.07

De quoi j'me mêle ?

Airbus fait face à des difficultés sans précédent. Louis Gallois, son très talentueux dirigeant, arrivé à la rescousse, à dû se résoudre à proposer un plan de restructuration, entrainant des fermetures d'usines et plus de 10 000 suppressions d'emplois dont près de la moitié en France.

En pleine campagne éléctorale, les politiques réagissent logiquement à cette annonce. Heureusement, pas tous de la même façon.

Ségolène Royal, notamment, propose une mesure radicale et particulièrement efficace : un moratoire... - wahou ! - autrement dit, un arrêt immédiat du plan de relance pour remettre à plat la gestion de l'avionneur européen. Quelle ambition !

Une fois de plus, quelle inconscience, oui ! EADS, la maison-mère, a déjà trop subi des décisions plus politiques qu'économiques de ses actionnaires publiques. Son mode de gestion paritaire, sa double présidence franco-allemande, mis en place par le gouvernement Jospin et le primat de la nationalité sur la compétence technique des sites industriels, qui est une constante dans le développement industriel de l'entreprise, ont conduit Airbus dans le mur.
La réaction de Mme Royal est donc totalement inadaptée et dangereuse.

Celle de Nicolas Sarkozy est plus mesurée. Le candidat UMP ose affirmer que le problème d'Airbus est avant tout un problème d'actionnariat. Il critique les Etats actionnaires. Il ne les considère pas comme les actionnaires les plus avisés. Pour lui, EADS souffre d'un manque de leadership d'un opérateur industriel privé. Voici une sage réflexion, loin de la démagogie éléctorale qui consiste à dire ce que le peuple veut entendre : "les licenciements c'est mal !"

Certes, ce plan est douloureux. Mais l'avenir d'Airbus doit peut-être passer par là pour assurer l'avenir industriel des autres sites et la pérennité de milliers d'autres emplois. C'est un plan nécessaire. Nos voisins européens l'admettent volontiers. Alors Ségo, de quoi j'me mêle ?

28.2.07

Sarko Allegro

Claude Allegre est totalement absent de la campagne éléctorale et cela est bien dommage. Qui va donc se dévouer pour proposer de dégraisser le mammouth ? A gauche, ne comptez pas sur les éléphants.
Seul Sarkozy propose de réduire significativement le nombre de fonctionnaires. Il n'a pas peur de dire que l'Education Nationale ne doit pas faire exception.
Que les colléges et lycées des quartiers difficiles de Seine Saint-Denis aient besoin de plus d'effectifs pour mener à bien leur mission, je le conçois volontiers. Les inégalités du système actuel nécessitent certainement un rééquilibrage des moyens.
Mais d'un point de vue global, dans un système où le nombre d'éléves diminue d'année en année, il est tout à fait normal mécaniquement que le personnel d'encadrement soit réduit.

Tout cela, Claude Allegre le savait trop bien mais n'a jamais su l'imposer à gauche. Le corporatisme a la vie dur... la séduction des profs en phase éléctorale est un sport national dans lequel l'UDF commence à jouer en première division.
Dans le match des dépenses de l'état employeur, c'est malheureusement toujours le déficit qui gagne.

27.2.07

la vie active des autres

Les députés allemands débatent en ce moment sur un texte de loi visant à passer l'âge limite de la retraite de 65 à 67 ans. Nul doute que celui-ci aboutira. Les allemands auront alors démontré une fois de plus qu'ils savent prendre les problèmes à bras le corps et mener à bien des réformes difficiles mais salutaires pour l'économie allemande.

Comment lire cette actualité d'outre-rhin à travers le spectre de la campagne éléctorale française ?
- D'abord, il faut avouer que le problème lié à la pyramide des âges est quasiment équivalent dans l'hexagone que chez nos voisins.
- Il faut aussi saluer les efforts entrepris en début de legislature par le gouvernement Raffarin.
- Il faut enfin souligner que si Nicolas Sarkozy est décidé à mener à bien des réformes aussi douloureuses pour les salariés (notamment du public, qui devront faire une croix sur leurs régimes spéciaux) mais tellement logiques (la durée de vie s'allonge) et incontournable (Qui paiera nos pensions ?), on ne peut pas en dire autant de Ségolène Royal qui nous propose un double projet : le retour en arrière (en revenant sur les lois Fillon) et, il faut croire, un miracle car je ne vois que ça pour régler une fois pour toute le problème du financement des retraites sans bouger autre chose que le petit doigt.

Toute de blanc vêtue, on attend le messie.

26.2.07

Des éléphants dans une campagne de porcelaine

Le PS ressert les rangs autour de Ségolène Royal.
Après avoir mené une campagne solitaire entourée uniquement de la classe montante et inquiétante du parti (Julien Dray, Arnaud Montebourg, etc), la candidate socialiste a décidé de faire un geste participatif envers les "anciens", de remettre de l'ordre juste autour d'elle, quitte à paraître un peu moins désirable à l'avenir.
Le problème c'est que quand on fait appel aux éléphants au PS, on se croit vite dans un zoo. DSK, Fabius et Kouchner, passe encore (synthèse oblige, le coup est plutôt bien joué). Mais croire que Lionel Jospin et Martine Aubry peuvent encore séduire les français, ce n'est plus un zoo, c'est un spectacle de clowns.
Il y a beau avoir des éléphants au PS, on perd vite la mémoire. Lionel Jospin, le champion de l'élection présidentielle sera certainement bon conseiller (surtout au soir de la défaite) tandis que Martine Aubry saura, sans aucun doute, travailler davantage - dans la campagne - pour gagner plus - de voix! (Rires)
Un seul manque à l'appel : Jean-Paul Huchon ! C'est vrai qu'il a d'autres éléphants à fouetter en ce moment. L'ordre juste l'a rattrapé et son avenir a lui est bien loin de ses désirs...

25.2.07

L'Europe à la sauce béarnaise

François Bayrou monte dans les sondages. Certains voient en lui le 3e homme qui pourrait bouleverser les pronostics. Il sera demain l'invité de TF1 et répondra aux questions des panelistes de l'émission "J'ai une question à vous poser".
3 bonnes raisons pour qu'il fasse l'objet de mon second post quotidien sur Ambidextre.

Je reconnais au candidat centriste le mérite de défendre une position pro-européenne constante. Mais ce mérite, je le reconnais également à Nicolas Sarkozy, qui l'a encore illustré dans son dernier meeting sur l'Europe.

Ce que je repproche à Bayrou et ce qui m'en éloigne, c'est une campagne éléctorale opportuniste qui met en exergue ses contradictions.
Bayrou se dit pro-européen, favorable donc à cette Europe du traité de Rome, capitaliste et libérale, mais sert aux français un discours franchouillard "sauce béarnaise". Il ne perd pas une occasion de fustiger les grands médias et leurs choix éditoriaux, les grandes entreprises et leurs profits, la mondialisation et sa concurrence.
Bayrou adopte aujourd'hui une posture républicaine, un peu gratuite - semblable à celle de Chevénement en 2002- qui flate les français mais qui méne à une impasse. Ces parfums de populisme sont nauséabonds dans la campagne. Les élécteurs ne doivent pas s'y méprendre. Bayrou n'est pas l'espoir d'une France dynamique et apaisée. C'est au contraire pour moi l'annonce d'une gouvernance molle et contradictoire, incapable de rompre avec les forces inertes de notre société et de mener les grandes réformes dont la France a besoin pour affronter sereinement la compétition internationale.

24.2.07

The Daily Ambidextre

La main droite du site Ambidextre n'est pas apparue sur le blog depuis le 16 novembre 2006. J'ai tous les tords. Faute de temps et bien souvent de motivation, j'ai laissé le champ libre à la main gauche qui ne s'est pas privé.
A deux mois des éléctions, je réagis enfin. A mon tour de vous donner mes réactions sur cette campagne électorale, d'ores et déjà passionnante, de partager mes convictions et de justifier mes prises de position pro-sarkozyste.

J'ai décidé de prendre la parole quotidiennement sur ce blog d'ici au 6 mai prochain. J'invite la main gauche à en faire autant. Notre blog mérite bien de s'activer un peu en cette période phare.

Pour ce premier post quotidien, je vous donne mon point de vue sur la nomination par Jacques Chirac, de Jean-Louis Debré à la présidence du Conseil Constituitionnel.
Je la soutiens, tant Mr Debré semble avoir été un honorable président de l'Assemblée Nationale, aux dires de ses pairs.

Par contre, je suis plus réservé lorsqu'il s'agit de porter un jugement sur le nouveau visage du Conseil Constitutionnel suite aux nominations de Guy Canivet et de Renaud Denoix de Saint-Marc, par les présidents des deux assemblées. Je ne conteste pas la qualité de ces personnalités que je ne connais point. Simplement, je constate que ces 3 personnalités sont classées à droite et doivent leur promotion au népotisme de leurs nommants de droit.

Résultat : A l"exception de Pierre Joxe, le nouveau Conseil n'est désormais composé que de membres nommés par la droite. Ce n'est pas normal ! La faute au mode de nomination sous la Ve République et au manque d'éthique démocratique dans notre pays.

Pour contourner ces pratiques néfastes qui sont coutumières dans notre République, Nicolas Sarkozy propose de réduire le pouvoir de nomination du président de la République et d'associer le parlement à certaines nominations importantes après des auditions publiques. Je le soutiens pleinement.

13.2.07

ROYALE !

"Je veux une France qui se ressemble et qui
se rassemble. La France a
besoin de tous les siens, de ceux qui vont bien
comme ceux qui décrochent ou qui
ont peur de décrocher"